Sylvia...
Sylvia...
Sylvia…
Un homme au dos cassé émerge du salon, toute la douleur du monde sur le visage.
Max s’arracha comme il put du canapé. Il s’y était laissé tomber et y avait sombré dans les bras de Morphée.
Était-ce la folle nuit passée, le canapé... ou les années qui, elles aussi, avaient passé qui se rappelaient si sévèrement à lui ? Il en avait une petite idée.
La veille en début de soirée, pour sa dernière course, il avait pris à bord de son taxi une jolie femme à la gare du Havre. Elle rentrait de Paris.
Une fois installée, il reconnut un visage familier dans son rétroviseur. Après une brève hésitation, Max se tourna vers elle et osa :
— Sylvia ?
Surprise, la femme le regarda, puis :
— Oui ? Et ajouta :
— Max ?
— Oui, c’est ça, tu me reconnais ?
— Maintenant oui ! le visage souriant, comme heureuse de cette rencontre inattendue.
Et Max d’ajouter :
— Tu as peu changé depuis toutes ces années. Toujours aussi jolie et élégante. Et ce même parfum… L’insoumise qui te va si bien.
Visiblement pas gênée, et même ravie :
— Je vois que tu n’as pas oublié, j’en suis flattée.
D’un sourire presque frivole :
— Toi non plus, tu n’as pas beaucoup changé, Max. Toujours aussi charmeur.
— Que deviens-tu ?
— Merci Sylvia. Comme tu le soulignes, toujours le même, libre porté là où le vent m’emmène.
Max sentait déjà que le lien ancien et indicible entre eux ne demandait qu’à renaître.
— Et toi, quoi de neuf ?
— Moi pareil, comme ce parfum, toujours insoumise...
— Tu habites toujours dans ton appartement face à la mer à Sainte-Adresse ?
— Oui, bien sûr, j’ai juste refait la déco depuis le temps.
— Tu es ma dernière cliente de la journée. Si tu es libre, je t’offre un verre chez moi. En vieux complices.
La proposition de Max était accompagnée d’un clin d’œil malicieux. La réponse ne se fit pas attendre.
— Oh oui, avec grand plaisir.
Arrivés à l’appartement, Max eut tout juste le temps de poser ses clés, et de lancer une playlist
— Me and Mrs Jones de Billy Paul commença à résonner.
— Tu te souviens de ça aussi ?
Avant même de répondre, elle fit tomber son tailleur Chanel et son chemisier blanc. Elle le regardait droit dans les yeux. Juste vêtue d’une lingerie de dentelle transparente rouge. Comme autrefois, elle avait encore ses yeux de diablesse.
— hummm, et comment je me souviens… Viens !
Rien n’avait changé. Ils revisitèrent en long et en large ce livre ancien qu’ils connaissaient par cœur. Où les corps s’inventent mille chemins et où le désir retrouve sa mémoire…
Puis discrètement, au bout de la nuit, elle s’était éclipsée, laissant Max épuisé dans son canapé.
Au petit matin, Max, les mains sur les reins, sourit tout de même. Sur le fauteuil près de la fenêtre, Sylvia avait abandonné son ensemble de dentelle rouge.
Dans l’air flottait encore L’insoumise, et ces mots griffonnés sur un papier :
— Je me souviens. Merci mon vieux complice…
Non, rien n’avait changé.
Si ce n’est le poids des années qui, ce matin-là, se rappelaient au dos douloureux de Max.
Heureux pourtant… comme un jeune premier.
PascalN ©
« Chroniques d'un pas de côté »
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L'illustration a été créée avec IA-ChatGpt.
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Harold Cath hace 1 minuto
L'âge n'est qu'un détail... 😋
Line Marsan hace 36 minutos
Oh! Ce dos cassé pour la bonne cause, j'adore !
Pascaln hace 21 minutos
Merci beaucoup Line 🙂. J'avoue que ton " Ode à la culotté " y est pour quelque chose dans l'inspiration qui a guidé ce texte. Pour le coup, la boucle est bouclée🫣😊