aux alentours immédiats de son corps fluet
Mais, ici, il faut dire la vérité de Silenzia en son phénomène le plus approché. Qu’elle ressemble aux murmures discrets qui animent sa chair, nul ne pourra en douter un seul instant. Ainsi le cuivre de ses cheveux est-il l’écho des notes claires qui se logent dans l’écrin discret de sa tête. Ainsi le teint vide de son visage ressemble-t-il à l’empreinte de pas sur un sol semé de givre. Ainsi le rose qui poudre ses joues est-il semblable à la chute des fleurs de cerisiers au Pays du Soleil-Levant. Ainsi la prunelle verte de ses yeux est-elle le souci émeraude qui susurre près des mares d’eau. Ainsi le pli de ses deux lèvres reflète-t-il la douleur améthyste qui, parfois, se laisse entendre lorsque les jours chutent, que la lumière baisse, que l’hiver s’annonce avec son étole de neige, ses glaçons suspendus aux rameaux.
Parfois, Silenzia, à l’affût du moindre son qui pourrait surgir au sein de sa retraite, se confie-t-elle au seul battement d’un métronome. Celui-ci, en son rythme alterné, lui dit-il le bourdonnement du jour, le chuchotement de la nuit ; le crépitement de la joie, le gémissement de l’affliction ; le babillement des heures claires, la plainte des heures tristes ; la mélodie de la beauté, le feulement de la laideur. Parfois, Silenzia laisse-t-elle s’échapper d’elle, aux alentours immédiats de son corps fluet, le babil à peine affirmé du vide, le pépiement léger du rien, le ramage impalpable du néant. Oui, ceci paraît tellement inconcevable, pour Silenzia rien n’existe hors de Silenzia. Rien n’existe que ce langage intérieur qui la parcourt à la manière dont un clair ruisseau se dissimule aux yeux à l’aune de son parcours sous les ramures des grands saules. Quelque fois le tintement de quelques gouttes mais que l’eau reprend en son sein tel le bien le plus précieux.
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