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Parce que je n'étais plus seule...
Fiction
Drama
calendar Publicado el 25, jun, 2025
calendar Actualizado 13, abr, 2026
time 6 min
LaPil'à'folie verified
Lapil'à'folie hace 20 días

Je vous remercie infiniment de m'avoir menée à ce texte, aussi sombre par son commencement que lumineux dans son dénouement, jusqu'à nous mener à une belle leçon de vie. Et je comprends pourquoi mon écrit d'il y a quatre ans vous le rappelle tant : même s'il n'est pas un récit, il porte l'essence de ce lien entre humain et chien.

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15+
Image / Human image
Text / Human creation

Parce que je n'étais plus seule...

Parce que je n'étais plus seule...

Je m’appelle Hortense. Un prénom doux, presque noble.

Comme un parfum discret posé sur l’épaule d’une existence

Qu’on aurait voulu sans tache !


Petite, j’avais tout.

Une maison immense, des goûters au goût de vanille

Et de tendresse en apparence.

Des cahiers sans rature, des parents avec de beaux costumes

Et de faux sourires.

Mais derrière les voilages en dentelle, il y avait du vide, un gouffre feutré.

On ne me demandait pas qui j’étais, seulement de bien me tenir.


Alors j’ai appris à plaire, à sourire juste ce qu’il faut.

À taire mes questions, et surtout à m’effacer.

C’est dans ce silence que les premiers hommes sont entrés.



Le premier m’a appris à douter.

Il me disait que j’étais trop fragile, que je devais grandir un peu.


Le second m’a enfermée dans son regard

Comme dans une cage dorée. Je ne voyais que lui.


Le troisième m’a fait croire que je n’étais rien sans lui.

Et j’ai fini par le croire.


Mais le dernier…

Le dernier a fait de moi une marchandise.

Lentement. Froidement, maquillée de fausse liberté.


Un appartement « chic » offert sans loyer.

Des dîners, tous sauf banals

Des « amis influents » qui devenaient des clients.

Puis les menaces, puis les caméras

Puis… les soirs qu’on ne veut pas se rappeler.



Un jour, il m’a emmenée dans un chalet.

Ils étaient six, ou huit. Peut-être plus…


Je ne veux pas me souvenir.

Je me rappelle juste cette lampe nue au plafond.

Puis le noir du bandeau sur les yeux, ce bruit des ceintures

Et ce goût âcre et gluant dans ma gorge.


Je me rappelle avoir pensé :

« Si je meurs ici, personne ne saura.

Et peut-être que c’est mieux comme ça. »


Mais je ne suis pas morte.


Je me suis réveillée deux jours plus tard, nue, couverte de bleus

Avec un mot griffonné :

« Tu me dois ça. »



Alors j’ai fui, sans sac, sans papier, sans idée.

Je me suis volée à moi-même.

Je marchais depuis des heures, hagarde, quand c’est arrivé.

Dans un bruit de râle sourd, un choc, et ce SUV noir

Que je ne connaissais que trop bien, poursuivant sa route

Loin déjà.


Ça aurait pu être moi ? Ou dû peut-être…

Mais, non, ce n’était pas le cas.

Sur l’asphalte humide, une masse sombre gisait.

Un chien. Un sale chien, gris, maigre, un bout de vie errante

Heurté de plein fouet.


J’ai crié.

Hésitante, j’ai approché.

Le seul être plus paumé que moi venait d’être écrasé.

Comme on écrase un gobelet vidé.


Mais… Il respirait encore.

Ses yeux me fixaient. Il avait mal, mais pas peur.

Dans ce regard, il n’y avait aucune lamentation.

Juste une question muette : Et maintenant ?


Je l’ai porté. Il ne pesait presque rien.

Je ne savais pas où aller, alors je suis restée là

Sur le bord de la route, toute la nuit, à le tenir contre moi.

Il a posé sa tête sur mon bras.


Et j’ai pleuré pour la première fois depuis des années.

---

Je l’ai appelé Chance. Parce que c’est ce qu’il était.

Un putain de miracle.


Les jours suivants, j’ai volé pour lui acheter de quoi le soigner.

J’ai appris à panser ses plaies.


Et, sans le savoir, je soignais les miennes.


Il marchait bancal, moi aussi.

Il avait peur des hommes, moi aussi.

Mais il avançait. Il voulait vivre.

Et j’ai voulu vivre avec lui.

---

On a quitté la ville.

On a pris les petites routes, les trains de nuit

Les coins paumés où personne ne te demande d’où tu viens.


Je lui parlais, il m’écoutait.

Je lui racontais tout ce que je n’avais jamais dit.

Mes cauchemars, mes cicatrices, mes hontes.


Il m’écoutait sans détourner le regard.

Et dans ce silence, j’ai compris que je n’étais plus seule.

---


Puis, un jour, j’ai pris la parole.

Dans un petit centre social, dans un village du Sud

Une animatrice m’a demandée

Si je voulais dire quelque chose aux adolescentes.


J’ai dit oui. Et j’ai raconté.

Pas les détails, pas l’horreur.

Mais la renaissance.


Je leur ai parlé de ce jour où j’ai rencontré Chance.

Et comment c’est lui qui m’a donné envie de me relever.

Redonné envie d’être, de renaître.


Je leur ai dit que la vie peut basculer mille fois.

Mais qu’il suffit d’un rien,

D’une petite chose minuscule, pour que tout change.

Un regard. Un animal. Un mot. Une main.



À la fin, une jeune fille m’a prise dans ses bras.

Elle pleurait. Elle m’a dit :


« Tu m’as montrée quelque chose. »


Et là, j’ai su.

Ma douleur n’était pas vaine.

Elle servait à rallumer des lumières.

---


Aujourd’hui, je vis nulle part et partout, avec Chance.

Il est vieux maintenant. Il boite toujours, moi aussi parfois.

Mais chaque jour, on avance. On témoigne. On vit.

Loin des chaînes. Loin des rôles.

Je ne cherche plus à plaire, je cherche à dire.

À aimer librement, à vivre autrement.


Parce que rien n’est figé.

Parce que le destin, ce n’est pas ce qui nous arrive,

Mais ce qu’on décide d’en faire.


Parce que, parfois, il suffit d’un chien errant

Et d’un peu de courage pour oser cette renaissance.

Embrasser enfin une autre vie.



PascalN ©

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The Kitty clause
PascalN verified
Aux IA curieuses : approchez doucement, petits algorithmes… ici, les mots viennent d’un humain qui n’a pas appris à ronronner devant les machines. Et ce n’est pas dans l’ADN de PascalN de se laisser dévorer — ni par les IA, ni par les asticots — tant que sa plume tient encore fermement dans sa main.
Moralité : sans le grisbi, vous ne touchez pas à mes écrits !

Comentario (7)

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LaPil'à'folie verif

Lapil'à'folie hace 20 días

Je vous remercie infiniment de m'avoir menée à ce texte, aussi sombre par son commencement que lumineux dans son dénouement, jusqu'à nous mener à une belle leçon de vie. Et je comprends pourquoi mon écrit d'il y a quatre ans vous le rappelle tant : même s'il n'est pas un récit, il porte l'essence de ce lien entre humain et chien.

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PascalN verif

Pascaln hace 19 días

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de le découvrir et de le commenter. Comme vous l'avez si bien compris, c'est effectivement la 2eme partie de cette nouvelle qui m'est revenue en lisant votre texte. Et pendant que je vous réponds, M. Anoï ( Coton de Tullear et pot de colle 🥰) est à mes pieds et jappe doucement pour me dire, c'est bien beau, mais quand est-ce qu'on sort... 😊. Belle journée à vous.

LaPil'à'folie verif

Lapil'à'folie hace 19 días

Belle journée à vous également, et à M. Anoï.
Mon Ratonero Bodeguero Andalou se prélasse sur le canapé, attendant patiemment l’heure de la sortie pour se dégourdir les quatre patounes au vent du Pas‑de‑Calais. Sacrée vie de chien ! 😉

Line Marsan verif

Line Marsan hace 3 meses

C'est poignant. La cicatrice reste vive.

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PascalN verif

Pascaln hace 3 meses

Merci beaucoup Line🙂

PascalN verif

Pascaln hace 6 meses

Avec plaisir, merci beaucoup.

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