Congratulations! Your support has been successfully sent to the author
avatar
Acte I Scène 3

Acte I Scène 3

Published Jan 25, 2026 Updated Jan 25, 2026 Poetry and Songs
time 23 min
0
Love
0
Solidarity
0
Wow
thumb 0 comments
lecture 0 readings
0
reactions

Acte I Scène 3


”Maudits” proférait Jacques de Molay au front

Des rois mortels. Moi, je le crie pour l’abandon 395

Des hommes, des cieux, pour la mort des idéaux,

La fin de la sagesse et la laideur des mots,

Aux vœux de n´néant, à la santé de l’utile

Au trône du moi, exalté, morne et puérile

Sur nos crânes baissés n’ayant que notre image 400

Pour unique voie, pour unique paysage

Et des flots incessants, lourds, blêmes, enfantins

Pour nos lèvres couvrir des douceurs d’un embrun.

Ah ! Les yeux ´égarés sur de lourdes raideurs

´Etouffés de confort, effrayés du labeur 405

Ils crient au rien, abrutis et privés

De sentir, de penser, de guérir ou d’aimer

Parmi les enseignes colorées du destin.

Comment ? grandir, vieillir pour passer son chemin

Ne garder point d’amour et détester les hommes, 410

N’être qu’un besoin cru, qu’un idiot en somme

Pour mieux vomir encor, jouir, hurler ou craindre

Est-ce ainsi, donc, pour vous, que chacun doit se peindre ?

Vous soufflez des longueurs mais n’en cueillez le fruit

Mutilant des pensées pour détruire la vie. 415

Oh non, votre bonheur, votre science bafouée,

Vos ivresses, vos arts, vos rires, vos baisers

Vos grandeurs, vos familles et vos religions

N’ont de vérité que la perversion

Et honteuse, à jamais, la raison abandonne 420

Meurtrie, tuméfiée, ses fils qui l’empoisonnent.

Dois-je donc accepter, accablé d’un sourire

Que marchent sur mes vœux les légions d’un empire ?

Ces bataillons d’idées, à la traîne de fange

Leurs nuques distordues pour un baiser étrange 425

Me faut-il les tenir, les serrer, les comprendre

Et faire de mon humanité un tas de cendres

M’accrocher à la hart, périr en équilibre

Et attendre la chute, afin, oh, d’être libre ?

Me faut-il ignorer ce que je tiens pour vrai 430

Si fermement que mon esprit devient violet

Et fond et se dilue dans la cire nacrée

Coulant du feu abscons de ce cierge éthéré ?

Cette angoisse crue, cette incandescente peur

Qui trace sous mes yeux des fragments de l’horreur, 435

(Oui, fragments seulement, car non, nul n’imagine

Que des crimes abstraits, des douleurs orphelines

Des visages floutés à la place des corps

Et des chiffres muets pour figurer les morts),

D’une reine brisée à chercher l’oxygène 440

Et n’aspire dans l’air que l’ombre du graphène

Et sa peau décharnée, la dartre sur ses flancs

Qui crachent des lambeaux emportés par le vent ?

Et son sang moribond, plein de songes obscurs

Dans ses veines draguant le strident des saumures, 445

Et ses cheveux épars, gris, naguère si beaux

Qui claquent sur son front comme un morne drapeau

Vidant son crâne blanc, par leurs tombes stériles,

Et ses yeux, et ses reins, et ses rondeurs fertiles

Devenues maintenant désert, marasme et nuit, 450

Une terre sanglante, une vallée sans pli,

Cette reine debout à l’amour torturé

Où tout, un jour fut précieux, où tout est souillé ?

Les yeux vers des cieux plus beaux, blasée et meurtrie

Elle frappe d’un pas un horizon de pluie 455

Déferlant sur ses pieds et cette laideur nue

Qui hante les cerveaux et recouvre les rues.

Un univers brûlant dévore ses pensées

Un lieu d’angoisse, de cris, de fragilité

Qui tient place de vie, de gloire et de linceul 460

Et sa course pressée ne tend que vers le deuil.

Oh marche jeunesse, à l’éclat de tes mystères

L’espoir est dans le vent et les pleurs à la Terre,

Marche, s’il faut, debout, une vertu au cœur

Déchirer dans ta course un avenir d’horreur 465

Et rendre aux coupables, aux frêles victimes

Les leçons d’un honneur et d’un courage sublimes.

Puisqu’il faut tout détruire, écroule donc ces murs

Qui torturent l’oiseau et ferment l’écriture

Élimine les noms, mais garde les visages 470

Renversant les dieux, jure d’aimer dans ta rage !

Les haleurs du cœur ne seront l’Ignorance

La Douleur et la Mort, la Haine et la Vengeance,

Mais les lieux de l’esprit et les lieux de la chair

Puisant dans la liberté l’autorité suprême, 475

Flairant sur un autel l’odeur des chrysanthèmes

Que déposent en nous les forces d’un vestige

Les gloires d’un trait et le verbe d’un vertige.

Nous ferons des jardins, aux fraîcheurs de la pluie

Des larmes, des rosées au début de la nuit 480

Pour abreuver la Terre et là, bénir l’aurore,

Étreindre nos effrois et entendre les morts.

Il est des saisons sans fin, qui enflent les cœurs

Et des amours fous à s’éteindre de douleur ;

Il est des sabliers qui passent impassibles 485

Et des yeux qui cherchent un abri invisible,

Des mains nues sans douceur qui déchirent une peau,

Des calleuses idées qui flattent nos héros,

Il est des regards fuis, des moineaux sur les cimes,

Il est une humanité au cœur de l’intime. 490

Et nous, fils du soleil et d’un siècle à genoux

Nous, oiseaux sans augure, étincelants de boue

Épris de vérité, nos muscles trembleront

Pour faire de la Beauté l’unique horizon ;

Non des spéculations, toujours, sur des blessures 495

Des supériorités livrées mais sans dorure

Mais ce lieu puissant, ce regard infini

Pour être à jamais, l’hymen des yeux attendris.

Nous serons des penseurs, du passé les prophètes

Clamant que chaque époque connut sa tempête 500

Mais conscients, tristes, au regard de la nôtre

Que ces cieux troublés, non, n’en valent pas d’autres

Puisque tout s’effondre et qu’il n’est qu’un vœu à faire :

Que nos luttes soient les pires, pas les dernières.

Mais il est des murs qu’un cœur ne sait plus gravir 505

Et des chemins qu’un mot ne peut plus parcourir

Quand ils ne sont de chair mais produits d’irréel

Qu’ils font mentir Ovide à ne plus voir le ciel.

Ce ciel, cette immensité maintenant vaincue

Puisqu’il brille moins d’astres que de détritus, 510

Lui, cette toile bleutée, qui devient abîme

Tant il semble crier la laideur de nos crimes,

L’as-tu touché, une fois, sans arme ni peur

Lui, aux jours brûlants et aux nuits de noirceur

Qui fut pourtant baiser, danse, chant, voix et âme, 515

Pour le sentir gémir sous l’horreur de vos flammes ?

Car rien ne résiste aux dos courbés sans fin

Et au monde hideux, tenu entre tes mains !

Va chercher, si tu veux, au profond des virtuels

Un avenir perdu, chargé d’artificiels 520

Une route t’emmène au loin de l’Atlantique

Puisqu’il n’est plus d’eau qui ne supporte un plastique.

Va, le fruit du labeur, écrire sur une plage

Ces mots trop usités que balayera l’orage,

Ces mots d’amants, clamés, sans un amour profond, 525

Mais si d’aucuns l’ont fait, d’autres le feront.

”Les pensées reculent quand les marées s’en viennent”

S’il fallait commenter l’horreur de cette peine

Cette larme qui se tient là, pour un regard

Un peu d’amour voulu, demandé au hasard. 530

Puis, quand viendra à toi, et ta marche rapide

Notre monde fini, le silence et le vide

Quand tout s’effondrera, l’individualité

Saura vivre des peurs de la communauté.

Et loin des bras tannés, loin des grands fronts d’airain 535

Loin des amours perdus des plaines de Verdun

Loin de mon cœur qui bat et crie comme un tambour

Ces perles de tendresse aux parfums de velours,

Il restera dans l’air, disséqué par l’étude

La tristesse de nos fleurs sur des solitudes. 540

Dussiez-vous d’un futur ignorer la conscience

Il n’est d’homme sans temps, de raison sans souffrance,

Dussiez-vous avancer, forcer l’être à la mort

La fin des esprits devance celle du corps

Et rien n’excusera vos troupes sans révolte 545

Incapable foule d’assurer la récolte,

Et j’ai perçu, parfois, au secret de la nuit

Un châtiment pour l’abandon des poésies.

Car, chaque chair meurtrie, chaque frère battu,

Chaque réel trahi et chaque mot perdu 550

Sont autant de croix, de pieux comme des morsures

Sur l’épaule à vif qui soutient votre nature.

Ce gigantesque Atlas, blotti dans les papilles

Ne chérissant que la voix d’une âme qui brille

N’a qu’un ciel de son, de paroles, qu’une toile 555

Où d’immenses couleurs font office d’étoiles

Et sans dieu, sans faute, a choisi l’humanité

Dans son unique expression : la libre Beauté.

Mais quand les voix sont crues, évidées de leurs sens

Quand les peuples n’ont de glorieux que la souffrance 560

Vaniteuse, affichée, brandie comme un poème

Sans comprendre pourtant le noir des chrysanthèmes,

Quand la grandeur n’est qu’ombre et le rire sacré,

Qu’il n’est plus que le bruit des bouches décharnées

D’une ironie féroce aux tendresses du sage, 565

À ces ailes tendues des oiseaux de passage,

Notre Atlas infléchi lutte contre le mot

De rendre aux gravités ce qui devient fardeau.

Ce mot malheureux, grimé par de mornes vers,

Dessiné par l’absence, aux nues sur la Terre, 570

De ce qui nous fut beau, de ce qui nous fut bon

N’est que le poids visqueux d’une putréfaction :

Celle de nos printemps, brûlés dans nos entrailles

Ces soldats oubliés sur le champ de bataille.

Oh pourtant, que d’espoir ont fait du tableau long 575

Un rêve d’infini, que des mains sans soupçon

Ont tiré un fil d’or sur la tapisserie

Pour voir sourdre un motif au travers de l’ennui.

Mais l’histoire s’énonce au creux de l’énergie

Et des monstres noirs ont reçu notre génie, 580

Sans appas, sans armée, mais la voix des promesses

De ces discours en peine au parfum des largesses ;

Sans conquête mais loin des ornements subtils

Qui font d’une idée l’œuvre et l’amour d’un idylle

Au profit (Oh, que l’échange fut misérable) 585

D’une grossière maille aux nœuds inextricables

Et des pesants retours, des cerveaux en miroir.

Quand tout revient `a soi, l’aurore devient soir.

Et tout s’éteint, tout fond, sous les coups des blessures

Ne formant qu’un amas noir, hideux, sans futur 590

Et s’ébattent les cœurs dans la fange des plaines

À noyer leurs envols dans l’ardeur de leur peine.

Triste génération sans rien à conquérir !

Quelques êtres debout ont détruit des empires

Et jurant, fabuleux, de briser les mitrailles 595

Affutèrent le grandiose des tenailles

Et pour que l’idéal jamais ne soit vaincu

Ont répandu leurs sangs sur des pierres repues.

D’autres, lâches, vénaux, ont trahi le combat

Pour engendrer l’enfer et tu choisis ceux-là 600

Et ton crime est plus grand que les croix du passé !

D’aucuns, pétris de peur, tentent de parfiler

Par des crochets rouillés la toile universelle

Pour l’insertion, enfin, d’une voix personnelle.

Mais les cieux sont d’étain et l’horizon de cuivre. 605

Sur les mots désuets il n’est plus rien `a vivre

´Ecorchant leurs pensées sur des roches de feu

Un maigre fil d’Ariane, là, traînant derrière eux

Les rassure et les unit. Le secours devient guide

Au creux des vérités qui lentement se vident 610

Et en fières processions, ils vont, terrifiés

Se renfermer encore dans l’odeur des charniers.

Mais le poète seul, qui, la torche `a la main

Trace sur le néant des fleurs et des jasmins

Sait qu’il lui faudra, calciner jusqu’au sang 615

Ces liens monstrueux, à l’esprit gémissant,

Ne rien épargner, des regrets trop faciles

Et affronter debout les vapeurs des bacilles.

Le crépuscule flambe et l’aurore se lève

Et la plume toujours courra après ses rêves, 620

Ces rubans d’infini, dessinés sur la toile

Pour écrire un ailleurs et parfois des étoiles.

Il faudra, pour les voir, des milliers de bras

Qui briseront leurs os sur de sombres éclats ;

Il faudra, pour sentir le souffle des rosées 625

Recouvrir la plaine d’innombrables baisers ;

Il faudra, pour entendre le chant des puissances

Que des verves unies acceptent le silence ;

Il faudra, pour aimer, (ultime prophétie)

Des mains par millions dans le grand incendie ; 630

Oh, mais, il faut un cœur au soufre du trépas,

Heureux de prendre part au dernier repas

Pour liquéfier le plomb sur la teinte des hommes

Et vaincre toujours l’exil par une paume.

Si le monde n’offre qu’une larme orpheline 635

Sous le chant du basson, moi, j’offre ma poitrine,

J’offre un muscle sanglant qui a perdu son âme

Et une vie réduite à des lunes en flammes.

Puisse une escarbille sourdre au ciel de ma peau

Ce triste soleil noir servira de flambeau 640

Qu’il soit brandon, falot, feu de paille et de feurre ;

Qu’il soit gorgé de sang et sans une couleur ;

Qu’il soit éternité ou souffle d’un instant

Coulant, entre deux pluies, dans l’ombre et dans les champs

Qu’importe ! Il est des secondes d’absolu 645

Qui emportent loin ce qui devait n’être plus

Et tout s’embrasera, sous l’acte des puissances,

Et j’ouvrirai ma peine `a verser mon essence,

Pour sublimer de feu cette horde de fer

Et rendre le futile aux gardiens de la Terre. 650

Oh, je sais que rien ne donne et qu’il faut rendre

Cette dépouille crue que l’ennui ne veut prendre.

Mais d’un sort plus clément puis-je avoir les faveurs

Pour des nerfs attifés de toutes les noirceurs ?

Et d’un espoir lucide aux forges du travail 655

Puis-je avoir d’autres choix que les eaux de l’aigail

Déposées au matin, attachées sur les feuilles

Des ramées nouvelles pour ronger mon linceul ?

Non, sans distraction, imbécile géhenne,

Maudissant le sommeil d’interrompre ma peine 660

J’exercerai mon arc à percer des mystères

Pour que jaillisse enfin l’obscur éclat solaire !

Ah, si le mot est pur, le geste devient sombre

Et mon âme s’agite au profond des pénombres

S’il en est quelques uns, en soldat de l’espèce 665

Pour tenir une vie aux chaînes des prouesses

Ces géants de vertu à mépriser le vice

Conduisant la paresse au noir des précipices,

S’ils peuvent s’élever, rester debout, bien droit

Et sans crainte avancer sur ce chemin de croix, 670

Si tout peut donc brûler, sous leurs pas sur le roc...

Mais l’altière fierté abandonne l’époque

Et nul n’arpente plus les sentiers de la gloire

Puisqu’il faut être roi sans l’horreur de se voir.

Si les vœux d’horizon reviennent `a partir 675

Pour tracer son chemin juste avant de mourir,

Oh qu’importe l’homme et qu’importe les ténèbres

La lumière s’accroît le long des voies funèbres

Puisque j’en ai le cœur, j’en obtiendrai le corps.

Et s’il n’est d’amateur du parfum de l’effort 680

Pour des fleurs en bouquet, de ronces ou lilas

Je déploierai ma vie aux affres du combat.

Mais l’envie d’une main n’a des roses des yeux

L’enivrante longueur des déclins voluptueux

Ni du repos cherché l’admirable fraîcheur 685

Celle des noirs tombeaux propices aux rêveurs.

Oh, quand viendra sur ma peau, s’écouler l’orage

Répandant de ses feux le chagrin du naufrage

Sans cadole en abri j’irai chercher fortune

Au hasard des amis sous les roues de la lune, 690

Puisqu’il faut être homme, avant d’être prophète

Et répandre sa vie sans penser aux conquêtes

Qu’emportent les ruisseaux nos heures vagabondes,

Dans leurs flots impétueux les rubis de la fronde,

Quand l’heure jaillira d’épandre les serments 695

Les regards acérés au fureur de nos rangs

Sur des monts calcinés pour occuper ma peine

J’irai grossi d’une humanité lointaine.

Mais à graver ainsi, en ma chair des tableaux

De vérités, loin des luttes ou idéaux 700

De longues avenues, pour biguer des fuites

Et d’immenses bâteaux sous des cieux de graphite

À sillonner sans voir les ivresses du temps

Où chacun se conçoit aux reflets des courants,

Les ronces déchirées n’auront plus pour écume 705

Que l’odeur surchauffée du goudron sous l’enclume !

Oh non, quand une marche veut devenir vol,

Nul pas ne se doit perdre au vent des farandoles,

Nulle lueur ne doit réduire la clarté

D’un soir couchant, hormis les songes étoilés 710

D’un Pierrot éprouvé au chagrin des fortunes

À chanter Colombine aux sanglots de la Lune,

Et nulle mollesse s’offrir aux bras martyrs

Quand leur vigueur ne croit qu’`a l’envie d’en finir

De jouir, la rage au sang, d’un dernier coup d’estoc 715

Porté sur les flancs graisseux des poisons viscéraux.

Si détruire est bien peu, bâtir demeure tout

Et d’une main nervée, loin des feux et des fous,

Il faudra aux passants de diaphanes semelles

Pour contempler la Terre et regarder le Ciel. 720

Je sens s’appesantir mes membres d’un air grave

À la vue du sentier que des idéaux pavent

Oh quelques fois, d’effroi, de larmes et de doutes

Mais rien de plus abject qu’un monde qui dégoûte

Du chant des printemps aux frais accents des grillons 725

D’un automne assiégé sous l’assaut des flocons,

Qui écœure à vingt ans des fertiles rosées,

De pleurer galibot, creusant dans sa tranchée,

Pour constituer l’épargne aux princesses modernes

Qui croquent la pierre et disent ”oui”, d’un oeil terne ! 730

Oh malheur, suis-je Cassandre à mes propres bras

Si ma fureur échoue aux portes du combat ?

Quel dieu moqueur crache entre le corps et l’âme

Et, scellant son tableau, me scella dans les flammes ?

De geindre cessons donc ! De filandreux venins 735

Percolent sur tes nerfs, paralysent tes mains

Et égarent tes pas sur des sphères réduites !

Mais le nom que tu veux, pour régir ta conduite

Couarde et hypocrite aux coups d’un mauvais sort

Porte le sombre écho de ton triste remords 740

De mon triste remords, vieux lâche arrogant !

Tu le porteras jusqu’`a ton souffle expirant !

Tes poignets se ceignent d’un bandeau de brocard

Par tes mains agitées dansant sous ton regard

Et cet étroit serpent, par Hercule apeuré, 745

Rampe jusqu’`a mon cou sans peur de s’y loger

Et entre dans ma bouche, à brûler l’oxygène

Et insuffle aux idées la laideur des gangrènes !

Ah, est-il donc un bien qui ne soit point fatal

Qui peut être choisi sans décider un mal ? 750

D’invisibles passés planent sur l’amnésie

D’une terre enchâssée d’un immense ennui.

Ces ténébreux corbeaux, aux atours du mystère

Ont pour mes yeux vivants le contour des lumières

Mais l’antique vertu, aux exemples pugnaces 755

N’est qu’une opprobre, aujourd’hui, sans gloire d’Horace.

Mon être fatigué, plus usé aux genoux

Ne partage rien, ni le rire, ni le goût

Et aspire à garder, au fond de sa poitrine

Son sang préservé des efforts et de la ruine. 760

Là, fut-il contraint d’entendre, aux rayons du Soleil

Les longs cris de sa mort amputés de sommeil !

Que frappe donc ce cœur, quels mots s’illuminent

Aux sueurs des idées, seules et orphelines

À chercher sans espoir ce bras armé d’un glaive 765

Peignant une vérité qui ressemble au rêve ?

L’inutile est précieux, mais la douleur est pure

Et inscrit en mes os la sentence ”parjure”

Si profondément que, de ma vie la poursuite

N’est plus qu’un vaste exil en priant la fuite. 770

Fuir, si des tremblements gauchissent ce rasoir

Il me faut l’horizon pour seule trajectoire.

Que la route s’ouvre au roulement de mes pneus

Voici ma liberté, le succès de mes vœux,

Voici le chant obscur qu’entonne ma voix, 775

Rejetant le silence et recherchant ses droits.

Si le monde n’est plus, est-ce donc l`a un crime

Que refuser d’être Dieu ou d’être victime,

D’égarer sa conscience en égarant son nom,

D’oublier son dégoût dans l’océan profond ? 780

Et j’irai enterrer un être artificiel,

”Plus vite, plus vite, plus vite” me dit-elle.

lecture 0 readings
thumb 0 comments
0
reactions

Comments (0)

You must be logged in to comment Sign in

Are you enjoying reading on Panodyssey?
Support their independent writers!

Prolong your journey in this universe Poetry and Songs
25 janvier 2026
25 janvier 2026

J'ai le cœur trop grand ouvert ; il est plein de courants d'air.

Clara Mancini
1 min
"Tu mendieras tant"
"Tu mendieras tant"

"Enchanté" par le manifeste d'Alexandre Leforestier du 25/01/2026 sur l'entrée de la Musique dans le registre Panodysse...

Bernard Ducosson
3 min
Samedi 24 janvier 2026
Samedi 24 janvier 2026

Le mois avance et d’ici quelques jours, je remettrai aux amis prodigieux la liste des mes objectifs pour l’année à venir. J’...

Clara Mancini
2 min
24 janvier 2026
24 janvier 2026

Je n'ai pas peur de mon ombre ; j'ai peur de ce qui s'y cache.

Clara Mancini
1 min
Vendredi 23 janvier 2026
Vendredi 23 janvier 2026

Elles sont grandes désormais, de vraies adultes autonomes et accomplies, pourtant parfois lorsque je les observe, le temps f...

Clara Mancini
2 min

donate You can support your favorite writers

promo

Download the Panodyssey mobile app