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Tout a-t-il été dit sur les anglicismes et les emprunts linguistiques ? 

Tout a-t-il été dit sur les anglicismes et les emprunts linguistiques ? 

Published Apr 19, 2024 Updated Apr 19, 2024 Culture
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Tout a-t-il été dit sur les anglicismes et les emprunts linguistiques ? 

La question des anglicismes provoque facilement des réactions épidermiques.

Pour les uns, les emprunts systématiques à l’anglais sont dans l’ordre des choses et ils n’hésitent pas le cas échéant à invoquer la dette du français à l’anglais depuis que, par le fait de Guillaume le Conquérant (Hastings,1066), 50 % du vocabulaire anglais est dérivé du français du XIe au XIIIe siècle. Certains vont jusqu’à considérer que la supériorité culturelle du modèle américain va de soi et que tout avis déviant est une attitude réactionnaire.

Pour d’autres, au contraire, tout emprunt est une atteinte à la pureté de la langue et doit être condamné.

Entre ces deux extrêmes, l’opinion majoritaire fait preuve heureusement de plus de discernement.

Depuis Etiemble, beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce sujet, au point de penser que le sujet est épuisé et qu’il n’y a plus rien à dire. Nous pensons le contraire.

L’intérêt de l’approche plurilingue, c’est qu’elle est associée à une forte conscience linguistique et est pénétrée de l’idée que les langues ne se réduisent pas à de simples outils de communication et sont réellement des milieux de vie et de développement personnel. Ce sont des espaces culturels plus ou moins ouverts, en relations dynamiques les uns avec les autres, ce qui fait la richesse de la diversité linguistique et culturelle.

C’est cette dynamique que nous voulons ici mettre en évidence et discuter en échappant aux schémas simplistes évoqués ci-dessus. Le professeur Alexandre Klimenko, chef de la chaire de traduction et d’interprétariat, docteur ès lettres, professeur à l’Université Vladimir Dahl (Ukraine) a proposé une nouvelle approche des anglicismes. Dès mai 2017 l’OEP a accueilli la proposition d’Alexandre Klimenko et l’a mise en œuvre en construisant un site dédié accessible à cette adresse https://nda.observatoireplurilinguisme.eu.

Comme les temps changent !

Apparu en médecine au XIVe siècle, le mot « inflation », synonyme d’enflure, (inflation d’un membre), directement dérivé du latin, fait son entrée en économie aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, passe au français, sans modification, après la Première Guerre mondiale. En même temps apparaît son contraire par substitution du préfixe « de » au préfixe « in ». Difficile de parler d’emprunt ou d’anglicisme. Les deux mots sont identiques dans les deux langues et le calque du latin « inflatio » est immédiat.

Aujourd’hui, viennent s’ajouter « shrinkflation » et « cheapflation » et il faut au moins cinq minutes sur France inter pour expliquer le sens de ces nouveaux mots, que nous qualifierons d’émergents, sans savoir si les Français les adopteront de bon gré.

C’est que si « inflation » veut dire « hausse des prix », pour faire simple, et « déflation », « baisse des prix », shrinkflation désigne une hausse des prix cachée, volontairement dissimulée ou masquée par le vendeur qui baisse les quantités sans changer le prix affiché. « cheapflation » est une variante de la « shrinkflation », puisque le vendeur baisse, toujours pour le même prix, non pas la quantité mais la qualité. Donc on a bien deux variantes d’inflation masquée par la baisse, l’abaissement ou la réduction de la quantité ou la baisse, l’abaissement ou la réduction de la qualité. « quantiflation », « quantireducflation » ou « réducflation » pour la réduction des quantités ou « qualiflation », « qualireducflation » ou encore « dégradflation » seraient peut-être plus parlants pour un français, mais ce n’est pas sûr. Le néologisme est-il d’ailleurs nécessaire ? Il est bon de savoir que les Anglo-Saxons ont trouvé des nouveaux substantifs, mais cela n’implique pas d’en faire de nouveaux termes de la langue française. Une curiosité de bon aloi qui peut tout aussi bien s’appliquer aux mots français qui nous viennent des quatre coins du monde.

Faut-il donc accepter ou ne pas accepter. Tout étant au final une question d’usage, on pourra toujours dire, « ça dépend »1. Mais tout citoyen, avant de se lancer dans des réflexes pavloviens, par révérence, par snobisme, par soumission, par fascination, par effet de mode, par conformisme grégaire, par différentialisme élitaire, les qualificatifs ne manquent pas, peut simplement rechercher les mots justes pour désigner des réalités nouvelles, quitte à les emprunter en dehors de la sphère francophone.

Peut-on aujourd’hui être nuancé et éviter l’acceptation béate autant que le refus borné ?

Jusqu’à présent le cadre d’analyse a été à nos yeux défaillant. Ainsi, le grand historien de la langue française du XIXe siècle, Ferdinand Brunot, voyait deux types d’emprunts. L’emprunt d’enrichissement, celui qui est réellement utile et enrichit le vocabulaire de nouveaux concepts, et l’« emprunt de luxe », celui sans utilité particulière motivé par la recherche d’une forme de distinction d’un individu ou d’un groupe social, au sens de Bourdieu.

Certains emprunts sans utilité, car les mots existent déjà, sont la manifestation d’une « emprise culturelle ». Tel fut le cas par exemple de la tentative de remplacement pendant la période de COVID de l’expression de « foyer de contamination » par celui de « cluster », terme anglais passe-partout à multiples usages, qui contient en anglais l’idée de regroupement, de paquet. C’est une volonté de scientifiques, qui communiquant entre eux au niveau international en anglais, ont tenté de l’imposer. Il a envahi les médias pendant des mois, mais rien ne dit que « cluster » qui convient aussi bien pour désigner un bouquet de fleurs qu’un réseau d’ordinateurs, parle réellement au Français. De la même manière, « tracking », a été largement utilisé au détriment de « suivi des cas contacts », sans nécessité autre que l’alignement sur un standard.

Rien n’indique donc que ces tentatives de remplacement de termes existants par des nouveaux termes anglais sans nécessité, par pur effet de domination, soient couronnées de succès à terme et intègrent la langue française. La langue a cette capacité de filtrage remarquable, qui lui permet si elle est suffisamment robuste et si la conscience linguistique est suffisamment développée, de ne conserver des emprunts que ce qui lui est directement utile.

C’est à cette approche nuancée que nous invite Alexandre Klimenko.

Klimenko (dont nous ferons l’économie du prénom) avance plusieurs notions auxquelles nous allons nous arrêter.

Une vision panoramique

D’abord, analyste des influences linguistiques dans des contextes nationaux variés, il nous explique que par rapport à l’intensité de l’anglicisation verbale d’un grand nombre de pays européens, d’Europe occidentale, centrale ou orientale, la France se trouve dans une situation à part.

« Pour s’en persuader on ne ferait que comparer cette situation donnant de l’espoir à une disposition des esprits défaitiste en Allemagne, par exemple. Ici on en est arrivé à parler d’une évolution soi-disant exoglosse de la langue allemande contemporaine. Une telle situation langagière est caractéristique d’une préférence qu’on accorde à un anglais censé être plus prestigieux que la langue maternelle, un recours aux emprunts est spectaculairement élevé, des innovations dérivées sont construites à base des formants anglais, en vouant les éléments de formation allemands à l’oubli [Abresch 2005 :177 ; Junker 2010 :142]2.

Les premiers dividendes d’une telle orientation tirent l’œil si l’on observe l’usage de plusieurs anglicismes dans le discours médiatique français, d’un côté, et, de l’autre côté, dans le langage de presse de telles langues que le russe et l’ukrainien. On constate la supplantation progressive des emprunts à l’avantage des analogues français et leur enracinement comme tels dans ces langues slaves : angl. computer n. < fr. ordinateur n.m. , angl. printer n. < fr. imprimante n.f., angl. xerox n. < fr. photocopieuse n.f. , angl. e-mail n fr. courriel n.m, angl. fax n. < fr. télécopie n.f. , angl. tour operator n. < fr. voyagiste n. [Чередниченко 2008 : 21 – 23].

Encore un exemple récent. Pendant la deuxième vague de la pandémie du coronavirus on a vu le français confinement n.m. « 1. ◊ Spécialt, méd. Interdiction à un malade de quitter la chambre. » [Le Petit Robert 2020 (PR)] prendre une nouvelle nuance du sens 1 « Le fait de ne pas sortir de chez soi », tandis qu’en Allemagne, en Italie, ainsi qu’en Russie et en Ukraine on a adopté l’emprunt lockdown. »

Une conscience linguistique

Klimenko avance une première explication. « Une étude approfondie que permet notre vaste documentation, ouvre une fenêtre sur la formation dans la conscience linguistique collective des Français d’une norme spontanée d’usage des anglicismes et de leurs analogues français (synonymes et équivalents, francisations, substituts, y compris ceux intégrant les sens des anglicismes). Elle subit, sans doute, des répercussions de la normalisation officielle de terminologie. Elle est également héritière de la « surnorme française » (le français étant une langue des plus unifiées et normalisées vu l’étendue des impacts normalisants intenses du bon usage académique remontant au XVIIsiècle), ainsi que des traits de la francité en conformité de la mentalité nationale (le rationnel français, par exemple).

Une norme spontanée

Klimenko a-t-il une vision idyllique de la situation française. ? Peut-être, mais il faut le lire et l’écouter.

« Les locuteurs ont une perception confuse d’une norme spontanée, quoique, à tout prendre, ils en soient les principaux acteurs. À ce titre, ladite norme, phénomène de profondeur, joue le rôle d’un filtre qui rejette et fait supplanter les anglicismes superflus et fait accueillir favorablement la pression normalisante conséquente et cohérente au profit des contreparties françaises.

Or, nous découvrons des particularités d’une norme spontanée qui reflètent une réaction réelle du français à une influence étrangère immodérée.

La norme en question est constituée d’anglicismes intégrés usuels, irremplaçables pour le moment, employés sans réserve et ipso facto devenus des unités à part entière du lexique français : conventionnel 3, dressing, leadership, patchwork. Ils font souvent objet d’une adaptation en développant leurs sémantismes en français.

Cette norme crée des liens non concurrentiels enrichissant la langue où les anglicismes s’enveloppent de nominations françaises parallèles effectivement usitées : parking / parc de stationnement ; tennisman / joueur de tennis ; sponsor/ parrain – marraine – commanditaire.

Y compris concernant des régionalismes d’autrefois naturalisés en hexagonal : week-end / fin de (la) semaine, samedi-dimanche.

L’influence des anglicismes peut aboutir à une synonymisation des mots français, alignant conformément leur sémantisme : poster / affiche.

La concurrence entre des anglicismes et leurs équivalents français peut aussi engendrer une distinction stylistique : overdose Fam. / surdose.

En même temps, une norme spontanée rejette de l’usage des intrus : walkman baladeur ; businessmanhomme d’affaires ; notebookmini-ordinateur, ordinateur (PC) portable (portatif, mobile), portable ; decade (période de dix ans) décennie ; garden-centerjardinerie ; container conteneur ; cablemancâbliste.

Des mots français polysémiques adoptent des acceptions des anglicismes sans confusion de sens : faux anglicisme perchmanperchiste.

La norme en question crée aussi des liens, rattachant des variantes « anglicisme / son analogue français » où s’est développée ou naît une concurrence :

suite aux efforts d’une normalisation officielle : tour-opérateurvoyagiste, autocariste, transporteur ;

grâce à la résistance du rationnel français : jumbo-jetgros-porteur ;

suite à l’infériorisation des anglicismes face à leurs analogues français : сaméraman / cadreur, opérateur.

à cause de l’évincement des emprunts de l’usage dû à une prédilection du français pour des mots génériques : funboardplanche à voile ; tour-opérateur < agence (agent) de voyages.

dû à l’adaptation grammaticale (free-lance invar. – free-lances adj. et n. pl.)

 

Un regard sur les dispositifs légaux, leur efficacité et la créativité langagière

Tout le monde ne connaît pas la base de données Franceterme, création de la loi Toubon, qui a mis en place le dispositif d’enrichissement de la langue française. Franceterme en est l’aboutissement et le fait que près de 8000 termes et expressions y figurent ne peut laisser indifférence.

Il faut aussi savoir que la Commission d’enrichissement de la langue française qui couronne un dispositif que certains peuvent juger lourd et complexe conduit à la publication chaque année au journal officiel de 200 à 300 termes recommandés.

 

 

C’est donc 3733 mots nouveaux ou non, en quatorze ans, auxquels la Commission a donné des équivalents français-anglais.

Il faut comparer ces chiffres aux nouveaux mots qui chaque année font leur entrée dans les dictionnaires Larousse et le Robert et qui sont du même ordre de grandeur.

Le journal Le Monde avait fait en 2019 une très intéressante analyse des sources des nouveaux mots.

En voici le graphique :

 

Ainsi plus de 55 % des mots nouveaux viennent de la France et de la francophonie, et près de 40 % sont issus de langues étrangères.

Et si l’on veut évaluer la part de l’anglais dans les langues étrangères voici le résultat, les erreurs d’appréciation sont assez faciles. Dans son article de 2019, Le Monde chiffrait la part de l’anglais à 16,6 % des mots nouveaux, tandis que l’étude similaire de 2022, indique que les langues étrangères fournissent 28 % des nouvelles entrées, 80 % de ces dernières provenant de l’anglais, soit 22,4 % des mots nouveaux, mais peu importe, ce sont les ordres de grandeur qui comptent :

 

Le site de l’OEP

C’est dans ce contexte que le site mis en place par l’OEP prend tout son sens. Voici ce qu’en dit Klimenko :

« Une nouvelle situation linguoculturelle, donnant de l’espoir, signe avant-coureur du déclin de l’ère du franglais, est pleinement exploitée par l’Observatoire européen du plurilinguisme (OEP), dont le président M. Ch. Tremblay, a conçu et lancé le site « Dix anglicismes par mois pour se remuer les méninges ».

Le site ne se propose pas de rejeter les anglicismes par principe, mais s’efforce d’instaurer « une politique de coexistence pacifique » entre les langues. Pour ce faire, il confère à l’activité normalisante une dimension communicative sur une plate-forme interactive dans un discours établissant une norme littéraire.

Comme tout discours, elle prend une orientation nettement intentionnelle, exempte d’hésitation face à une menace de l’emprunt massif incontrôlable.

Nous vous invitons à consulter le site1. En raison de l’explication d’une norme réelle, on y trouvera des informations absentes pour la plupart de votre Petit Larousse ou Petit Robert. Comme, par exemple, la mise à jour des articles ayant trait aux anglicismes intégrés avec un enrichissement considérable des structures sémantiques et une précision des sens : look, star, starlette, géométrie variable (à), made in, remake, travelling et beaucoup d’autres.

On met aussi en évidence la nature des liens (non-concurrentielle = synonymique ou concurrentielle dans telle ou telle mesure) ou on établit les liens, rattachant des anglicismes à leurs analogues français.

En cas de concurrence, en encourageant ce concours, on s’engage à une normalisation en perspective qui consolidera une norme littéraire réelle.

Nous espérons que le site soit d’un intérêt réel pour le grand public. Au lieu des qualifications normatives imposées d’en-haut, il présente d’une manière éclairante une richesse que les Français ont accumulée. Ce qui ne perturbe pas le crédit de confiance des locuteurs. »

À cette présentation, nous souhaitons apporter quelques compléments.

La méthode, le corpus

Le repérage s’effectue par l’écoute ordinaire des médias et la lecture des journaux. Quand un anglicisme a été identifié, une recherche est effectuée sur un corpus constitué de toute la collection depuis 1948 du journal Le Monde, des archives du Figaro et du Point. Une recherche est également effectuée par moteur de recherche pour un autre dénombrement des occurrences et une extension du champ journalistique.

Ce corpus est évidemment incomplet et socialement marqué. En particulier il faudrait toucher des publics en dehors des circuits classiques de l’information, en particulier les utilisateurs à haute intensité des réseaux sociaux en tenant compte de la parcellisation de ces réseaux.

Une attention particulière aux mots émergents

Contrairement aux dictionnaires qui attendent qu’un anglicisme soit durablement adopté dans des milieux diversifiés pour le faire rentrer dans les nouveaux mots de l’année, une partie de notre recherche est de détecter des anglicismes naissants susceptibles de s’installer dans les usages. Il y a un risque à prendre, ces anglicismes émergents pouvant ne jamais rentrer dans l’usage. La proportion des anglicismes en puissance par rapport aux anglicismes confirmés par l’usage est difficile à estimer, probablement très élevée, ces anglicismes étant beaucoup plus nombreux que les anglicismes confirmés.

Une attention particulière aux mots non identifiés dans Franceterme

L’idée est que les anglicismes non pris en compte par Franceterme fassent l’objet d’une proposition dans la boîte à idées de Franceterme2. Une interface est prévue à cet effet dans le menu du site.

Une ouverture vers les autres langues, italien et allemand notamment.

Il existe en Italie et en Allemagne des sites qui s’attachent à relever les anglicismes. L’OEP a entamé une collaboration avec un site italien3 et espère pouvoir développer une collaboration similaire avec l’Allemagne.

Appel à participation

Il est clair que la maintenance d’un site comme « Dix anglicismes par mois pour se remuer les méninges » requiert pas mal de ressources humaines, d’autant que la réalisation de fiches descriptives n’est pas chose aisée. Donc, nous faisons appel aux bonnes volontés pour qu’un véritable atelier collaboratif puisse fonctionner pour alimenter correctement le site.

1https://nda.observatoireplurilinguisme.eu

2https://www.culture.fr/franceterme/Boite-a-idees

3https://aaa.italofonia.info/

 

 

 

 

 

1Voir la question de David Castello-Lopès du 5 mars 2024 sur Franceinter: https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-question-de-david-castello-lopes/la-question-de-david-castello-lopes-du-mardi-05-mars-2024-3319867

2ABRESCH J. (2005). « The pronunciation of Anglicisms and English proper names in German: a corpus study », Proceedings of the 16 th conference on electronic speech signal processing (ESSP), Prague, 2005.

JUNKER G.H. (2010) Der Anglizismen-Index, Gewinn oder Zumutung?, Paderborn, IFB-Verlag.

3 Chaque exemple de l’article vous invite à consulter les fiches du site « Dix anglicismes...», déjà opérationnel à l’adresse http://nda.observatoireplurilinguisme.eu/

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Comments (1)

Merci pour cette analyse extrêmement intéressante et éclairante. Je découvre le site Dix anglicismes, que je vais m'empresser d'explorer.

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