Canicule...
Ou l'épopée de Rahul et Victor
Ainsi, je préférerais commencer :
Par une belle nuit d’été étoilée,
Comme dans un conte de fées
Mais ce n’était pas vraiment ça
Laissons tomber pour cette fois
Reprenons sans peur du ridicule :
Par une lourde nuit de canicule,
De celles où l’on est minuscule
Face au mercure qui bouscule,
Je discutais dans le vestibule
Avec mon voisin poète — Rahul
Tous deux en quête de fraîcheur
Nous partagions nos malheurs
Et plus encore — le même enfer
Plus de bière dans le frigidaire !
Au bout d’une bonne demi-heure,
Il me lança :
Allons bon, mon cher Victor,
Quittons donc cette demeure.
Peut-être qu’au bar de la dune
Nous trouverons bonne fortune.
Ça vous paraîtra peut-être idiot,
Je n’ai rien trouvé que ces mots :
Belle idée Rahul — Allez Hu… Go !
J’avoue que je l’aime bien celle-là,
Avec mon prénom… bon, j’arrête là.
Et nous voici donc ainsi partis
À travers les ruelles endormies.
Chemin faisant, Rahul fit une pause,
Victor, asseyons-nous ici un instant,
Il faut vraiment que je me repose.
Nous étions place Guy de Maupassant.
Peut-être une inspiration soudaine ?
Assis sur le banc sous les platanes,
Éternel disciple de Paul Verlaine,
Rahul captait le moindre fil d’Ariane.
Mais il ne fut point question de prose
Il me regardait : il faut que je te cause :
Mon devenir post-mortem me hantait.
Avoir vécu en poète libre comme l’air
Et finir dévoré par une bande de vers !
Même pour un Goncourt, je ne l’accepterais
J’ai choisi de confier mon âme aux flammes
Autrement dit, incinérer, tel est le programme.
Bien loin du bar de la dune et de ses bières,
Rahul, lui, me parlait de sa mise en bière…
Drôle de manière de rafraîchir l’atmosphère.
Devant mon air quelque peu dubitatif
Il poursuivit en triturant une mèche de tifs :
Mais je ne suis pas né de la pluie d’hier
— Ça fait plus d’un mois qu’est tombée la dernière —
Et vu ces températures caniculaires
Je suis convaincu qu’on va finir grillé…
Alors, à quoi bon continuer de payer ?
Pour mettre fin à ce foutu dilemme
Je suis allé chez « une fin qu’on aime »
Agence réputée de pompes funèbres
J’ai dit à mon conseiller, drôle de zèbre :
Je ne vous verserai plus un kopeck
Remballez votre contrat obsèques !
Qu’en penses-tu mon cher Victor ?
Surtout, dis-moi si j’ai eu tort.
Euh… je pense surtout en voyant l’heure
À mon gosier sec comme un rat mort
Et au bar de la dune, on n’y est pas encore !
Au secours chères belles nuits étoilées,
Là-bas on finit tout de même par arriver
Mais l’établissement était déjà fermé
Sur la porte, un panneau pour expliquer :
Les températures dantesques ont eu raison
Des chambres froides et du patron.
Nous sommes fermés pour cause de décès.
Une nuit de canicule loin d’un conte de fées…
PascalN ©
« Chroniques d’un pas de côté »
Note d’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN », est l’auteur et seul propriétaire de ce texte « humanuscrit » et de tous les droits qui en résultent. Il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence Panodyssey qui accompagne ce texte. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont été utilisées uniquement pour effectuer des corrections d’orthographe, de grammaire et de typographie.
Photo de Krzysztof Kowaliksur Unsplash
non-commercial use only
Article 1 — Les écrits de PascalN ne sont ni en libre-service, ni en libre pâture.
Article 2 — Toute tentative d’ingestion, de recyclage ou de pillage — poétique ou non — expose le contrevenant au risque de se frotter à un humain déterminé à se faire respecter.
Article 3 — Sans le grisbi, circulez : il n’y a rien à vectoriser.
Article 4 — En cas de doute, relire les articles 1, 2 et 3 jusqu’à illumination.
Fin de transmission.
Contribute
You can support your favorite writers


Comment (1)
Jackie H 1 hour ago
J'ai beaucoup aimé vos rimes, votre rythme, et votre ton décalé !