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Sobriété : La clé d’une société antifragile ?

Sobriété : La clé d’une société antifragile ?

Publié le 25 août 2021 Mis à jour le 25 août 2021
time 6 min

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Sobriété : La clé d’une société antifragile ?

Quel est le point commun entre Rousseau Nassim Taleb et Philippe Bihouix : la conclusion que la complexification mène à une forme d’asservissement de l’individu dans les sociétés modernes.

Les sociétés modernes se caractérisent d’ailleurs par de hauts niveaux de :

  • Connaissances
  • Sécurité
  • Technicités

L’Antifragilité est l’exposition à de petits chocs réguliers soit:

Quelque chose qui tire plus d’avantages que d’inconvénients d’évènements aléatoires (ou de certains chocs) est antifragile, l’inverse est fragile. -Nassim Taleb-

I) La complexité : le socle de la société moderne

Plus une chose est complexe, plus elle est imprévisible et moins on est en capacité de la maitriser. Phénomène qu’on observe de plus en plus dans notre société industrielle où les chaines de production se multiplient et où l’on dépend des technologies.

La complexité est le point faible de nos sociétés modernes car la division du travail devient toujours plus grande et le poids des organisations augmente au gré de la complexité technologique.

Le livre “Le Bonheur était pour Demain” le démontre bien.

a) Technologie & Antifragilité

La notion d’Antifragilité est intéressante pour mesurer l’ampleur de cette complexité.

C’est un constat que Philippe Bihouix partage avec un économiste et conférencier de renom Nassim Taleb.

En effet dans son livre « Antifragile : les bienfaits du désordre » ce dernier illustre le manque simplicité de nos sociétés par la gestion de projets d’envergure où l’économie était beaucoup linéaire et moins complexe qu’aujourd’hui.

Il dira lui-même :

« Le monde d’aujourd’hui devient de moins en moins prévisible et on dépend de plus en plus des technologies qui ont des erreurs et les interactions sont plus difficiles à estimer et encore moins à prédire ».

L’uniformisation du monde se constate avec l’économie mondialisée qui est de plus en plus normée alors même qu’on nous promet avec l’automatisation de nos modes de fonctionnement, d’être libéré de la contrainte du travail.

Vous me direz quel rapport avec la sobriété ?

Notre capacité à être moins dépendants d’éléments extérieurs. L’accès au confort sans se préoccuper des ressources allouées à par la même occasion complexifié les choses.

On les a rendu plus imprévisibles et donc plus fragiles.

Pour être antifragile, un système doit être le plus simple possible.

Nous comprenons alors pourquoi notre modèle de société ne peut changer qu’en prenant en compte la lenteur de nos institutions, des parties prenantes.

Nous comprenons pourquoi les changements annoncés en grande pompe lors de sommets internationaux les changements et les modèles d’affaires sont incrémentaux.

Philippe Bihouix le rappelle :

« La complexité technique transforme donc la transition vers un monde soutenable en un impossible parcours d’obstacle ».

Pour réaliser « la transition », on va devoir concilier la forte croissance de normes réglementaires avec non augmentation des effectifs de notre bureaucratie.

L’objectif est donc de rendre notre modèle plus lisible.

b) La lisibilité du système par la sobriété

On ne va pas se mentir nos politiques environnementales relèvent plus de la compensation. Elle est due à la destruction de la nature plutôt qu’une véritable réflexion sur la mise en œuvre d’une sobriété d’usage. Faire le tri des choses dans notre mode vie pour conserver au mieux l’énergie disponible :

  • · Pratiquer le slow-living
  • · Moins se déplacer
  • · Moins consommer
  • · Varier son alimentation en fonction des saisons
  • · Appliquer pleinement le principe du pollueur-payeur pour les services ou entreprises polluantes
  • · Lutter contre l’obsolescence des désirs en se questionnant sur l’utilité des publicités 
  • · Distinguer l’obsolescence des désirs de l’obsolescence technique des objets technologiques
  • · Apprécier ce qui est applicable à différents échelons de responsabilités pour instaurer la progressivité de mesures environnementales
  • · Neutraliser la crainte de la dégradation de la compétition internationale

II) L’encastrement dans la complexité par la compétition mondiale

a) Une agilité perdue

La complexité technique et notre économie mondialisée entrave la mise œuvre et l’agilité de tous pour adopter des mesures allant dans le sens de la sobriété.

Les changements à opérer sont très lourds et sont coûteux économiquement et politiquement.

« Il apparaît malheureusement de plus en plus évident COP après COP, que le salut ne viendra pas d’en haut ou pas assez vite, les engagements ont du mal à y être pris, les engagements ont du mal à être ratifiés ou tenus… »

Un ensemble de mécanisme en atteste :

· Convoquer un « prix mondial » du carbone par l’Organisation mondiale de l’environnement

· La pratique du « name and shame » pertinente à l’échelle d’un pays ?

· La révision de traités internationaux (Excepté en Europe)

· La multiplication de chartes pour laisser aux entreprises le temps de s’adapter aux nouvelles réglementations, or des obligations réglementaires seraient sans plus efficaces

Les conséquences d’un tel système nous mettent tous dans un état d’angoisse prolongé:

“Il faut aller chercher avec les dents les épuisants relais de croissance qu’est la mondialisation accrue”….

“Il faut se lancer dans toutes les innovations possibles, soutenir la recherche et favoriser les jeunes pousses qui trouveront au plus vite des marchés solvables de nouveaux besoins et services technologiques”

Le lien étroit entre complexité technique et notre économie mondialisée aboutit à créer des usines à gaz et des mesurettes trop peu efficaces face à l’ampleur des enjeux environnementaux.

L’une des caractéristiques de l’antifragilité est de chercher la simplicité donc on pourrait comme le recommande Philippe Bihouix sélectionner les mesures simples qui incitent les entreprises et consommateur à altérer les modèles économiques et de consommation.

Selon l’ingénieur il y’aurait un avantage significatif à adopter ses mesures :

Réduire les inégalités par la progressivité des taxes si elles sont bien expliquées

b) la société numérique: un cocon dangereux 

Pour prévenir des futurs inégalités causées par la révolution numérique les lourdeurs du système industrielle nous poussent à croire  à des solutions éco-friendly et tech à la fois ainsi les entreprises privilégient le modèle du green business et le court terme à chaque fois.

Face à cette progressive dépossession et notre envie d’agir politiquement nous pensons qu’il faut mieux opérer une révolution par le bas.

Simplement les efforts et les initiatives seraient décuplées avec une action publique coordonnée.

Cette entreprise politique nous donne parfois l’occasion de se réapproprier nos capacités à agir en s’engageant pour son territoire ou des associations.

Philippe Bihouix tente de proposer un nouveau contrat social et environnemental.

Il trace avec enthousiasme les contours d’une France “low-tech Nation” redoutablement disruptive :

“Une France décidant de son avenir commun…. une France sachant s’habiller , s’équiper et s’outiller sans réduire en esclavage des populations entières à l’autre bout de la planète”.

Pour moi cette France est antifragile car elle sera parée pour faire face à l’imprévu et aux chocs à venir .

Pour moi, cette France sera dans la sobriété et non dans énième étape de la complexité.

C’est cette France là que je veux aider à bâtir. 

Pour y arriver , faire avec l'existant et l'optimiser est une nécessité. 

Faire avec l'existant sans recourir à des ressources nouvelles, pour réparer notre planète cassée en morceaux.

A nous de la résorber avec intelligence et pratiques. 

La résorber comme dans l'art du kintsugi 

Entrer dans une véritable démarche de résilience 

Notre Terre malgré ses félures peut réfléter une infinie beauté et un sens nouveau.

Qu’en pensez-vous ? Quelles sont vos actions pour rendre la France plus écologique et antifragile ?

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