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GRAND SAUT pour petits sots

GRAND SAUT pour petits sots

Publié le 21 mars 2022 Mis à jour le 22 mars 2022
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GRAND SAUT pour petits sots

Avait-il vraiment voulu devenir ce chat replet sautant d'escalier en colimaçon en ratant d'une patte le vase jamais rempli de Mélissa ?

Gropoum vaguement intrigué par la question déjà oubliée, ne savait jamais vraiment par quel bout prendre ses journées : la queue en balance, l'oeil gros sur un myaou modulateur, il errait dans les pièces vides de Mélissa à cette heure au travail.
Ses ambitions de chat nocturne - vrombir sur les toits les vibrisses frémissantes de l'aventure à venir ...
avaient fondu sous la lune.

Mais

rrrHouhOUOUou

Il devrait se contenter d’attendre,
face à
Cet "oiseau de malheur"    (expression-privilège de Mélissa)
stupidement chétif à vous couper l'appétit et qui ne cessait d'ouvrir son bec sur le néant.
Depuis peu protégé par la double vitre le gibier stagnait sous son museau derrière le rideau ; évidemment rien n'aurait pu empêcher les griffes chatounesques de rayer frénétiquement le carreau et ses oreilles de pointer
vers le provocateur.
Gropoum gigotait alors bêtement dans la dentelle, ce qui échauffait Mélissa : parce qu'elle ne changerait pas « une fois de plus ces voilages qui coûtaient le poil qui le recouvrait ! »
L'autre gringalet ne s'envolait même pas à la suite de la chasse au journal que Mélissa brandissait au-dessus du crâne de son chat.
L'agitateur serrait toujours ses ailes contre lui, à croire qu'il craignait qu'on les lui vole.

Maintenant qu'il y réfléchissait cet oiseau devait être suicidaire
                                                                                            ou      très futé !
Voulait-il en finir avec une vie de vols allers-retours inlassablement répétés chaque année ?
A moins -
(et Gropoum ne penchait pas tellement de ce côté, à cause de la "cervelle d'oiseau" - expression occasionnelle de Mélissa) -
qu'il ne se sache à l'abri puisqu'un chat ne saurait ouvrir une fenêtre !
Impossible !!

Parvenu là, il s'étonna :
Avait-il jamais vu cet oiseau voler ?
Comment arrivait-il sur le rebord ?
À pattes ?
Possible
Une fois il avait bien vu un pigeon traverser un passage clouté.
Son perturbateur était sans doute tombé d'un nid et sans avoir eu de mère pour le lui enseigner, il n'avait pas appris à voler.

Tu as bien su chasser sans professeur, toi !
Ouais mais un oiseau c'est pas très courageux !

Il observa le maigrichon : il devait redouter la vitesse
                                                      voire éprouver une angoisse des hauteurs.

Un oiseau ? Tu kidding ?

Un bruit de clé dans la serrure annonça le retour de Mélissa.

Chat menacé par un oiseau

Il se retourna sur le buffet puis jaugea la distance jusqu'au sol.
Les griffes au bord il leva son derrière pour basculer tête plus avant en position fusée qui le fit lourdement atterrir sur le parquet encaissant l'écho de son poids - d’où son légendaire surnom.

                                                    De nom, il n'avait jamais eu.

Gropoum alla droit sur sa compagne, s’assit la queue en rouleau enfin miaula fermement un reproche.
- Oh ça va je n’ai que vingt minutes de retard !

L’excuse ne suffit pas car le chat refusa de se laisser caresser. Mélissa le défiait avec sérénité quand à cet instant elle aperçut l'oiseau.
Elle eut une onomatopée d'agacement surpris, ce fichu animal était encore venu menacer son compagnon !
Elle se dirigea d'un pas saccadé sur l'oiseau, prit au passage le journal-remontrance avant d’ouvrir les deux vantaux de la fenêtre pour commencer à bousculer le volatile.
Dans sa rage elle ne pensa plus du tout à la vivacité féline en attente au fond de Gropoum.
Le gracieux rapace sauta sur sa proie.

Trop ressort, l'élan le porta plus loin que l'oiseau prêt à lui échapper alors que tous deux suspendus au-dessus du vide
                         se regardèrent une fraction de seconde.
Derrière eux le cri de Mélissa tel un avertissement le fit frissonner : Gropoum nota  brièvement le trottoir qui l'attendait
                         EN BAS.
L'oiseau

Oiseau en vol

déploya ses ailes Le bougre !!! sur un cui-cui sardonique certain du sort de son ennemi
qui volait        aussi
du moins

PRESQUE !

Lorsque la chute s’amorça
sur quatre pattes écartées
La tête aux premières loges avec ses yeux noirs de peur
Il fixait le sol …
Pour sentir sa patte arrière brutalement retenue sur un grognement - le sien ou celui de Mélissa ? Il en percuta la façade avec un POUM qui lui fit battre son record.

Mélissa (Quel réflexe de chat !) - remonta son cascadeur.
Elle le tint contre elle bien plus longtemps que d’habitude sans qu’il proteste. Aussi sonnés l’un que l’autre ils auraient pu jurer qu’ils avaient vu tous leurs lundis défiler.

 

 

Photo de couverture et illustrations : Chantal Perrin Verdier

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