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Atelier d’écriture de La Roseraie de ProvinsVendredi 18 septembre 2026
Fiction
Humor
calendar Published Sep 22, 2026
calendar Updated Sep 22, 2026
time 8 min
Alexandre Leforestier verified
Alexandre Leforestier 6 hours ago

Très chouette atelier qui continue de vivre ici avec de magnifiques images !

All audiences

Atelier d’écriture de La Roseraie de ProvinsVendredi 18 septembre 2026

La consigne du jour

Les trois phrases

J’ai proposé à chaque plume d’écrire trois phrases sur un événement banal du jardin ou de la Roseraie en général (une abeille qui se pose, une chaise qui grince,) ou de l’intérieur, en créant un ressort dramatique excessif. Façon feuilleton, tragédie grecque, polar…

J’ai ensuite ramassé les feuilles et les ai redistribuées au hasard, une à chaque écrivant qui devait alors continuer l’histoire d’un autre, en gardant si possible le même ton.


Les textes proposés

Depuis l’aube…

L’enfant est tombé dans le puits, une rose à la main. La rose a survécu. L’enfant nage, nage vers l’éternité.

Saint-Pierre le reçoit comme à son habitude. « Ainsi, Jean-Luc, tu as chu dans le puits. Mais tu as gardé jusqu’au bout cette rose de Maître Clergeot. Que veux-tu que j’te dise, c’est admirable ! »

C’est ainsi que Jean-Luc présida aux destinées du jardin des lumières qui se trouve tout là-haut, là-haut. Et les jours de grand vent, vous pouvez l’entendre chanter « Du puits au plus haut des cieux ».

Alain et Jean-Carol

La dent colonisée

Elle avait passé une bonne heure avec son rendez-vous galant. Quand elle se leva pour aller se repoudrer, elle se sourit dans le miroir, et là, horreur ! elle s’aperçut qu’elle avait une grosse miette sombre coincée entre les dents du haut. Elle se repassa le film de leur rencontre et se rappela qu’il évitait de la regarder en face. Elle avait détruit l’image de princesse qu’elle voulait donner.

L’heure n’était pas aux tergiversations. Et elle n’avait pas tant d’options que ça :

Un. Elle faisait disparaître ce relief offensant d’une dentition autrement impeccable (ça lui avait coûté assez cher, d’ailleurs). Et elle revenait le menton fièrement dressé, comme si de rien n’était.

Deux. Elle éliminait prestement la fichue miette et revenait vers lui, tout sourire en disant que les mignardises – délicieuses au demeurant – lui avaient laissé un bien encombrant souvenir (comme s’il n’avait rien vu…) Le tout accompagné d’un irrésistible rire perlé d’un mouvement de tête qui ferait voleter quelques mèches follettes.

Trois. Elle, sa miette et son quant-à-soi remballaient avec dignité ; des rendez-vous galants, elle en aurait d’autres.

Corinne et Valérie

L’abeille coule


Elle est si petite, mais si industrieuse. Que ferions-nous sans elle et ses sœurs ? Mais son temps est compté, ses ailes usées par tant d’heures de vol de fleur en fleur ont déjà commencé à s’effilocher.


Elle s’écrase sur les étamines aux senteurs étourdissantes. Son esprit s’échappe. Il s’élève tellement plus haut que ce qu’elle n’a jamais fait. De là-haut, il observe l’affolement de la maisonnée. Il faut vite organiser des obsèques somptueuses. Chat, chiens, poisson rouge, grenouille de la mare : tout le monde s’agite en sanglotant. Qui s’étrangle en miaulant, qui s’arrache les poils, qui se noie dans son bocal…

Son corps inerte s’enfonce voluptueusement au milieu du pollen. Quelle belle mort !

Valérie et Suzanne

3 fois 18

Fanny sert une table. Une vieille s’étouffe en mangeant la tarte aux pommes. Par une saute de vent, démâté, un parasol géant assomme un consommateur.

Les pompiers arrivent pour secourir la vieille. Mais l’enfant, enfin libéré, sort en courant des toilettes et coupe la route à un jeune sapeur-pompier qui trébuche et s’affale de tout son long sur le présentoir des faïences, lesquelles choient et se brisent dans un vacarme assourdissant. Les autres pompiers arrivent prestement dans le jardin tandis que le vent redouble, faisant s’ouvrir le parasol qui étourdit l’un des soldats du feu. Dans sa chute, il entraîne le dernier homme en rouge dont la bouteille d’oxygène se fissure en touchant le sol. Le gaz part, et la cheminée étant juste allumée, c’est un éclair de feu qui traverse La Roseraie et roussit les sourcils et scalps des derniers clients… sauf Bernard bien sûr.

Jean-Carole et Bernard

Les mondes parallèles

La balançoire tangue au rythme du vent. Elle se casse. Misère !

Le chat pleure désespérément, les oiseaux se taisent et s’immobilisent, bientôt prêts pour les obsèques. Mais que va devenir le jardin ?

Une lamentation se fait entendre. Je descends vite dans le jardin. La pauvre grand-mère, qui voulait montrer à ses petits-enfants comment se balancer le plus haut possible, se retrouve sous la balançoire, le pied droit tordu.

Il est cassé et les petits sont terrorisés et ne bougent plus.

Un oiseau bouge un peu, il s’est mal posé. Le chat, à l’écoute du moindre bruit, est là, en position d’attaque.

Il fait très attention, ne bouge plus. Puis, d’un bond, se rue sur le pauvre oiseau qui n’a rien vu venir et finit dans la gueule dudit chat, qui vient voir sa maîtresse avec son trophée.

Il n’y a plus personne dans la maison. La propriétaire est décédée depuis un certain temps. La nature reprend ses droits. Les mauvaises herbes s’en donnent à cœur joie.


Suzanne et Marie-Ange

L’araignée et la chenille

La toile d’araignée vient d’être dégagée par un balai Swiffer.

Elle a vu la pub à la télé, ça l’avait effrayée, mais en fait, il est doux et délicat, ce déménagement domestique.

Le pigeon se pose sur une branche qui est trop fine et ne tient que par la grâce de la nature.

Et vlan ! un coup de vent !! Pigeon vole, vole, vole… Dame nature a encore frappé.

Une belle rose est agressée par une chenille.

« Agressée, tout de suite les grands mots », dit la chenille. Ce n’est pas parce que je me tortille que je m’amuse, snobinarde provinoise qui me cherche des noises.

Marie-Ange et Alain

La bûche de Noëlle


La bûche ardente vient de tomber de l’âtre. Elle s’arrête sous la robe de Noëlle, la marâtre. L’étoffe s’embrase aussitôt.

Elle court à travers la salle sous les yeux rieurs de ses deux marmots, vengés de ses mauvais coups et de ses jérémiades. Le patron s’en vient avec un seau d’eau glacée, la jette sur la torche humaine qui s’éteint dans une brume enfumée. ? Chacun dans la salle reprend son souffle et avale une gorgée de thé pour se remettre de ses émotions. Chaque jour une nouvelle aventure à La Roseraie de Provins.


Bernard et Corinne



Et si vous veniez écrire avec nous ?

Vous aussi, vous avez envie de jouer avec les mots ?

N’hésitez pas à rejoindre l’un des ateliers d’écriture que j’ai le plaisir d’animer, en ligne ou en présentiel, à La Roseraie, en Seine-et-Marne ou ailleurs.

Retrouvez toutes les informations sur mes ateliers en suivant ce lien.

Je peux également organiser une activité ponctuelle ou récurrente pour répondre spécifiquement à vos besoins.



Crédits photos : BZ



Comments (2)

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Bernard verif

Bernard Zirnhelt 6 hours ago

Je me suis permis de "poucer" (liker) mon propre texte car je n'y suis pas pour grand chose. Bravo à toutes les Plumes de La Roseraie de Provins qui participent aux ateliers d'écriture que j'y anime.

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