Félicitations ! Ton soutien à bien été envoyé à l’auteur
avatar
Lettre d'un battement d'ailes

Lettre d'un battement d'ailes

Publié le 20 sept. 2024 Mis à jour le 1 nov. 2024 Poésie et chanson
time 3 min
1
J'adore
0
Solidaire
0
Waouh
thumb 0 commentaire
lecture 163 lectures
5
réactions

La douloureuse plaie, dans son essence même, ravie mes parts d'ombre les plus solides.

Vois-tu, j'ai cherché à faire de cet homme que je deviens, un port où ne s'amarre que des opportunités, le devoir de l'homme en action, de l'homme honorable. J'ai cherché, oui, j'ai cherché, je n'ai pas dû bien m'y prendre, observe cet amas de désuétude, ce port désormais abandonné que personne ne vient visiter, depuis que cette femme adorée, je l'ai volontairement tue.

Tue ou tuée ? 

La question tourne dans ma tête, agrandie la douloureuse plaie, lui laisse de quoi exister, de quoi persister, c'est comme s'imprégner de la douleur du monde, il me paraît ressentir la peine de cent hommes à la fois.

Cent hommes, régis par la même ambition tunnel, l'obnubilation, la déraison ou ce rêve, celui de quelqu'un d'autre, l'enfant d'une nation tenue à bout de bras. Je te demande, j'aspire à libérer la constante persécution ; qui se souviendra de moi ?

Qui, se souviendra de moi ?

De ça, de l'appel, pourquoi ai-je répondu ?

Quand je pars au front, je ne peux l'emmener. Ni dans mes souvenirs, ni dans mes rêves. Sa seule place réside dans ces lettres, mon ami, que je t'écris et que tu lis. Moi, cet homme imparfait, incapable d'assumer le sentiment originel, le même qui m'a vu naître.

Qui m'inonde plus que moi-même, qui m'enchaîne plus que moi ? Offre-moi tes réflexions, je te demande, qui me persécute plus que moi-même ? Choisir, n'est-ce pas renoncer ? Pourquoi suis-je incapable d'assumer sa présence à distance, pourquoi suis-je si défait à l'idée de lire ses pensées sur ces terres de feu et de sang, où ne s'illustre que l'horreur d'êtres agonisants ?

La vérité, je la masque. Je pense pour moi-même ; les mots d'une si douce femme n'ont rien à faire ici. Ce serait les enlaidir, ce serait les déshonorer, les maudire à jamais.

Mais véritablement, cher ami, je ne fais pas preuve de franchise, ni envers toi, ni envers moi. Il me colle à la peau cette crasse impossible à nettoyer, ce rappel éternellement gravé : elle est de ces femmes inviolées qu'aucun homme n'a le droit de dénaturer. 

lecture 163 lectures
thumb 0 commentaire
5
réactions

Commentaire (0)

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter Se connecter

Tu peux soutenir les auteurs indépendants qui te tiennent à coeur en leur faisant un don

Prolonger le voyage dans l'univers Poésie et chanson
Docteur
Docteur

J'sais jamais comment commencer à parler de toi alors j'vais dire les choses comme elles viennent:J’crois que j’ai ja...

Linthong
6 min
Ô Claire de la lune
Ô Claire de la lune

Ô Claire de la luneElle accueille la vie En un souffle divin Une étrange alchimie

C.lair.e
3 min
Traverser l’hiver …
Traverser l’hiver …

Traverser l’hiverSur la pointe des piedsL’âme en bandoulièreUn cœur sans passéTraverser la haine...

Angie Rodride
1 min
LE LENDEMAIN DU FUTUR
LE LENDEMAIN DU FUTUR

LE LENDEMAIN DU FUTURPetit exercice oulipien. Le télé répond à l’acro

James Cotantin
1 min

donate Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur

promo

Télécharge l'application mobile Panodyssey