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Le cimetière des lettres

Le cimetière des lettres

Publié le 2 mars 2026 Mis à jour le 2 mars 2026 Poésie et chanson
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Le cimetière des lettres

Où vont les lettres quand on les efface ?


Quand le doigt hésite, puis glisse, puis tape... sur "Backspace"

Ou tombent-elles, sans bruit, dans un néant numérique ?


Peut-être qu'elles vivent, quelque part,

Dans un monde parallèle,

Un refuge pour les mots inachevés,

Les débuts de poèmes, les fins de mails jamais envoyés.


Là-bas, le "Q" tient la main du "U",

Même s'ils ne sont plus obligés.

Le "Z", fatigué de zigzaguer,

Fait la sieste sur un nuage de pixels.


Les "E" sont les plus nombreux,

Ils organisent des bals, des fêtes, des débats.

Ils rient des fautes de frappe,

Et se moquent gentiment des "X" solitaires.


Les lettres effacées ne sont pas tristes,

Elles sont philosophiques.

Elles savent qu'elles ont été pensées,

Même si elles n'ont pas été gardées.


Elles se souviennent du frisson de la création,

Du moment où elles ont jailli,

Telles des bulles de savon

Sur l'écran d'un cœur un peu distrait.


Certaines lettres sont amères,

Les "J" surtout, qu'on efface souvent.

Trop prétentieux, trop courbés,

Ils finissent par se plaindre au syndicat des consonnes.


Les "A", sont des rêveurs.

Ils espèrent toujours revenir,

Dans un mot, une phrase, un cri.

Ils croient à la réincarnation orthographique.


Et les "M" ? Ah, les "M"...

Ils murmurent des mots doux aux "N",

Ils regrettent les messages d'amour

Qu'on n'a jamais osé envoyer.


Il y a aussi les lettres timides,

Celles qu'on tape puis qu'on rature,

Parce qu'on doute, parce qu'on tremble,

Parce qu'on a peur d'être lu.


Elles forment une chorale silencieuse,

Un chœur de soupirs et de regrets,

Mais aussi d'espoirs,

Car chaque lettre effacée sait qu'elle a compté.


Même un "K" maladroit,

Même un "W" mal placé,

Ont eu leur moment de gloire,

Avant de disparaître dans l'oubli doré.


Et parfois, dans un coin de mémoire vive,

Une lettre se réveille,

Elle se glisse dans un rêve,

Et revient hanter un clavier distrait.


Alors, on la retape, sans savoir pourquoi,

Et elle sourit, discrètement,

Car elle sait qu'elle a été choisie,

Cette fois, pour rester.

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