Mercredi 25 février 2026
Mercredi 25 février 2026
Depuis le réveil, quelque chose me soufflait que sous peu, je te trouverais sur ma route. J’en ai appelé à ma rationalité et à toutes les fois où je me suis trompée, aux fausses alertes et aux lois des probabilités. Je ne fréquente aucun des endroits où tu te rends et l’inverse est vrai aussi, pourtant lorsque je suis arrivée sur le parking tu étais là, à quelques pas à peine. Tu garais cette voiture dont je pourrais fort bien ignorer que c’est la tienne, désormais, si je ne m’étais pas contrainte à passer devant la petite maison chaque semaine, et j’ai pris peur. Je ne sais pas si tu m’as vue et au fond ça n’a peut-être aucune importance, tu étais plus près de moi que tu ne l’as été depuis des mois et j’aurais voulu disparaître. Je me suis précipitée dans le magasin aussi discrètement que possible, et je t’ai guettée à chaque coin d’allée. Mon organisme sonnait l’alerte générale, mains tremblantes et cœur dans la gorge, pulsations sonores dans mes oreilles. Mes courses finies, j’ai compris pourquoi tu étais là et réalisé que l’univers aurait bien d’autres occasions de nous mettre nez à nez. J’aurais pu t’attendre, l’air de rien, faire exprès de sortir de ma voiture pile au moment où tu reviendrais, forcer la rencontre pour ne pas attendre, impuissante et résignée, qu’elle me tombe sur le coin de la figure. Au lieu de ça j’ai mis le contact et je suis partie, l’angoisse tonitruant toujours au fond de mon ventre. J’ai serré les dents et ravalé les larmes qui menaçaient, j’ai remballé en vrac ma peine, ma trouille et ma colère. Quelques kilomètres plus loin, tandis que mon cœur ralentissait enfin, la petite voix hurlait que ce n’est pas normal que tu me mettes dans cet état, elle le criait sur tous les toits. Alors, seulement, l’idée a pris forme dans ma tête : en vérité, je ne suis plus très sûre de vouloir que tu reviennes.
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