Congratulations! Your support has been successfully sent to the author
avatar
Adélaïde - Prologue

Adélaïde - Prologue

Published Jan 3, 2026 Updated Jan 3, 2026 Poetry and Songs
time 3 min
0
Love
0
Solidarity
0
Wow
thumb 1 comment
lecture 14 readings
2
reactions

Adélaïde - Prologue

Prologue

Ô Bragi, le regard ne souffre le présent

Et pour tout souvenir de l’histoire d’avant,

Ne règnent que raison, doute et ennui certain,

Où, presque oublié, le cœur ne transparait point.

Allons, couchez-vous là, ô Bragi éternel 5

Un silence à Midgard vaut les regrets du ciel.

Il n’est rien à chercher sous le chant de la Lune

Que votre cœur ne sache en sel précieux d’Idunn

Et que vos yeux bleutés, jetés hauts vers les nues

Ne rendent à la terre en désespoir fourbu 10

Si sur des pierres de fleur, rien n’entend la souffrance

Des lents gémissements aux absents sans conscience,

Si le tronc d’Yggdrasil est damier de morsures,

Dessinant des yeux noirs aux airs de pourriture,

Si les silences sont des tristesses perdues 15

N’évoquant pour les dieux que Baldr disparu,

Si loin d’Asgard béni, par la peur asséché

Nul ruisseau n’emportera leurs fruits mordorés !

Quand refuse le ciel, l’atome doit offrir

Et perler enfin, les transports pour partir. 20

Les tranchants socs de feu d’une époque en brûlis

Les champs féconds de vers ont recouvert de suie.

Retenez vos regards loin de ces mornes plaines

Puisque n’y peut fleurir que des orgueils en peine

Et souffrez, dieu, poète, de descendre au jardin 25

Où s’écoule toujours l’eau fraîche du matin.

Là, de frêles pensées y enseignent aux roses

Des chrysanthèmes le respect pour toutes choses :

Le respect de la lutte et d’un cœur qui s’ébat,

Et des oiseaux sans aile l’éternel combat. 30

Sur des mousses daignez heurter votre sommeil

Et sous une ombre bleue vous donner au soleil.

Bragi, que ma voix sourde, sans accord que cette onde

Puisse vous combler et vous rendre à votre monde

Vous qui, inquiet pour nous, de n’entendre plus rien, 35

Des prêtres se moquant mais craignant pour l’humain,

Avez quitté Idunn en trouant le ciel bleu

Pour souffrir la douleur de nos parfums bileux,

Pour errer sous nos voies, guettant sous nos fenêtres

Que tombe une bonté, un poème peut-être 40

Vous, que l’honneur a mu et la piété nourrit

Vous qui, sans fiel pour fuir un siècle qui vieillit

Vous excusant d’être là, portiez à nos lèvres

Les chants indéfinis des embruns de fièvre

Et n’en avez cueilli que des notes galeuses, 45

Des rythmes brisés et des harmonies affreuses,

Vous, que les dieux taquins, jaloux du vrai courage

Ont couvert de rires pour exprimer leur rage,

Vous, qu’ils rappelaient, oh, pour les beaux fruits d’Idunn

Quand vous rapportiez, en unique fortune 50

Des verbes à aimer et des vers à sanglot,

Vous qui, depuis, divaguiez sous de sombres flots

Et fatigué, vîntes s’étendre à mes pensées

En n’espérant plus rien que le souffle dernier.




lecture 14 readings
thumb 1 comment
2
reactions

Comment (1)

You must be logged in to comment Sign in

Are you enjoying reading on Panodyssey?
Support their independent writers!

Prolong your journey in this universe Poetry and Songs
25 janvier 2026
25 janvier 2026

J'ai le cœur trop grand ouvert ; il est plein de courants d'air.

Clara Mancini
1 min
Acte I Scène 3
Acte I Scène 3

Acte I Scène 3”Maudits” proférait Jacques de Molay au frontDes rois mortels. Moi, je le crie pour...

Nicolas Baudoin
23 min
"Tu mendieras tant"
"Tu mendieras tant"

"Enchanté" par le manifeste d'Alexandre Leforestier du 25/01/2026 sur l'entrée de la Musique dans le registre Panodysse...

Bernard Ducosson
3 min
Samedi 24 janvier 2026
Samedi 24 janvier 2026

Le mois avance et d’ici quelques jours, je remettrai aux amis prodigieux la liste des mes objectifs pour l’année à venir. J’...

Clara Mancini
2 min
24 janvier 2026
24 janvier 2026

Je n'ai pas peur de mon ombre ; j'ai peur de ce qui s'y cache.

Clara Mancini
1 min

donate You can support your favorite writers

promo

Download the Panodyssey mobile app