Ce qui reste...
Ce qui reste...
Ce qui reste...
— Manifeste pour une mémoire honnête —
Entre silence et mémoire, ce qui reste.
Il y a dès qu'une mort survient, un mécanisme presque automatique.
Une sorte d'élan collectif qui consiste à lisser ce qui dépassait.
On ne parle plus que du meilleur.
On choisit des mots propres, et des souvenirs bien rangés.
On met de côté ce qui dérangeait pourtant hier.
Comme si cela devenait soudain indécent d'y penser
et de l'évoquer encore.
Je ne confonds pas le respect et l'oubli volontaire.
Ni l'hommage avec la réécriture.
Un être humain ne devient pas un autre parce qu'il meurt.
Il ne se transforme pas en symbole pur ni en figure irréprochable.
Il reste ce qu'il a été :
— Complexe, contradictoire,
— Parfois lumineux, parfois contestable,
— Parfois aimé, parfois mal-aimé.
Ce qui me trouble, ce n'est pas le silence.
Le silence peut être digne.
C'est le vernis.
Cette couche brillante qu'on applique bien trop vite pour éviter les aspérités.
Comme si la vérité, parfois matte, risquait de troubler le recueillement.
Mais la mort n'efface pas. Elle arrête. Elle suspend.
Elle ne couvre pas les paroles prononcées.
Ni ce qui a blessé ni ce qui a divisé.
Refuser la béatification automatique n'est pas un manque de compassion.
C'est, au contraire, respecter l'humain avec sérieux.
Le contempler dans son entièreté.
Et se remémorer chaque instant, même après cette ultime renconte.
Je préfère une mémoire honnête à une mémoire apaisante.
Et je laisse au temps le soin de murmurer aux vivants —
ce qui reste vraiment.
PascalN ©
« Chroniques d’un pas de côté »
Crédits :
- Texte humain et tapuscrit
- Photos: par Wiktor source Pixabay
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