Métamorphia ou le Théâtre de l'Infini
Métamorphia ou le Théâtre de l'Infini
Le monde s'appelait Métamorphia. Ce n’était ni un lieu ni une époque, mais un état de l'être. Grâce à la Synapse Quantique, une technologie implantée à la naissance, chacun pouvait modifier son apparence, son sexe, sa génétique et même son savoir fondamental avec la facilité d’un changement de costume. On ne disait plus "Je suis", mais "Je serai".
Élias était un méta-nomade. À vingt ans, il avait déjà vécu plus de mille vies d'emprunt. Il avait été pianiste virtuose à Tokyo, avant de se lasser des gammes. Il s'était transformé en paléontologue barbu dans le désert de Gobi, puis en une entrepreneuse féroce à la tête d’un empire de la mode éphémère. Chaque nouvelle identité était une dégustation, intense, courte, puis jetée.
C'était l'âge d'or de l'accomplissement rapide. On pouvait enfin être tout.
Les bons aspects : L'ébriété de l'Être
Le savoir immédiat : les connaissances n'étaient plus acquises par l'effort, mais téléchargées. Élias pouvait devenir polyglotte en une nuit, chirurgien le matin. La frustration de l'apprentissage était éradiquée.
La forme parfaite : le corps était un brouillon modifiable à l'infini. Finies la maladie, la vieillesse et l’insatisfaction physique. Chaque jour était l’o
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de
Mathilde Rosati
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