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Deuxième année : écouter
Fiction
Romance
calendar Published Jul 16, 2026
calendar Updated Jul 16, 2026
time min
Creative Transparency Label
All audiences
Image / Human image
Text / Human creation

Deuxième année : écouter

Ma deuxième année prend la forme d’une oreille, l'ouïe en éveil, à l’écoute de tout ce que je peux entendre.


L'école de sage-femme fonctionne comme une ruche où les élèves doivent se montrer hyperactives. S'entendre n'est pas une option mais une nécessité : en milieu hostile, l'union fait la force. Les apprentissages se transmettent entre élèves, pour chaque niveau d’étude un rôle de formation auprès des suivantes. Comme dans toute ruche, certaines disparaissent d'épuisement ou plutôt ici d'acharnement et la ruche continue à fonctionner.


S'adapter à l'institution hospitalière me demande des efforts permanents. Acquérir des compétences, intégrer des savoirs, sans devenir et se comporter comme la plupart de ces professionnels qui sont méchants, insultants, supérieurs, parfois pervers, me demande de faire preuve d'une distanciation physique et intellectuelle pas toujours facile à maintenir.

Me comporter en manquant d’humanité ne me correspond pas du tout. Il faut "rentrer dans le moule sans devenir tarte". Je dois me laisser imprégner des bons comportements en ayant conscience des mauvais pour préserver mon humanité intérieure.


Cela me demande de l'énergie, alors je mets de la distance dans mes relations, ne rien mélanger, laisser de l’espace entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle.

Comment se comporter ? Qui fréquenter ?

Rire aux blagues douteuses, voire lubriques, d'un médecin en train de pratiquer une intervention gynécologique m’est pénible.

Créer une haie d'honneur lors de la visite du chef de service pour sa visite de fin de semaine, ressentir la honte et la gêne d'une patiente à entendre son statut médical développé devant les étudiants, tout cela m’indispose.

Faire le tour des chambres à sept heures, contrôler les constantes des patientes : pouls, tension, température, changer les redons, vider les bocaux d'urine, entendre leur douleur, promettre de revenir avec un médicament et ne jamais réussir à le faire. Je me vois comme un robot déshumanisé. Je n'ai pas d'admiration pour les professionnels que je fréquente. Personne ne se rebelle, tout semble dans l'ordre des choses de l’organisation hospitalière.


Plus tôt on termine les soins du matin, plus tôt l'armoire à pharmacie est verrouillée et plus tôt les sages-femmes peuvent aller boire le café. La rapidité est le respect assuré.

Discrète et efficace, voilà ce qui revient le plus souvent sur mes rapports de stage. Je me fais oublier en apprenant mon métier.


Tout apprentissage se paye comme un dû, pratiquer un accouchement plus que tout autre. Si celui-ci a lieu le matin en fin de garde, il faut oublier l’heure et le temps. Les papiers, le nettoyage des plans de travail, le matériel à laver, à ranger, il faut tout assurer, personne pour prendre le relais. Ça se mérite !


Mes parents et ma sœur m'attendent parfois sur le parking, pour rentrer après une série de garde, je les rejoins souvent avec plus de deux heures de retard, pour m'endormir, épuisée, dans la voiture, ils restent très patients et compréhensifs.

Le métier est dur, par son rythme, par l’intensité des gardes, par l’état émotionnel qu’entrainent certaines situations, par l’incertitude et l’ironie du sort.


Pourtant, c’est l’ambiance de travail qui pour moi est le plus délétère, elle plombe l’ambiance de ma vie professionnelle. J'ai rapidement su que je ne serais pas sage-femme toute ma vie.

Les stages se succèdent, les heures de cours, les nuits, nous avons le droit de manquer les cours le lendemain d'une nuit mais il faut les rattraper, pas de temps mort. Mes études continuent d’occuper tout mon temps, avec des résultats moyens.


Heureusement, le week-end, retour au "bercail". Mon bonheur réside dans la maison de mes parents, loin du tumulte de l'hôpital, au milieu des sapins. En deux jours, je dors mieux qu'en une semaine en ville, je me ressource. Les couleurs de ma région, le ciel bleu franc, le vert sombre et clair, le blanc, sont revigorantes, je ne peux pas m’en passer, hors de question de ne pas rentrer. Je réussis à faire un peu de ski, sortie de ma léthargie et de ma fatigue par mon père et Sidonie.

"Allez, viens profiter", me lancent-ils.

Et je me traîne sur les skis, vidée par mes semaines d'étude. Parfois, ma fatigue a raison de leurs encouragements et je reste à la maison, exténuée, à devoir terminer un travail.


La deuxième année est synonyme de stages plus fréquents en dehors de l'enceinte de la maternité. Cela m’éloigne de l'ambiance confinée des sages-femmes caractérielles qui font la pluie et le beau temps en fonction de leurs humeurs et qui restent toujours difficiles à supporter.


De nouveaux horizons s'ouvrent à moi : des stages en crèche, en néonatologie, en protection maternelle et infantile où je rencontre des professionnels ravis de transmettre leurs savoirs.

Les tâches les plus ingrates reviennent maintenant aux élèves de première année. Moins de brancards à pousser, moins de vaisselle à nettoyer, moins de bocaux d'urines à changer.Les gestes techniques et les médicaments à administrer deviennent plus intéressants à gérer.


Pour soulager les premières années, je porte encore, quand cela est possible les prélèvements au laboratoire. Pour cela, il faut descendre au sous-sol par un escalier froid ouvert au vent, mieux vaut ne pas oublier son gilet, exceptionnellement autorisé pour cette échappée.

S'ensuit une marche extrêmement rapide le long d'un trottoir sous des arcades étroites, avant de rejoindre un autre vieux bâtiment en pierre. Le sol est usé des milliers de passage, la pierre incurvée brille à force d'être lissée par les multiples semelles. Mon passage préféré est celui vers la chapelle, où quelques bougies réchauffent l'atmosphère et où parfois des gens prient dans une ambiance sereine. Même si je ne crois pas en Dieu, je prends les bonnes ondes au passage pour contrer les ondes négatives du service.


Le laboratoire ne présente aucun intérêt, une porte s'ouvre lorsqu’on actionne la sonnette et sans identifier personne, une main récupère les sacs de prélèvements. Cette petite promenade me divertit en journée mais elle devient lugubre dès la tombée de la nuit ; le summum est atteint quand le trajet doit se faire au milieu de la nuit. Là, tout est inquiétant. Les ombres, les craquements, les rencontres, la vigilance est extrême, la rapidité et la discrétion d'un fantôme sont de mises.


L'âge des professeurs se rajeunit, des internes font cours, malgré leur sérieux, l'ambiance est plus détendue avec même quelques blagues selon les sujets.

Le rythme est pris, échapper à la foudre se fait plus naturellement.

Plus l'autonomie se développe, plus la paix s'installe, sauf avec les cas de personnes sujettes à perturbation psychiatrique, qui réservent toujours des surprises, la chance ou pas du planning.

Les compétences se développant, la conscience de l'incompétence de certains apparaît, et là il faut redoubler d'effort pour ne froisser personne et travailler convenablement.


Gabriel m’écrit de l’armée, je deviens une sorte de correspondante de guerre, sans la guerre, mais tout de même celle-ci est simulée lors de ses exercices d’entrainements.

Cet hiver, Hector a réussi ses examens de moniteur de ski, il m’a envoyé une carte avec deux marmottes qui font du ski. Elle est mignonne.


Certaines nuits de garde sont plus tranquilles, alors on remplit les réserves pour le lendemain, la semaine, le mois. Parfois, le temps des confidences s’instaure et celles-ci sont parfois surprenantes.


Ce soir, pas d'entrée de patiente, pas d'accouchement en cours, une "césarienne" à surveiller toutes les heures, le service est calme. Pour une fois, nous sommes trois élèves. Les promotions suivantes sont plus nombreuses que nous, on gagne des bras !

Nous emballons des protections hygiéniques par paquet de quatre, que nous disposons dans le chariot qui ira le lendemain en stérilisation. Il faut s'occuper toute la nuit, être surprise à ne rien faire n'est pas concevable.

L’élève troisième année rit en parlant de sa grand-mère, devenue veuve après le décès de son jeune mari à la guerre, elle raconte à sa petite-fille :

"Heureusement qu'il est mort, sinon j'aurais été malheureuse toute ma vie..."

Les affres du mariage !

Et l’élève première année de nous raconter son parcours et son objectif en intégrant l'école de sage-femme, un seul but l’anime : épouser un médecin.

Mes principes et moi sommes abasourdis.


Les bruits de couloir racontent que ses charmes ont été redoutables, car dès la deuxième année, elle s'est installée avec un professeur du service. Contraint de demander le divorce après que sa femme fut informée de leur liaison, ce qui n'est pas courant puisque la plupart de ces joyeux lurons trompent sans jamais divorcer. L’idylle durera le temps des études de la demoiselle, qui probablement avait un nouvel objectif à poursuivre, un peu moins "mûr".


Mon statut de deuxième année me permet de gérer les nouvelles entrées seules.

Ce jour-là, en fin d’après-midi, je descends chercher une "gamine" de mon âge, je me trouve si peu mature pour accéder à la maternité, mais son parcours est bien différent du mien.

Elle porte le prénom d'Adda, comme la rivière dont la course se termine dans le lac de Côme, un palindrome, comme sa vie pour laquelle elle a du mal à trouver le sens.

Passée son identification, ses coordonnées deviennent déjà compliquées à compléter. Elle n'a pas de logement, elle vit dans la rue depuis quelques jours, sa famille l’a jetée dehors. À l'écoute, en l'interrogeant, les confidences se font naturellement. Une scolarité cahin-caha faite d'humiliations et de sévices de la part des autres enfants. Elle n’a pas été une élève assidue.

C'est sa troisième grossesse. Lors de sa première grossesse, elle a eu recours à une interruption volontaire de grossesse. Lors de la seconde, elle a dépassé les dates légales françaises et a dû avorter à l'étranger. Cette troisième grossesse se termine dans la rue.


Le père ? Une rencontre d'une soirée. À la recherche permanente d’un peu d’amour, il y a souvent méprise sur les sentiments et les intentions. Son immaturité émotionnelle tranche avec sa clairvoyance sur sa situation, elle se sent incapable et dans l’impossibilité de s'occuper de l'enfant à venir, elle a besoin d'aide. Elle est à quelques jours du terme de la grossesse mais l'accouchement n'est pas imminent.


Prise dans le quotidien de mes études et étant devenue un peu hermétique aux situations que je rencontre, sa situation ne m'émeut pas plus que ça. Je fais les examens de contrôle, tout est normal, je peux la rassurer mais la sage-femme ne peut donc pas l'hospitaliser.

À cause de sa situation sociale particulière, la sage-femme passe quelques appels téléphoniques : assistante sociale, associations, elle finit par lui trouver une place dans un foyer de femmes à quelques kilomètres de la maternité.


Terminant ma garde, je suis surprise quand la sage-femme me demande si je peux la déposer :

"Vu l'heure, la nuit tombe et son état..."

Ce détour ne m'enchante guère. J'ai juste envie de rentrer chez moi. Je me sens contrainte d'accepter.

Je retourne dans la salle d’examen pour l’informer que je vais l’accompagner. Elle semble soulagée que je m’occupe d’elle.

Je récupère mes affaires au vestiaire et reviens la chercher. Sa démarche est lente avec sa fin de grossesse et dormir dans un foyer ne la motive guère. Dans la voiture, je repère l'adresse sur mon plan, c'est plutôt facile à trouver.

Le temps du trajet, elle m'exprime tous ses doutes, ses inquiétudes à rejoindre cet endroit. Comment tout cela va-t-il se passer ?

Je ne sais que lui répondre. En même temps, au vu de sa situation, elle n'a pas d'autre choix. Pour la rassurer, je lui dis que quelqu'un va sûrement s'occuper d'elle, je ne trouve rien d’autre à dire.

Je la dépose sur le trottoir, la porte est juste en face, à trois pas. Elle sort avec son sac trop grand pour ses affaires. Je lui fais un signe de la main et pars quand elle pénètre à l’intérieur du bâtiment. Adda vient d’entrer dans ma vie.


Le papier quadrillé vert et blanc se déroule lentement, les chiffres apparaissent régulièrement sur l’écran, le rythme des battements de cœur s'affiche, ils sont saccadés entre 125 et 140 battements par minutes, parfois le rythme est plus lent entre 115 et 120 puis il s'accélère de nouveau jusqu'à 140, avec parfois une pointe à 150 battements par minutes, tout est normal.


Adda est arrivée cet après-midi. Les premières contractions douloureuses se sont fait sentir en fin de matinée, elle a pris une douche et elle a prévenu une personne du centre d’hébergement. C’est un monsieur dans une voiture de service, pas très rassuré, qui l'a déposée à la maternité.

Adda a pris sa décision, elle ne gardera pas l'enfant. C'est une fille, elle ne lui souhaite pas le même parcours qu’elle, elle veut lui donner une autre chance, qu’elle ait une autre vie.


Les services sociaux sont prévenus, une puéricultrice viendra chercher le nouveau-né. C’est l’assistante sociale qui lui a parlé de cette possibilité, elle accouchera sous X.

Les contractions se sont intensifiées, je suis de garde cette nuit. Nous nous sommes reconnues immédiatement.

J’ai vu son nom sur le dossier du bureau en arrivant et l’ayant déjà prise en charge, ma collègue m’a logiquement laissée la suivre. Je connais son histoire.

Quand j’entre dans la chambre, on se salue et elle me dit juste :

"Je suis contente que ce soit vous". Je lui souris.

Je lui demande comment les choses se sont passées au centre d’hébergement.

Elle a dormi dans une chambre de quatre personnes, plus âgées, une seule s’est intéressée à elle et lui a posé des questions. Elle retournera là-bas après l’accouchement, l’assistante sociale va l’aider à trouver un travail.

Les contractions sont régulières et s’intensifient, maintenant cela change le rythme de ses respirations. Elle accepte d'être soulagée par une péridurale. Après avoir appelé l’anesthésiste, je prépare le matériel, le kit prêt à l’emploi, les masques et les gants que l'on ajoute.

J'accélère la perfusion pour éviter l'hypotension. L'anesthésiste lui parle à peine en entrant dans la salle, je la guide pour l’installation. L’anesthésiste a des gestes précis, Adda fait le dos rond entre deux contractions, ses pieds posés sur le tabouret tremblent un peu.


Le médecin pique et introduit le long et fin cathéter, il contrôle son injection, pose la seringue sur le champ stérile, il scotche les fils sur son dos. Les contractions lui font encore se mordre l’intérieur des joues. Elle se rallonge, bientôt les contractions seront moins fortes.

La nuit est plutôt calme, le travail est lent, le silence un peu pesant. Adda n'a rien apporté pour le bébé, juste un mot griffonné sur un papier volant pour expliquer sa situation et sa décision qui sera glissé dans le dossier.

Les contractions ont retrouvé leur régularité après la péridurale, elles font des montagnes toutes les trois minutes sur le papier d’enregistrement. Je reste près d’elle. La nuit se fait moins noire, mais le jour n'est pas encore levé. Le travail est assez rapide, quelques heures plus tard c’est le moment de l’installer pour l’accouchement.

Adda pousse à la demande de la sage-femme, on sent sa volonté d’en finir, de se libérer, quand le bébé sort je contrôle l’expulsion de la tête, puis des épaules, tout se passe bien, c'est un soulagement, une mission accomplie.

Le nouveau-né est recouvert de liquide amniotique, je l'essuie, c'est une mignonne petite fille, Adda ne veut pas la voir. Je l'emmène faire les premiers contrôles sous la lampe chauffante, ses jambes remontent sur son torse, elle est plutôt tranquille. Après l'avoir pesée et mesurée, je l'habille avec un body, un pyjama blanc et une brassière de l'hôpital. Un bonnet fabriqué maison lui couvre la tête.

La délivrance s'est bien passée, Adda veut maintenant voir sa fille ; finalement elle lui donne un prénom que j'inscris sur le bracelet, Joy, avec la date et l'heure de naissance. Adda ne la regarde pas longtemps, son doigt effleure à peine sa joue, c'est comme une prière muette pour un avenir meilleur.

L'auxiliaire de puériculture du service vient la chercher dans son berceau, elle dormira à la pouponnière.


Adda passe les deux heures suivantes en silence. Je la prépare pour descendre dans une chambre, elle est épuisée, des larmes coulent lentement sur ses joues. L'équipe de jour va prendre la relève, il faut remplir le dossier, les déclarations et les documents administratifs.

Elle me demande si je serai là la nuit suivante, je lui confirme ma présence, je la quitte en promettant de passer la voir.


Nous sommes le trente et un mars, quand je sors il pleut, une pluie fine qui mouille rapidement. Je lève mon visage vers le ciel et laisse couler la pluie sur mon front, mes yeux, mes joues, j'entrouvre les lèvres pour boire la pluie.

C'est comme si le ciel lavait ma peine et ma fatigue, au lieu du silence j’ai mal à la tête. L'énorme vacarme de la colère cogne dans mes oreilles. Je suis triste, tellement triste que des décisions pareilles doivent être prises. J'ai sommeil, je veux arrêter de penser. Ce n'est pas mon histoire.

Dans la rue, la vie quotidienne reprend, les bus circulent, les gens partent au travail, les retardataires rejoignent leur lycée. Je vais aller dormir, inutile de réfléchir avec la fatigue, je verrai les choses autrement demain.

Une boutique à la sortie de l'hôpital vend des peluches, je choisis un ourson aux couleurs douces et pâles. Je le laisserai à Joy ce soir.


Ma deuxième année se termine comme la première, avec des résultats limites, mais mon passage est acté, la porte pour la troisième année s’ouvre.

Maintenant, je connais tout ce qui concerne la grossesse physiologique, l’année prochaine nous étudierons toutes les pathologies de la grossesse.


Cette année, j’ai vingt ans, pas de grande fête. Chez ma grand-mère Gil, on partage un gâteau de la pâtisserie, mes cousines, mon oncle et ma tante sont présents. Ils sont contents pour moi, je suis l’aînée de la famille, souffler les vingt bougies marque aussi le temps de l’histoire familiale.

Gil m’offre une petite montre à gousset que j’ai choisie, elle est dans un écrin gris qui se ferme par un lacet, un paysage de fleurs séchées orne le dos, je pourrai la porter accrochée à ma blouse.

Finalement, elle est trop précieuse, je ne la mettrai pas au travail.


Je suis habituée aux vacances raccourcies, ce n’est pas très grave.

Je pars une nouvelle fois en vacances avec mes parents, un agréable moment de répit, en caravane direction le sud ou plutôt le sud-ouest et le pays basque.

Cette année, Biarritz est le cœur d’un concours de feux d’artifices, chaque soir la foule s’amasse pour voir les différents pays s’affronter. Les gerbes qui explosent au-dessus de la mer sont plus magnifiques les unes que les autres. Le spectacle est féérique.

Un vendeur de fruits et légumes est charmant, Sidonie et moi descendons faire les courses jusqu’au bord de la mer. Nous assistons à un concours de vachettes, de pelote basque et à une corrida.

Un film de surf sur grand écran occupe une après-midi pluvieuse, la musique nous résonne encore dans les oreilles à la sortie, nous mangeons une glace le long de la plage. Tous les déchets d’Espagne sont venus s’échouer sur la plage d’Hendaye, c’est impressionnant.

Heureusement, le lendemain la nature est encore éclatante, le soleil est revenu, nous gravissons La Rhune avec le train à crémaillère, la vue au sommet est magnifique.

Nous terminons notre séjour de manière plus poétique en visitant la maison d'Edmond Rostand, "l'Arnaga". Sur une plaque de pierre, quelques lignes nous informent :


"Toi qui viens partager notre lumière blonde

Et t'asseoir au festin des horizons changeants,

N'entre qu'avec ton cœur, n'apporte rien du monde,

Et ne raconte pas ce que disent les gens."

Edmond Rostand

La phrase touche mon cœur.

Je m'achète un chapeau espagnol rouge, nos pantalons sont colorés, c’est le style africain avec la chanson de Johnny Clegg, Asimbonanga.


Et c’est de nouveau la rentrée ; si Rose avait suivi le cycle normal de ses études, elle aurait terminé cette année. Mais Rose est acceptée pour recommencer sa seconde année de BTS, c’est son choix.

Pas de changement pour nous, la colocation à trois se passe bien, nous poursuivons ainsi.


Intellectual property & credits
© Cover Image Les battements de coeur
© Author's name / pen name Adélice Bise

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