Palabre fragmenté
Le socle de tout ce qui est
Se fissure dans une dilatation
Où le poète se met à rêver
Hors d'un quartier de venaison
Sous ses rides en fenaison
Suintant d'un monde argenté
Au palabre fragmenté
Et paré d'un cilice aux saisons
Traversées par la vaine déraison
D'un langage de cuivre abstrait
Qui respire lentement les rouvres
Et la lumière de quelques portraits
Où se couche ce que l'on entrouvre
Comme le limon et la rosée
Et adieu les cothurnes que l'aube couve!
Le monde respire dans ses habits
De noces une violente prosodie
Où l'éphémère selon son acabit
Effleure la licencieuse monodie
Où l'harmonie s'étreint dans les brouillards
Et revit les mêmes cauchemars...
Nous suivons tous la ladre panoplie
Comme un doux velours qui ceint la nuit.
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