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Aujourd'hui, ce sont les gosses qui chassent les monstres
Fiction
Theater
calendar Published Jul 9, 2026
calendar Updated Jul 9, 2026
time 8 min
ECIRTAP verified
Ecirtap 1 day ago

Jackie H
alors texte qui part en multi sujets; mon cerveau aime bien.
Alors oui un policier qui frappe un manifestant est un pauvre qui frappe un autre pauvre; l'inhibition sociale pour tous ceux qui respectent les lois. Réinterroger le cadre (de façon citoyenne) est une forme d'intelligence. Il y a différence entre démocratie participative (cf. les Sumériens) et la démocratie représentative -toujours là.
Et trop tard, oui, l'ogre capitalisme a aseptisé des consciences.
Et nous sommes des monstres en pyjama cachés dans l'oscurité ou dans l'ivresse de la lumière artificielle.
Le système nous a bien sali. Nous arpentons à genoux nos chemin de boue. Et si le soleil est éteint devant nous, restons utopistes debout.
Merci Jackie H de ce texte bien ciselé et pleins de braise. 😉

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All audiences
Image / Human image
Text / Human creation

Aujourd'hui, ce sont les gosses qui chassent les monstres

Consigne #PanodysseySpark de la semaine 10 :


"Qu'allons-nous devenir si les enfants se mettent à manger les ogres ?"


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— Les gosses ne respectent vraiment plus rien à l'heure actuelle. Ça n'allait pas comme ça de mon temps.


— Les gosses d'aujourd'hui ont une lucidité que ceux de notre époque n'avaient sans doute pas. Quand nous étions gosses et que nous croisions un policier, nous voyions l'uniforme, le signe d'autorité. Cela suffisait à nous impressionner. Ceux d'aujourd'hui, eux, ils ne sont pas impressionnés par un vêtement qui est coupé un peu différemment, qui est d'une autre couleur ou qui porte d'autres décors. Ça ne suffit plus à les faire rêver. Ils voient surtout le pauvre homme qui est dedans. Qui n'est pas meilleur que tous les autres. Et pas forcément à la hauteur.


— Mais qui prend des risques quand il nous protège contre des malfrats armés.


— Mouais. Sauf quand il vient après la bataille quand il y a eu du grabuge et qu'il se contente d'embêter ceux qui sont restés. Pendant que les grands responsables, eux, ont déjà foutu le camp depuis longtemps et ne seront jamais vraiment embêtés.


— Il protège tout de même la population contre les délinquants. C'est à ça que ça sert d'être craint et d'avoir de l'autorité.


— Oui. Sauf quand il refuse de prendre ta déposition quand tu portes plainte parce que tu n'as soi-disant pas de preuves, ou parce que le dommage subi n'est pas assez important et que trop de petites plaintes encombrent les lignes.


— C'est vrai que la conscience professionnelle est une chose qui se perd. Et puis, la police manque de moyens, c'est bien connu.


— Ou parce qu'elle sait que de toute façon, la petite frappe dont tu te plains sortira de prison après trois semaines parce qu'il n'y a plus de place dans les centres pénitentiaires et que le poursuivre ne servira à rien.


— Ah, les juges, comme d'habitude. Ils ne sont plus assez sévères. Ils sont devenus naïfs aussi. Ils se laissent embobiner par tous ces avocats qui ont toujours une bonne excuse à faire valoir pour les clients qu'ils défendent. En même temps, les avocats peuvent bien le faire. On les paie assez cher.


— De toute façon, les vrais grands voleurs – pas ceux qui cambriolent des banques, et encore moins ceux qui arrachent leurs sacoches aux vieilles dames, mais ceux qui volent des milliards sans faire de bruit à coups d'écritures comptables – personne ne leur fera jamais rien parce qu'ils connaissent trop bien trop de monde haut placé et que si on leur cherche un peu trop les poux sur la tête, ce seront eux qui dénonceront tout le monde en public et tout le système se cassera la figure en même temps qu'eux. Personne ne veut ça. Donc tout le monde se tait et reste bien à carreau.


— Oui. Personne n'ose ouvrir sa gueule parce qu'ils ont tous quelque chose à se reprocher. L'intégrité aussi, c'est quelque chose qui se perd.


— En effet – à commencer par chez les gens d'en haut. Alors ton p'tit gars en uniforme, il finit par se contenter de mettre des PV aux automobilistes mal garés parce que ça lui donne au moins l'impression de servir à quelque chose. Et aussi parce qu'il sait que l'automobiliste mal garé va peut-être bien râler, mais qu'il finira toujours par payer parce que c'est un brave pépère tranquille qui se mêle bien sagement de ses affaires, qui se contente de vivre sa vie dans son coin sans s'occuper des autres et qui n'a pas les moyens d'être un danger pour qui que ce soit.


— Bien sûr. Ce sont toujours les petits qu'on embête. Comme d'habitude. Parce qu'eux, ils sont à portée d'ennuis. Et parce qu'eux, ils n'ont pas quelqu'un de puissant derrière qui se réfugier pour échapper aux coups.


— Oui. Et parce qu'il faut bien que les coups, ils tombent sur quelqu'un.


— Misère... Et les gosses qui voient tout ça. Quel exemple. Quelle décadence...


— Tu vois maintenant pourquoi les gosses ne croient plus en rien ni en personne. Ce n'est pas pour rien.


Silence.


— Et... les monstres ?... Qui les protègera des monstres ?...


— Ils s'en protègeront eux-mêmes. Ils n'ont pas le choix.


— Quel monde... Que pouvons-nous faire ?


— Plus rien. Nous avons trop attendu. On nous a dit de nous détendre, que c'était ça le monde moderne, et nous y avons cru. Et maintenant, il est trop tard.


— Mon Dieu... Et eux, que vont-ils faire ?...


— Se défendre eux-mêmes. Ils vont chasser les monstres et dévorer les ogres.


— Mais comment...?


— Oh tu sais, ça fait déjà longtemps qu'ils ont appris à ne plus compter que sur eux-mêmes. Ils se débrouilleront. Ils y survivront. Et, tu sais quoi ? Finalement, ce n'est peut-être pas plus mal.


— Comment ça ?


— Tu sais, si tu te souviens... Quand nous étions gosses, on nous tenait par la peur des monstres. Si nous restions sages, c'était parce que nous pensions que si nous ne l'étions pas, nous ne serions plus protégés des monstres. Les gosses, aujourd'hui, n'ont plus cette peur-là. Ils n'ont plus peur des monstres. Ils les chassent eux-mêmes, avec leurs propres armes, les yeux dans les yeux. Ils n'ont plus besoin de nous. Ils n'ont plus besoin des autres. Et avec ça, ils sont plus libres.


— Ouais... Tu crois vraiment que c'est mieux qu'avant ? Au moins, nous, à l'époque, on avait peur, et avec ça, on se tenait. Aujourd'hui, plus personne n'a peur, donc plus personne ne se tient. Chacun fait ce qu'il veut, et c'est chacun pour soi. Plus personne ne tient compte des autres. Il n'y a plus de bien commun.


— Tu préfères que les gosses se fassent bouffer par les monstres ?... De toute façon, il est trop tard. Pour nous, c'est terminé. Notre temps est passé. C'est le leur à présent. Espérons qu'ils en feront le mieux de ce qu'ils pourront.


Silence.


— Et puis n'oublie pas que les monstres, ils étaient plus souvent qu'à leur tour parmi ceux qui étaient censés nous protéger. Et nous, à l'époque, comme ils avaient l'autorité et que nous, on nous avait appris à bien respecter l'autorité, eh bien, nous n'osions rien dire. Nous pensions même que si les monstres nous mordaient, c'était de notre faute. Au moins les gosses d'aujourd'hui, ils ne s'en laissent plus conter et ils ne se laissent plus faire. Crois-moi, au fond, c'est mieux comme ça.


Crédit image : © choreograph | 123RF


© Jackie H, 2026

Tous droits réservés selon toutes législations et conventions nationales et internationales en vigueur, qu'il s'agisse d'individus humains, d'organisations ou d'intelligences artificielles

Texte entièrement rédigé par un être humain

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© Cover Image © choreograph | 123RF
© Author's name / pen name Jackie H
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The Kitty clause
Jackie H verified
Attention les vibrisses numériques : on sniffe, on regarde, mais on ne touche pas et on ne mord pas, sinon Maman Chat donne une tape sur le museau, et la patte de Maman Chat a des griffes acérées qui peuvent faire très mal ! Si on a faim, on miaule et on demande la permission à Maman Chat d'abord 🐱 et si elle dit "non", c'est non ! Par contre, on peut ramener les copains – et les copines. S'ils sont sages et s'ils se contentent de regarder, pas de problème les chatons !

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ECIRTAP verif

Ecirtap 1 day ago

Jackie H
alors texte qui part en multi sujets; mon cerveau aime bien.
Alors oui un policier qui frappe un manifestant est un pauvre qui frappe un autre pauvre; l'inhibition sociale pour tous ceux qui respectent les lois. Réinterroger le cadre (de façon citoyenne) est une forme d'intelligence. Il y a différence entre démocratie participative (cf. les Sumériens) et la démocratie représentative -toujours là.
Et trop tard, oui, l'ogre capitalisme a aseptisé des consciences.
Et nous sommes des monstres en pyjama cachés dans l'oscurité ou dans l'ivresse de la lumière artificielle.
Le système nous a bien sali. Nous arpentons à genoux nos chemin de boue. Et si le soleil est éteint devant nous, restons utopistes debout.
Merci Jackie H de ce texte bien ciselé et pleins de braise. 😉

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