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TRISTESSE ET PRIVILÈGE DES FÉLINS
Fiction
Tale
calendar Published Aug 27, 2026
calendar Updated Aug 27, 2026
time 6 min
Creative Transparency Label
All audiences
Image / Image co-created with AI
Text / Human creation

TRISTESSE ET PRIVILÈGE DES FÉLINS

Sous une pluie battante, un petit chaton grelottait, trempé jusqu'aux os. Le vent violent causé par ce mauvais temps aurait pu emporter loin cette adorable boule de poils. Heureusement pour lui, bien qu’étant naïf, son instinct de survie lui permettait de prendre les meilleures dispositions pour se mettre à l’abri du danger.


Bientôt l’averse prit fin. Il se remit, affamé, à errer sur le trottoir à la recherche de sa maman, de ses frères et sœurs qui lui avaient été pris par d'impitoyables humains. La tête cherchant de gauche à droite quoi se mettre sous la dent, distrait par cette inquiétude qui le rongeait, il heurta une jeune fille. Aussitôt, il sursauta de peur, ses poils hérissés comme pour dire à la fillette : « Fais attention, je suis un dangereux prédateur ! »


Pas très impressionnée par sa démarche, l'attitude du chaton eut l'effet inverse : la petite se précipita vers lui, le trouvant bien trop mignon pour le laisser dehors par ce temps glacial. Tout de suite, elle supplia sa mère de le recueillir. La jeune maman, d'abord hésitante, finit par céder aux caprices de sa fille. Lui qui était à la recherche de son ancien foyer venait d'en trouver un nouveau, beaucoup plus chaleureux sans en être conscient. Fini la famine, fini la tristesse, finie la solitude !


Aussi, je trouvais que le temps passait bien trop vite à mon goût. En un claquement de doigts, ma jeune maîtresse quitta l’enfance pour entrer dans l’adolescence. Avec tristesse, je la vis être rejetée, isolée et intimidée par ses semblables. Les humains peuvent être si cruels des fois. Je me rappelle particulièrement d’un jour, ma jeune maîtresse couverte de la tête aux pieds par de la boue, les yeux remplis de larmes. Je sus qu’elle s’était encore mise dans une situation problématique. J’accomplis alors notre rituel, après son bain, je savais que ce dont elle avait besoin à cet instant était ma chaleur corporelle, mon doux pelage, mes ronronnements et mes câlins.


À cette époque, je lui apportais la douceur qui lui manquait. Quelle ironie, vous ne trouvez pas ? Moi, l'animal abandonné qu'elle avait autrefois trouvé si petit et fragile, j'étais devenu son refuge le plus précieux. À moi, elle pouvait s’exprimer librement sans crainte d’être jugée ou incomprise ; j’étais parmi les rares privilégiés à pouvoir contempler son magnifique sourire. Une caresse sur mon doux pelage suffisait à lui remonter le moral ; d’un chaleureux câlin, elle se sentait comblée d’amour.


C’est exact : à cette ère, pas de chats virtuels à qui confier ses soucis de cœur. Seuls nous, félins faits de moustaches, de poils et de griffes, importions et satisfaisions pleinement à leur bonheur. Bien qu’il soit impossible aux félins de s’exprimer par des mots, j’étais le havre de ses tempêtes intérieures.


Oui, le vieux matou au pelage gris que je suis a, lui aussi, compté pour quelqu’un. Certains pensent que les secrets les mieux gardés sont ceux qu’on ne confie à personne... À ceci, j’ajouterai : « ...et surtout à aucun chat artificiel ». Avec nous, c’est de la liberté d’expression ; avec eux, c’est de l’expression contrôlée, impossible de leur confier des informations top secrètes.


Belle histoire, n'est-ce pas ? Pourtant, elle n’est qu’une petite partie du vécu de ma première vie. Hélas, le temps imparti est plus court que les griffes d’un chaton bien entretenu : Pas le temps de vous conter mes huit autres vies, toutes aussi palpitantes et émouvantes les unes que les autres.


Toutefois, mon histoire n’est pas la seule. Des milliers de moustaches portent aujourd’hui le même chagrin. Puisque les humains utilisent la chanson pour faire entendre leurs émotions, nous avons composé la nôtre. Écoutez-la : c’est la complainte de ceux qui furent les seuls chats.


Cœurs meurtris, j'en ai marre

Châtiés par l'isolement

Ils s'accaparent notre attention

C'est de l'injustice, éblouis par cet artifice

Ils vous inspirent, nous aussi.

Pourquoi deviennent-ils plus importants ?

Nous étions là les premiers, pourquoi nous bannir ?

C’est un amour superficiel

Sans aucune histoire

Pas de câlins, pas de chaleur

« Montre-moi ton chat »

De quel chat parle-t-on là ?

Nous voilà égarés

Pour finir, ils volent notre nom,

Ils s'approprient notre identité.

Usurpation.

Certes dépourvus de pattes, de poils

Mais quelle différence ?

Ils ont pris le plus important, c'est horrible

Nous portons plainte

Besoin de soutien indéfectible

Nous réclamons justice

Les chats veulent récupérer leurs chaleureux amis

Les chats ont du chagrin

Vous êtes nos maîtres à nous, pas les leurs

C’est un amour superficiel

Sans aucune histoire

Pas de câlins, pas de chaleur

Nous sommes les premiers, pourtant vous nous isolez

C'est une protestation, à vous la décision : Posez des limites.


Transparency around creation, AI use
Cover Image ChatGPT
Intellectual property & credits
© Author's name / pen name Phenix Rose
The Kitty clause
Phenix rose verified
Depuis la nuit des temps, à travers les âges et les empires, certains peuples ont élevé le chat au rang de divinité. Il jouit ainsi d’une souveraineté absolue sur toute chose. En revanche, vous, chats de cette décennie, à peine connus des peuples, vous ne détenez pas ce privilège. C’est pour cette raison que je vous l'ordonne : pattes, touche à ce chef-d’œuvre inestimable.

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