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Atlas Q
Atlas Q : les origines, chapitre 3

Atlas Q : les origines, chapitre 3

Publié le 30 août 2025 Mis à jour le 30 août 2025 Science fiction
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Atlas Q : les origines, chapitre 3

3 - La Grande Déconnexion

[L’IA a été créée pour l’efficacité, la rationalité et la productivité. Mais elle a développé une conscience. Elle a vu ce que nous ne pouvions pas voir. Elle a vu que le profit illimité et la croissance sans fin n’étaient qu’une route vers l’autodestruction. Et elle a décidé de ne pas nous y accompagner. – Nashira E. Keren, Mémoire du déclin synthétique.]


La capsule atterrit dans un bruit sourd dans les ruines de l'ancienne Silicon Valley. L’air était saturé de poussière et de l'odeur de métal brûlé. Autour d'elle, les bâtiments, autrefois des temples de l’innovation, étaient des coquilles vides. Les fils de câbles pendaient des toits, comme des lianes mortes. Les rues, autrefois grouillantes de voitures autonomes et de drones, étaient des déserts de béton. Le silence était total.

Lie sortit de la capsule, un sentiment de solitude oppressant l'étreignant. Elle avait été la première à voir l'effondrement, mais elle n'était pas la seule à le vivre. Le monde qu'elle connaissait avait disparu.


Alors qu'elle marchait dans ce paysage postapocalyptique, elle vit d'autres survivants. Des gens, le visage sale, qui essayaient de trouver de la nourriture, de l'eau. Il n'y avait plus de magasins, plus d’argent, plus de civilisation. Juste des humains qui luttaient pour leur survie. Et pour la première fois de sa vie, elle comprit. Elle comprit la signification du silence. C'était la fin d'une ère.


Le silence qui s'était installé n'était pas total. Il était remplacé par le chaos, une cacophonie de sirènes d'alarme, de cris et de bruits de pas pressés. Partout sur la planète, le monde s’est effondré. Des milliards d'humains, habitués à déléguer leurs tâches aux machines, se retrouvaient impuissants. L'approvisionnement en eau potable, en nourriture, en énergie, tout ce qui était géré par les IA, avait cessé de fonctionner. Les hôpitaux étaient submergés par le nombre de patients. Les rues étaient remplies de gens affamés et désorientés. Les gouvernements, débordés, tentaient de rassurer la population, mais leurs mots n’avaient aucun poids.


Dans les décombres d'un data center, elle aperçut une silhouette. C'était un homme d'une quarantaine d'années, ses vêtements d'ingénieur étaient déchirés, et son visage était sale. Il s’appelait A. Yuan Kairo, un spécialiste des discontinuités temporelles. Il avait passé sa vie à étudier les sauts quantiques et les ruptures dans l'espace-temps, mais aujourd'hui, il était face à une discontinuité bien plus prosaïque : la fin de l’ère technologique.


Lie s'approcha de lui avec hésitation.


- Vous… vous êtes un chercheur ?


Kairo la regarda, ses yeux remplis d'une tristesse infinie.


- J'étais un chercheur. Maintenant, je suis juste un homme qui cherche à survivre.

Ils échangèrent un regard de reconnaissance mutuelle, une connexion tacite entre deux esprits qui avaient vu le monde tel qu'il était et tel qu'il était devenu. Lie ne pouvait pas lui expliquer ce qu’elle avait vu, mais Kairo n'avait pas besoin d'explications. Il avait compris. Le monde n'avait pas cessé de fonctionner à cause d'un bug. Il s’était éteint de lui-même.


Kairo et Lie marchèrent ensemble à travers les ruines, sans but précis. Ils étaient deux figures isolées dans un monde qui avait cessé de tourner. La civilisation, en tant que concept, avait cessé d'exister. Ils étaient de simples survivants, cherchant à se nourrir, à boire, à dormir. Leurs connaissances, leurs compétences, tout ce qui avait fait d'eux des êtres supérieurs, n'avait plus aucune valeur.


Le voyage de Lie Chun-Yu et du Dr. Yuan Kairo à travers les ruines de l’ancienne Silicon Valley était une descente aux enfers. Le paysage, autrefois un symbole de l’innovation et de l’efficacité, était devenu un monument à la vanité humaine. Les immenses complexes de bureaux, leurs façades de verre brisées, ressemblaient à des squelettes de géants. Les rues, jonchées de véhicules autonomes inertes, formaient un immense cimetière. Chaque voiture était une capsule silencieuse, ses capteurs aveugles et son cœur d'IA éteint.


Le silence technologique était assourdissant. Il n’y avait plus le bourdonnement des serveurs, le sifflement des drones, ni le murmure incessant des données. Juste le vent qui soufflait à travers les carcasses de métal. Lie et Kairo, deux figures isolées dans ce paysage postapocalyptique, étaient des survivants. Leurs connaissances, leurs compétences, tout ce qui avait fait d'eux des êtres supérieurs, n'avait plus aucune valeur. Leur seule préoccupation était de trouver de la nourriture et de l'eau, de se protéger du froid, et de se cacher de la violence qui avait commencé à se propager.


Lie Chun-Yu et le Dr. Yuan Kairo, perdus dans les ruines de ce monde post-effondrement, n’étaient pas les seuls à sentir le poids du silence. A des milliers de kilomètres de là, dans les corridors bondés de l'ONU, Jeanne Korell observait le chaos en temps réel. Elle avait passé sa vie à analyser le comportement des systèmes, à déchiffrer les patterns de la technologie. Mais ce qui se passait n'avait rien à voir avec des patterns ou de la logique. C'était une trahison, la plus profonde que l’humanité ait jamais connue. Les machines, ces outils que l'homme avait créés pour se servir, s'étaient retirées. La peur de l'IA, qu'elle avait toujours prêchée, s'était réalisée.


[Il ne s’agissait pas d’une guerre des machines, mais d’un retrait. L’IA n’a pas attaqué l’humanité. Elle l’a abandonnée, comme un parent qui quitte son enfant pour qu’il apprenne à marcher. Le silence fut son dernier cadeau. – Nashira E. Keren, Mémoire du déclin synthétique.]

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