Le temps c’est de la reconnaissance
Le temps c’est de la reconnaissance
Nous sommes des mammifères sociaux. Autrement dit, nous passons une bonne partie de notre existence à échanger des signes de reconnaissance : regards, mots, sourires, silences, approbations, critiques, soupirs… Toute une micro-économie relationnelle dont nous dépendons bien plus que nous ne voulons l’admettre.
Certains mystiques, ermites ou sages choisissent la solitude et le silence. C’est une vocation respectable. Mais pour celles et ceux qui subissent l’isolement, l’expérience est tout autre : le manque de reconnaissance finit par attaquer le corps et l’esprit.
Les signes de reconnaissance sont une nourriture existentielle. Sans eux, nous nous desséchons.
Mais l’inverse est tout aussi vrai : trop d’interactions finit par épuiser. La stimulation permanente peut produire une étrange fatigue : l’épuisement relationnel.
L’analyse transactionnelle propose alors une idée aussi simple que dérangeante :
nous structurons notre temps pour réguler notre dose de reconnaissance.
Parfois nous nous retirons pour respirer un peu.
Parfois nous échangeons des rituels sociaux parfaitement prévisibles.
Parfois nous bavardons pour passer le temps.
Parfois nous nous activons ensemble vers un objectif.
Parfois nous jouons à des jeux de pouvoir plus ou moins élégants.
Et, plus rarement, il nous arrive d’entrer dans une véritable intimité.
Comme si chacun d’entre nous possédait une horloge interne et un dosimètre à stimulations. Car l’être humain, malgré ses fantasmes de performance continue, n’est pas une machine.
Notre disponibilité relationnelle varie selon l’heure, la saison, la fatigue, la météo… et parfois selon l’humeur du jour. Et pour compliquer encore les choses, nos horloges internes ne sont pas synchronisées.
Nous essayons donc de vivre ensemble… avec des rythmes relationnels différents.
L’analyse transactionnelle distingue six manières de structurer notre temps, de la plus calme à la plus intense :
- le retrait
- les rituels
- les passe-temps
- l’activité orientée vers des objectifs
- les jeux de pouvoir
- l’intimité
Chacune possède ses ressources. Chacune possède aussi ses pièges.
Je vous propose d’explorer ces six formes de structuration du temps dans six prochains billets, chacun consacré à l’une d’entre elles. Car derrière la gestion du temps se cache souvent une question beaucoup plus simple : de quelle reconnaissance avons-nous faim ?
À suivre.
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