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Épisode 128 : "Où est ta parole, comte Siegfried ?"
Fiction
Tale
calendar Published Nov 2, 2026
calendar Updated Nov 2, 2026
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Épisode 128 : "Où est ta parole, comte Siegfried ?"

🎧 Musique : Cry me a river – Julie London

Pour profiter pleinement de l'expérience de lecture en musique, si vous n'avez pas d'abonnement YouTube Premium, je vous conseille de lire ce texte sur ordinateur et d'ouvrir le lien musical dans un nouvel onglet. Ça marche tout aussi bien et ça a l'avantage d'être gratuit 🙂

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— Vous avez tous du comte Siegfried, depuis toujours, l'image d'un seigneur certes sévère mais bienveillant et protecteur. Mais rien n'est plus éloigné de ce qu'il est vraiment. Oui, il pourra l'être et le rester aussi longtemps qu'il y trouvera son compte et que rien d'autre ne viendra remettre en question ses priorités. Mais vous allez le voir : dès qu'autre chose lui paraît plus important, tout de suite, ses priorités changent. Sa bienveillance et sa protection aussi.


Le diable se tourne vers la gauche et fait un pas.


— Qu'y a-t-il de plus important dans la vie que la famille ? Qu'y a-t-il de plus important que les gens qu'on aime ?


Il refait un quart de tour pour faire face à Siegfried.


— Il y a un peu plus de trente ans d'ici, comte Siegfried, tu as rencontré Mélusine. Tu as été subjugué par son chant, puis par sa grâce, et pour ces raisons, tu l'as demandée en mariage. Elle, qui t'aimait aussi, et qui n'avait pas de famille à consulter, a accepté, mais en te posant trois conditions : que tu lui accordes un jour par semaine pour elle-même, que tu ne lui poses pas de questions sur ce qu'elle faisait ce jour-là, et que tu ne lui demandes jamais la raison de son silence à ce sujet. Ces conditions, tu les as acceptées. Tu lui as fait la promesse de les respecter. Tu t'es engagé vis-à-vis d'elle. Nous sommes bien d'accord, comte Siegfried ?

— Nous sommes bien d'accord. Sans doute n'aurais-je pas dû accepter ces conditions. Sans doute ai-je eu tort de le faire. Mais jamais je n'aurais pensé qu'elle était une sirène. J'ai pu accepter qu'elle ait des secrets, ou besoin d'intimité en tant que femme... Mais je ne me suis jamais douté de quoi que ce soit de ce genre. Sans doute aurais-je dû.

— Il t'aurait pourtant suffi d'opposer à ces conditions une fin de non-recevoir. Tu aurais pu lui dire que tu avais besoin de pouvoir l'aimer en toute transparence, et qu'il était hors de question pour toi de partager ta vie avec quelqu'une qui exigeait de pouvoir te cacher des choses, quels qu'étaient les sentiments que tu avais pour elle. Certes, cela aurait immédiatement mis fin à votre histoire, mais au moins aucun de vous deux n'en aurait durablement souffert, et cela t'aurait évité beaucoup de complications.


Le diable fait un tour à droite.


— Bien entendu, tant qu'à rompre ta parole, autant le faire tout de suite : je suppose que si tu avais découvert la supercherie dès le début, et si tu avais su dès ce moment-là qu'elle était une sirène, cela aurait tout changé pour un pieux jeune homme comme toi, n'est-ce pas ?


Le diable regarde Siegfried de biais.


Siegfried hésite.


— Probablement... Je n'étais certes pas très pieux à l'époque, mais oui, probablement, cela aurait pu changer les choses.


Le diable regarde maintenant droit devant lui.


— La pauvre, elle aurait alors subi le même sort que celui qui l'affecte aujourd'hui. Mais tu n'en aurais jamais rien su. Elle aurait juste disparu de ta vie, engloutie par la roche... et vu le peu de tristesse que tu en éprouves aujourd'hui, on peut raisonnablement supposer que cela, à l'époque, ne t'aurait guère affecté. Tu en aurais certes été un peu triste pendant un temps très bref, mais tu t'en serais vite consolé, tu aurais considéré que son sort était mérité, cela t'aurait endurci vis-à-vis d'elle encore plus que tu l'es maintenant, puis tu aurais pris pour épouse la fille de l'un ou l'autre seigneur, bien humaine celle-là, et c'est avec elle que tu aurais eu une descendance. Ta rencontre avec une sirène serait restée un épisode de ta jeunesse, que tu aurais un jour oublié, ou auquel il te serait juste arrivé parfois de repenser avec un peu de nostalgie, de la même façon qu'il arrive à beaucoup d'hommes de se souvenir parfois de leurs premières amours – et on n'en aurait plus parlé.

— C'est là que tu te trompes.


La voix de Siegfried est tellement sombre que le diable tourne la tête.


— Étais-tu donc d'ores et déjà à ce point amoureux ?


Je vibrais et je vivais avec son chant. La fraîcheur de ses mains m'apaisait, déjà à ce moment-là. Mais ce sont des choses que quelqu'un comme toi ne peut pas comprendre.


— Oui.


Le diable regarde à nouveau devant lui.


— Alors effectivement, les choses étaient encore plus compliquées que je le pensais.


Il s'interrompt un instant et tourne la tête vers Siegfried.


— Cela dit, reconnais que la toute première alternative que je t'ai proposée avait l'avantage d'être – relativement – indolore, de ne rompre aucune parole, et qu'elle t'aurait évité beaucoup de problèmes par la suite. À elle aussi, d'ailleurs. Elle serait repartie dans son monde pour toujours, sans te révéler ce qu'elle était, sans que tu t'en aperçoives jamais, elle t'aurait évité ensuite pour le restant de ses jours et elle aurait poursuivi comme avant son existence de sirène. Sans avoir à subir ce qu'elle souffre aujourd'hui. Pour elle aussi, ton souvenir aurait fini un jour par être emporté par les eaux de l'Alzette. Cela aurait été de loin préférable pour elle. Et pour toi aussi.


Il regarde à nouveau devant lui.


— Enfin – ce n'est pas le chemin que tu as choisi.


Il fait un pas.


— Quoi qu'il en soit, tu lui as fait ces trois promesses, puis, après avoir passé notre accord pour pouvoir lui offrir un château qu'elle ne te demandait même pas mais que ta vanité estimait indispensable à ton statut, tu l'as épousée selon les formes prescrites et vous avez convolé en justes noces.


Il s'interrompt un instant.


— Encore une promesse : les vœux du mariage.


Il fait un autre pas.


— Tu l'as assurée de ton amour indéfectible, blablabla, elle t'a donné sept enfants pour descendance. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Le diable se retourne vers Siegfried.


— Sauf que toi, comte Siegfried, tu étais de plus en plus préoccupé de perdre pour l'éternité le confort du paradis. Cela te préoccupait tellement que petit à petit, c'est devenu pour toi la priorité numéro un.


De nouveau, il s'interrompt un moment.


— Alors tu as organisé pour moi cette charmante petite entrevue à Koerich, il y a quinze ans, qui s'est terminée si mal pour toi.


Cette fois, il se penche vers Siegfried.


— Et quand tu as enfin émergé de nouveau à la conscience, quel est le premier vœu que tu as fait ? Celui de rompre tes vœux de mariage. De ne plus en assumer les devoirs. D'éloigner ta femme de toi. D'être infidèle à la promesse que tu lui avais faite de l'aimer et de lui rester fidèle pour toujours.


Il se redresse.


— Sans la consulter, et en le lui annonçant d'une manière... particulièrement humiliante. En la rabaissant au rang d'une domestique incompétente.


Siegfried baisse la tête.


— C'est vrai, je n'en étais pas fier, et le ne le suis toujours pas d'ailleurs. Mais... la diplomatie n'a jamais été mon fort. Je ne savais pas comment le lui dire... comment le lui annoncer.

— Tu aurais perdu n'importe quelle femme de cette manière-là. Et elle aussi, tu as bien failli la perdre. Elle aurait mieux fait de partir dès ce moment-là, d'ailleurs. Au moins elle aurait gardé sa pleine intégrité. Mais tu n'as réalisé ton erreur que parce qu'après ce jour-là, elle t'a battu froid pendant des semaines. Sinon, tu n'aurais jamais réalisé qu'elle souffrait. Encore moins à quel point.


Le diable fait une pause. Siegfried se tait.


— Ce vœu de renoncer à la vie conjugale, tu l'as fait devant Dieu lui-même. À titre de sacrifice expiatoire, disais-tu. Encore un vœu, encore un engagement, encore une promesse... encore une parole.


Le diable sourit, de tous ses crocs.


— Mais au fond, il ne t'en coûtait pas alors autant que ce que l'on pourrait croire. Certains vœux sont faciles à tenir quand on n'est plus capable de rien, au physique comme au moral. Au fond, tu te reposais. Ces années d'abstinence t'ont surtout servi à reprendre des forces, et tes soi-disant sacrifices de pénitent ne t'ont peut-être pas rapporté la faveur de Dieu, mais ils t'ont reconstruit ta confiance en toi en tant qu'homme.


Sa voix commence à chantonner.


— Et dès que tu as repris suffisamment du poil de la bête, il a suffi que l'un de tes invités pose sur ta comtesse un regard inconvenant et déplacé pour qu'une fois encore, tu rompes ta parole et tes vœux – cette fois-ci vis-à-vis de Dieu.


Son ton redevient sévère.


— Ce qui était autrement grave.


Siegfried baisse la tête, ses épaules s'affaisent.


— Je m'en rendais bien compte. Je ne savais plus quoi faire.


Le diable se tourne à nouveau vers la droite et fait un pas.


— Ta confusion t'a rendu fou, ce qui n'a échappé à personne. Tu as assuré à ta femme que tu revenais à elle, tu lui en as donné ta parole, une fois encore.


Il jette à Siegfried un regard de biais.


— Mais c'est à ce moment-là que tu as commencé à la rendre responsable de ta situation vis-à-vis de Dieu. Une situation dont tu étais pourtant seul responsable.


Puis il regarde devant lui.


— Quand ton comportement est devenu tellement erratique que, ne sachant plus quoi faire ni à quelle puissance se vouer, elle est allée chercher de l'aide auprès de ton prieur, au lieu d'y voir une tentative de te venir en aide et une preuve de son amour pour toi, tu l'as accusée de trahison et tu l'as répudiée.


De nouveau, il jette à Siegfried un regard de biais.


— Tu as rompu ta parole envers elle pour la seconde fois.


Siegfried se tait.


Le diable regarde à nouveau devant lui et fait encore un pas.


— Après cela, évidemment, vos relations n'ont plus jamais été les mêmes. Votre mariage ne s'est jamais remis de ce dernier choc. À ce moment-là aussi, elle a pensé partir et aurait mieux fait de mettre cette idée à exécution. Ce qui l'en a empêchée, à ce moment-là comme dix ans plus tôt, c'étaient les enfants. Sans eux, tu l'aurais perdue, mais elle ne se serait pas retrouvée là où elle se trouve maintenant.


Il fait encore un pas.


— Mais pendant ce temps-là, ton imagination a commencé à te jouer des tours.


Il se tourne vers Siegfried.


— Et là, tu n'as rien trouvé de mieux à faire que briser les toutes premières promesses que tu lui avais faites, et de chercher à savoir ce qu'elle faisait de ses samedis qu'elle gardait pour elle seule.


Il garde un silence un peu plus long cette fois-ci.


— Mal vous en a pris, à tous les deux. À elle aussi, puisque si tu ignorais ce qu'elle était, c'était grâce à un sortilège qui la condamnait si sa véritable nature venait à être découverte. Toi, tu l'as perdue, et elle, elle a subi – et subit encore – la malédiction liée à son sortilège.


Il jette le menton en avant..


— Toute l'histoire de votre mariage se résume au fond à une histoire de vœux rompus et de promesses non tenues.


Il tend un doigt griffu vers Siegfried.


— Tu as rompu tes vœux de mariage, tu as rompu ton vœu d'abstinence, tu as rompu ton vœu de retour, et enfin, tu as rompu la promesse initiale qui était la condition même de ton mariage.


Sa voix enfle.


— Et le pire, c'est que quand tu l'as perdue, quand tu as découvert sa véritable identité, tout l'amour que tu avais pour elle et dont tu l'avais toujours assurée, tu l'as renié. Sans cesse, pendant toutes ces cinq dernières années.


Il se calme et ramène son membre supérieur le long du corps, puis commence à compter sur ses doigts.


— Résumons-nous donc. Vis-à-vis de ta femme, tu as manqué cinq fois à ta parole : à tes trois promesses préalables, puis une fois à tes vœux de mariage, et une fois à tes vœux de retour. Tu lui as failli une sixième fois en reniant ton amour. Vis-à-vis de Dieu, tu as manqué deux fois à ta parole : une fois à tes vœux de confirmation en t'adressant à moi, une fois à ton vœu d'abstinence en vue de ton rachat. Ça fait déjà huit fois au total. Vis-à-vis de moi, une fois – mais avec moi, une fois suffit – en faisant tout ton possible pour revenir sur notre contrat. Ce qui porte le total à neuf. Plus ce que nous ne prenons pas en compte et qui s'est passé pendant tes vingt-cinq premières années. Parce que tu n'avais à ce moment-là pas plus de raisons d'être fidèle à tes promesses et à tes serments que tu n'en as eu par la suite. Beau palmarès, non ?


Il laisse retomber ses membres supérieurs velus le long du corps.


— À chaque fois, tu es revenu sur tes promesses, sur tes vœux, tes engagements, tes serments, parce qu'être tenu par eux constituait un obstacle pour toi. Tu as juste écarté l'obstacle qui te dérangeait, pour pouvoir faire tranquillement ce qui t'arrangeait.


Il s'accroupit à son tour.


— Alors, je te le demande maintenant bien en face : où est ta parole, comte Siegfried ?


Siegfried s'affaisse, sa voix n'est qu'un souffle.


— Que voulais-tu donc que je fasse ? Je devais bien m'adapter aux circonstances. Elle non plus... elle non plus n'était pas innocente. Même si elle ne méritait pas...


Son visage se contracte et il ne termine pas sa phrase.


— Si elle ne méritait pas quoi ?


Siegfried reprend son souffle.


— Même si elle ne méritait pas... le sort... qui est le sien maintenant... et que tu m'as montré tout à l'heure.


Le diable se redresse, et son sourire s'étire largement.


— Ah, c'est dur de voir ce qui arrive concrètement quand on manque à sa parole, hein ? Mais ce qui fait toute la valeur d'une parole, c'est de la tenir dans l'épreuve, lorsque c'est difficile. Tout le monde tient sa parole aussi longtemps que c'est facile. On n'y a aucun mérite. Alors, je te le redemande, dis-le moi : où est ta parole, comte Siegfried ? quelle valeur a-t-elle ?


Siegfried se tait.


Le diable jette le menton en avant.


— Moi, je vais te dire quelle est la valeur de ta parole, puisque tu es évidemment trop honteux pour le dire toi-même. Ta parole, à tes yeux, c'est juste un outil pour t'attirer les faveurs d'autrui, mais ensuite un obstacle que tu tolères aussi longtemps qu'il ne te gêne pas – mais que tu te hâtes d'écarter une fois qu'il te gêne. Tu la tiens aussi longtemps qu'elle t'arrange, et tu reviens dessus une fois qu'elle te dérange. Voilà quelle est la valeur de la parole du comte Siegfried de Lucilinburhuc !


Cette fois, Siegfried est totalement effondré, la tête sur les genoux et le visage dans les mains.


Le diable se tourne vers la gauche.


— Cette pauvre Mélusine, elle au moins, elle a tenu parole. Elle a respecté ses vœux de mariage, elle. Elle est restée à tes côtés, même quand il lui en a coûté. Malgré le risque qu'elle courait chaque samedi que le Bon Dieu faisait. Enfin, le Bon Dieu... on se comprend.


Il fait un pas.


— Elle a passé vingt-cinq ans à vivre sur la corde raide, dans le danger permanent. Renoncer totalement à sa nature de sirène, c'était perdre toutes les grâces que tu aimais en elle. C'était ressembler à ta fille Ermentrude, pour te donner une idée. Devenir banale, ordinaire, inintéressante. Donc perdre ton intérêt pour elle et ton amour. Mais la maintenir, ce n'était pas seulement risquer de devenir... ce que tu as vu tout à l'heure, si elle était découverte. C'était se mettre en danger de mort à chaque naissance. Et c'était encore devoir jouer avec les sortilèges pour que vos enfants ne portent aucune trace de sa vraie nature, puisqu'ils devraient vivre parmi les humains. Et tout cela, elle l'a fait, consenti, supporté, enduré, en silence, sans se plaindre, en vivant entourée d'hostilité parmi les humains... parce qu'elle t'aimait. Elle est restée fidèle à ses vœux, même quand il lui en coûtait.


Il se tourne vers Siegfried.


— Et toi, à côté de cela, qu'as-tu fait ?... Qu'as-tu fait... sinon manquer à ta parole à répétition à chaque fois que ça t'arrangeait, et l'accuser d'être la cause de tes ennuis ? la grande tentatrice ? Puis la renier dès que tu as su ce qu'elle était ?


De nouveau, les larmes de Siegfried coulent librement sur ses joues et ses épaules sont secouées de sanglots.


Le diable secoue la tête.


— Non, mais avec tout cela, tu crois vraiment que Dieu te prendra encore dans son paradis ?... Non, mais que crois-tu qu'il pourrait bien faire d'un homme comme toi ? d'un homme qui renie sa parole à chaque fois qu'elle devient un peu difficile à tenir ?


Son maintien devient fixe et sévère.


— Le caractère d'un homme ne se voit pas dans les souffrances qu'il s'inflige volontairement, même si elles sont extrêmes. Ça, au fond, c'est du jeu. Celui qui s'inflige volontairement des souffrances est un tricheur et un menteur quand il prétend qu'elles sont expiatoires : en réalité, il connaît ses propres limites, et même s'il cherche à les repousser, il évite tout de même de les dépasser. Ou en tout cas pas de trop loin. Au fond de lui, il veut surtout se prouver à lui-même ce qu'il est capable de supporter. Mais ce n'est qu'un exercice. C'est du jeu, pas une véritable épreuve ni une preuve de caractère.


Il s'interrompt un instant, histoire de souligner ce qu'il se prépare à dire.


— Là où se voit vraiment le caractère d'un homme, c'est dans sa capacité à tenir le cap et à protéger les siens quand le chemin devient rude et que les tempêtes s'annoncent.


Il pointe vers Siegfried un doigt griffu.


— Tu as souvent dit que tu aimais ta femme, mais quand l'as-tu protégée ? En fait, tu l'as surtout exposée. Quand as-tu maintenu le cap dans tout ce que tu entreprenais ? Tu en as changé à chaque fois que ça t'arrangeait.


Il laisse retomber son membre supérieur.


— Non mais vraiment, qu'est-ce que Dieu pourrait bien faire de toi ?...


Épisode 129 : Départ


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