De là-bas au bois...
De là-bas au bois…
Elle passe sa vie à l’orée du bois,
Eux — l’appellent la fille de joie.
Ces « bien-pensants » ne savent pas
Ce qu’elle a fui, de son pays, là-bas.
À bord d’un noir et sordide fourgon,
Lieu de travail que lui impose le « protecteur »
Peut-être moins pire ici — à tort ou à raison —
Esclave moderne… ici elle vend son corps.
Son corps de déesse, bien trop grimé,
Seul atout que la vie lui ait donné.
Un corps que d’autres pensent s’approprier
Contre quelques sales billets chiffonnés.
Prétextant aller au bois pour les champignons,
Comme ils sont beaux, ces donneurs de leçons.
Pulsion payée et assouvie, ils l’oublieront…
Honteux, ensuite, dans leurs poisseux caleçons.
Elle — souillée, sourire mimé… elle n’oublie pas,
Elle n’oublie pas : la vie ne lui a pas laissé le choix.
Qu’elle a fui, par instinct de survie, son pays, là-bas.
Qu’elle n’a jamais rêvé de crever dans ce bois.
Elle porte au cœur les ruines d’un hier,
Lointain tumulte qui ne s’efface pas.
Et dans ce bois où l’on achète la misère,
Elle comprend que l’exil n’épargne rien —
Ni le corps ni la foi.
Elle a fui son pays étouffé par les dictateurs,
Croyant trouver refuge sur la terre des droits.
Mais la voilà livrée à un autre prédateur,
Où l’argent, froid, décide de tout —
Même du prix d’une vie qu’on piétine dans le bois.
Et si demain — ici, elle meurt,
Elle sait… et pleure déjà ses petites sœurs.
PascalN ©
« Scènes de vie »
Note d’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN » est l’auteur et seul propriétaire de ce texte « humanuscrit » et de tous les droits qui en résultent il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence Panodyssey qui accompagne ce texte. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont été utilisées à seules fins de corrections orthographiques, grammaticales et typologiques. Crédit photo : Photo de Vitali Adutskevichsur Unsplash
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Comentario (3)
Line Marsan hace 21 días
C'est dur... Cela me fait penser au film "Princesas" , un film espagnol déjà ancien vu sur Arte Replay. S'il y est toujours, je te le recommande.
Pascaln hace 20 días
Merci Line pour ta lecture et pour le conseil de ce film à voir😉.
Pour le reste, certes c'est dur, à l'image de réalités que l'on peine à regarder en face😒.
Ecirtap hace 21 días
Bonsoir PascalN.
L'art de raconter sans nommer ... ainsi le lecteur construit sa représentationde de votre écrit . " l'orée du bois" me fait penser aux contes de Grimm ( qui sont plus agressifs)
Partageant un regard similaire au votre .... Ecrire sur les "protecteurs" et les "consommateurs" serait un plus périlleux exercice; à voir ... Merci pour elles.
Pascaln hace 20 días
Bonjour, merci beaucoup de votre regard et ressenti sur ce texte qui sûrement peut-être ressenti comme dérangeant. Mais déranger ne me dérange pas, justement...
Je ne conçois pas de consacrer mon ecriture uniquement à un monde de bisounours. Peut-être est-ce ce positionnement que vous partagez ?
Ecirtap hace 20 días
Bonjour PascalN.
Tout à fait en accord avec votre dynamique. J' attends un peu avant de publier de ce que j' evalue comme de la réelle noirceur; je ne veux choquer les matelots de ce navire. Révéler le monde de du sombre de l' homme par l'écriture permet de chercher à percevoir le sensible.
Pascaln hace 20 días
Et je vous découvrirais et lirais avec curiosité et intérêt.
Jackie H hace 19 días
Moi aussi. Nous ne vivons pas dans un monde idéal, mais dans le monde réel. Pour le meilleur et pour le pire...
Lapil'à'folie hace 21 días
Un bien joli poème qui reflète les illusions de la terre d’asile qui faisait tant rêver.
Arrivant à la fin de cette lecture, il me vient à penser qu’elle a peut‑être vendu son corps, mais certainement pas son cœur.
Pascaln hace 21 días
Merci beaucoup pour ce retour de lecture.
Oui, tristement son coeur, mais assurement pas son coeur ni son âme. je lui souhaite profondement.
Jackie H hace 19 días
Son corps, elle le loue, à répétition, appartement de location, pour quelques minutes, quelques biftons, mais elle ne le vend pas, en rêvant qu'un jour finira la saison de la location et que viendra celle du don...
... pendant que ceux qui prétendent aller aux champignons en ramassent d'autres, de champignons...
La professionnelle se loue
La respectable se vend
La libertine se prête
Mais l'amoureuse se donne,
sans intention de se reprendre...
Et toutes, indifféremment, secrètement, rêvent d'amour...