Chapitre 3 Partie 2
Chapitre 3 Partie 2
En appui sur une main, il revint mordiller le cou de Nea, juste derrière son oreille, laissant le bout de ses doigts bagués courir le long de son buste, depuis sa gorge et dans l’échancrure de ses seins, jusqu’à son ventre et puis plus bas…
Nea se cambra contre lui quand sa main glissa sous la taille de son pantalon pour venir explorer l’espace brûlant entre ses cuisses, ses ongles s’enfonçant dans les épaules larges qui la surplombaient. À ce stade, le foutu bruit blanc qui tournait en boucle dans sa tête s’était enfin calmé, laissant sa place à une effusion purement charnelle. Bercée par le supplice exquis que Cal lui offrait, elle bascula la tête en arrière en laissant son corps prendre les commandes sur ses pensées, oubliant et s’oubliant tout à la fois.
Cal ferma les yeux face à son désir qui pulsait de plus en plus fort, bercé par le corps de Nea qui se mouvait au rythme de ses caresses et par les lamentations pleines d’ivresse qu’elle déversait contre ses tympans, avant de se relever pour les débarrasser du reste de leurs vêtements.
Pantalons, bottes, dagues supplémentaires consciencieusement cachées… Tout termina au sol sans ménagement.
Nea se cambra d’un seul coup quand il la pénétra, ses hanches recopiant ses mouvements implacables. Cal releva la tête pour venir happer ses lèvres, avant qu’elle ne le fasse basculer sous elle dans un mouvement agile et impatient.
Son cœur claquant contre ses côtes, il descendit ses mains sur les hanches de Nea alors qu’elle se redressait au-dessus de lui, vrillant ses yeux sombres sur sa poitrine nue, ses doigts s’enfonçant doucement dans les courbes chaudes. Nea accéléra leur danse intime, et il se redressa pour venir coller son torse contre le sien, enroulant ses bras autour d’elle.
Nea avait cette espèce de lâcher-prise qui le rendait dingue. Une brutalité et une douceur qui se mélangeaient et qui débordaient dans ses soupirs. Elle n’avait pas toujours été comme ça ; une émotion brute sur le point d’imploser.
Même si elle avait toujours été sauvage (après tout, elle n’avait pas vraiment eu le choix pour survivre), elle était loin d’être la personne qu'elle était quand il l’avait rencontrée. À l’époque, elle était beaucoup plus calme et posée, arborant fièrement la tunique de la garde royale et même le collier autour de son cou. Elle savait qui elle était.
Il était au courant de ce qui s’était passé. Les gens parlent sur Karukera. Et il la connaissait assez pour savoir qu’il ne valait mieux pas aborder le sujet sans son consentement. Il savait aussi qu’il n’était qu’une passade. Une distraction. Celui qui lui permettait, peut-être, de soulager un peu tout ce poids qu’elle entretenait et qu’elle traînait jour après jour.
Ça lui allait. Il s’était pris d’affection pour Nea depuis la première fois qu’ils avaient fait affaire ensemble, et il n’y avait rien qu’il pouvait lui refuser.
Nea plongea ses doigts dans les longs cheveux du capitaine, agrippant les mèches à la base de sa nuque, le corps bercé par les soupirs qu’il lâchait contre sa poitrine et par ses coups de reins impitoyables, avant de s’abandonner totalement, sa gorge relâchant un feulement rauque contre l’air lourd et moite qui s’immisçait dans chaque parcelle d’atmosphère.
Cal lâcha un grondement brut contre ses seins quelques secondes plus tard, leurs corps enlacés se crispant jusqu’à l’extase alors qu’il resserrait ses bras autour d’elle dans un mouvement compulsif.
Il y eut un long battement qui flotta autour d’eux, ondulant dans leurs pensées pétries de soupirs, avant que la réalité ne revienne les envelopper. Le vacarme de la taverne qui leur parvenait depuis la porte fermée, l’animation dans la rue en contrebas et le rythme des tambours lointains, le clapotis des vagues contre les coques des navires.
Le front posé sur l’épaule de Cal, les yeux fermés, Nea s’autorisa encore une minute entière de pause, d’entre-deux sans réflexions où ses muscles se détendirent doucement… avant de se redresser.
Elle croisa le regard de Cal, ses pupilles dilatées et ses lèvres gonflées et sèches. Sa main gauche glissa distraitement dans ses cheveux noirs emmêlés—dans un geste tendre qu’elle ne calcula même pas.
Le plus difficile, c’était de voir le visage de Zion se superposer en filigrane. Même encore aujourd’hui.
D’apercevoir son sourire immense et ses iris bruns entourés de longs cils épais, sa peau noisette tendue sur ses traits ciselés et ses cheveux crépus qu’il gardait toujours très courts. Toutes ces lignes, toutes ces courbes familières qui s’imposaient à sa vision, sans pour autant lui donner la chance de les caresser une dernière fois.
Nea cligna des yeux, effaçant l’image qui hantait ses rétines.
— Quand est-ce que tu repars ? elle demanda en se détachant de Cal.
— Dans trois jours.
Ses mains toujours posées sur les hanches de Nea, il tendit les bras pour l’accompagner dans son mouvement quand elle se releva.
— On passe la semaine sur Ubongo, il ajouta, le temps que Madzi se termine, et ensuite on fait étape vers le nord.
Il attarda son regard sur les courbes élégantes alors qu’elle se rhabillait, fixant sa longue crinière pâle. Sa tresse froissée laissait échapper plusieurs mèches fines, lui donnant un léger air débraillé que peu de gens avaient pu observer.
— Et toi ? il demanda en s’asseyant au bord du lit. Du travail de prévu ?
— Rien pour l’instant. En fait, je pensais peut-être prendre un peu de vacances, elle avoua en haussant une épaule indécise.
— Des vacances ? s’étonna Cal, en attrapant son pantalon pour se vêtir.
— Ouais, elle marmonna en se tournant vers lui, bouclant en même temps sa ceinture.
— Je crois que je ne t’ai pas vue prendre un seul jour de repos depuis que je te connais, il nota, ses sourcils s’arquant de surprise.
Il termina d’enfiler ses bottes, avant de planter ses coudes dans ses genoux, relevant la tête vers Nea.
— Qu’est-ce que tu vas faire de tout ce temps ?
— Je sais pas, je pourrais… Je pourrais finir de rénover ma case, ou bien… ou bien faire des trucs. J’y ai pas vraiment réfléchi, elle marmonna en secouant la tête.
— C’est bien, murmura Cal avec un sourire.
Nea haussa encore les épaules, son regard parcourant le sol d’un air distrait et incertain. Il pouvait voir son idée s’effilocher à chaque battement de cils, écrasée par sa culpabilité.
— Nea… il appela avec douceur, tendant la main.
Il enroula ses doigts autour du poignet fin, l’attirant à lui pour qu’elle vienne se positionner entre ses jambes, avant de relever la tête, sondant son regard voilé.
— Tu as le droit de t’arrêter de temps en temps, il lui rappela avec plus de gravité. Personne ne viendra te juger pour ça.
Il avait raison. Personne ne la jugerait.
Elle le faisait très bien toute seule.
Ce n'était pas l'idée de prendre du repos qui l’angoissait. Mais plutôt d’avoir tellement de temps pour elle qu'elle n’aurait pas le choix, à un moment ou à un autre, de faire face à ses démons. D’affronter toutes ces heures de repos déguisées en tempête intérieure. Tout ce silence et ce calme factices, qui s’allongeaient douloureusement jusqu’à l’infini, jusqu’à ce qu'elle se retrouve à bout de souffle et pantelante, à genoux devant ses erreurs.
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