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Sus à Monsieur l'envahisseur!(Acte 3, scène 1)

Sus à Monsieur l'envahisseur!(Acte 3, scène 1)

Publié le 3 août 2022 Mis à jour le 3 août 2022
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Sus à Monsieur l'envahisseur!(Acte 3, scène 1)

Le 13 octobre :

 

Je suis de retour après quelques jours sans écrire je me sens relativement mal…

Est-ce de n’avoir pu déposer ? La tristesse s’en va comme les vagues pour me laisser respirer puis revient…

Je ne sais en déterminer l’origine.

 Je vois bien que les hommes de ma vie et leurs allées retours ne sont qu’une conséquence de mes états sans pouvoir néanmoins détacher ma peine de leurs absences et mes joies de leur présence.

Comment peut-on à ce point personnifier les blessures en conscience sans pour autant pouvoir en faire quelque chose ?

 

Combien de temps prend le deuil déjà ? Je ne sais plus ?

S’il est proportionnel au temps vécu ensemble alors tout devrait être déjà fini.

 

Cette histoire n’en finit pas de finir.

 

Je n’en finis pas de me torturer.

Sincèrement je ne crois pas aimer ça pourtant. Et pourtant…

Je décide à mon corps défendant des choses que je ne tiens pas…

 

Je chute… Chuuut … Et rechute… Chuttttttt …

 

Est ce que je grandis ? Est ce que les murs contre lesquels je me cogne finiront par tomber ?

 

Quand me serais-je faite assez de mal au cœur pour lâcher prise et laisser aller la valse des émotions contradictoires ?

 

Quand lâcherais-je les certitudes et les doutes qui se relayent en permanence dans mon esprit torturé ?

 

Je me sens ouverte aux quatre vents, ballotée, ébranlée, remise en question dans toutes mes envies et mes besoins.

Je suis tour à tour vide et remplie de rien et de tout, comme un récipient percé.

Je fais sans envie pour m’occuper.

 

Le 6 novembre :

Trois semaines sans écrire, il s’en est passées des choses pourtant.

Mon état a t il changé ?

J’ai vu Virgil. J’ai demandé. Ce fut un moment doux, beau, émouvant où il a dit son impossible et où j’ai verbalisé mes envies d’autres choses et ma détresse de ne pouvoir vivre une relation efficiente.

Il m’a serrée dans ses bras, m’a embrassée, j’ai pleuré…

Nous avons rit et sourit. C’était bien c’était bon.

J’ai cru que cela suffirait pour que je puisse le laisser partir.

J’ai compris que j’aimais dans un ballotage confus qui n’était pas sain.

 

Mais encore aujourd’hui presque deux semaines après je lui renvoie un doux poème car j’ai l’espoir que sans moi il s’ennuie.

Il m’a dit qu’il n’était pas heureux et qu’il ne le serait jamais.

Et moi j’ai vu la faille…

Cette faille dans laquelle j’ai irrémédiablement envie de m’engouffrer.

 

Quelques jours après notre entrevue, il m’a envoyé une douce citation en réponse à une photo… Une citation magnifique sur la gentillesse qui n’existait plus dans ce monde.

Je me raccroche à des chimères surement.

Il aime ma gentillesse et nos corps mélangés mais cela ne suffit pas à faire une histoire saine.

 

La relation s’est posée calmement à un bel endroit mais il faut que j’aille la triturer…

 

Chaque jour me voit changer. Je passe du cœur au mental. Des angoisses, aux certitudes, de la paix à la tristesse.

 

Je repousse Charles dans ces retranchements et nous nous fâchons pour des complexités administratives qui ne viennent que refléter les restes d’une difficulté récurrente à communiquer.

 

J’ai peur de le voir, peur de nos déchirures, peur de cette incertitude dans laquelle je nous maintiens. Mais comment rassurer l’autre quand moi même je ne sais comment chaque jour qui pousse l’autre va me trouver.

 

Au travail je vais bien, je bouge, je remue, je m’active et je suis efficace je le crois. Je fuis ces doutes et mon incapacité à me positionner.

 

Virgil m’a dit « mais il n’y a pas que lui et moi »…

Certes c’est très juste mais tant que je n’ai pas fait de croix sur eux, je ne peux envisager un autre…

Et c’est ce double deuil que je ne peux digérer…

 

Un jour je suis sure… je range Virgil dans mon cœur et je l’aime dans la paix sans plus rien attendre ni demander et le lendemain l’espoir revient.

 

Je le revois, je l’imagine, je le sublime… et je repars dans ma boucle.

 

Avec Charles c’est quasi la même chose sous une autre forme, je me dis qu’il ne tient qu’à moi que tout s’arrange et qu’en rangeant Virgil une bonne fois pour toute, je trouverais la paix dans notre couple.

 

Et puis le lendemain, tout est parti et j’ai envie de quitter Charles définitivement…

 

Je médite… la paix est ponctuelle.

Certains jours j’arrive à être sereine je profite !

 

Il fait beau. C’est l’Eté Indien. Le soleil réchauffe mes os frileux.

Le feu de cheminée anime ma maison d’une lueur douce.

 

« Novembre apporte son lot

De feuilles dorées de sons et d’eau,

Les fruits d’automne

Maronnent et se mitonnent

Les plumes s’envolent

Les baisers se volent

Ils viennent raviver,

Un parfum intense d’éternité… »

 

Je voudrais réussir ce tour de force d’aimer dans la paix.

Aimer du fond de moi comme une chaleur intérieure.

Etre juste moi sans espérer de l’autre qu’il me reconnaisse.

 

Je voudrais ses bras autrement qu’en pensées,

Son corps dans le fond du mien, comme si c’était là qu’il était le mieux rangé.

 

Et si je le sais moi que c’est là qu’il serait le mieux rangé, même si personne ne l’entend et ne le comprend alors cette certitude doit me combler et me rassurer.

Même si elle ne prend pas la forme attendue.

 

Est ce qu’un amour qui n’est pas partagé à la même hauteur peut satisfaire ?

 

Sans aimer pour deux, juste être heureux de ce noble sentiment ?

Ce qui compte c’est d’aimer… plus que d’être aimé ?

Pourquoi mon cerveau ne peut s’y résoudre alors que mon cœur lui semble savoir que c’est la solution à tout !

 

C’est mon nouvel espoir… réussir à déposer Virgil dans mon endroit secret et le ranger au chaud…

 

A chaque nouvelle émotion, souvenirs du passé ou présomption d’avenir, je le laisse venir, puis je le range doucement. Parfois ça fonctionne…

 

Je le vois dans la lumière, avec ses grands yeux brillants de désirs et de tendresse contenue.

J’observe ses mouvements maladroits.

J’écoute les mots qui sortent de sa bouche et j’entends tout son cœur entre eux…

 

J’accueille cette dualité en lui que je dois incarner. Je ressens ce qui lui manque car cela fait l’écho chez moi.

 

Il a peur de vivre seul…

Je lui dit « viens chez moi »… et nous riions… cela semble si simple…

Il est chez moi chaque jour sans y être. Il est au fond de moi.

Je voudrais lui dire « Repose toi dans le creux de moi Virgil… Regarde tout y est calme, tu seras bien. »

Mais surement tout n’est pas assez calme encore pour que qui se soit s’y repose.

Puis je aller lire mon livre sans être mangée par mes pensées maintenant que j’ai déposé ?

 

Le 11 novembre :

« Il a dit « c’est moi »,

Elle a dit « bonjour »

Il a dit « je peux venir ? »

Elle a dit « oui »

Il a dit « à tout à l’heure ».

 

Quand il est arrivé chez elle, ils n’ont pas parlé.

Ils se sont serrés.

Elle a fermé la porte à clef.

Ils sont montés dans sa chambre.

 

Les volets étaient fermés.

Ils se sont glissés sous les draps.

Ils se sont remplis l’un de l’autre.

Ils se sont emboités comme une évidence.

 

Ils se sont souris sans se détacher.

Ils se sont endormis. »

 

 

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