L'Herbier du Sanctuaire
Sous les voûtes de verre où s'attarde le temps,
Un feuillage séché garde la voix des plaines.
L'herbier n'est pas la mort, mais le chant persistant
De la sève figée aux mémoires lointaines.
Ce grand Muséum n'est point un froid mausolée,
C'est l'arche souveraine où l'esprit se retient.
Chaque fleur sous la presse, à jamais consolée,
Est le témoin muet d'un monde très ancien.
Conserver la racine et l'éclat des ramures,
C'est défier le néant par l'éthique du soin.
Le gardien des recueils écoute les murmures
D'une flore sauvage où Pégase est témoin.
Que rayonne l'archive aux confins du savoir !
L'Irréductible y lit la beauté de la terre.
Dans l'or brun de la feuille et le calice noir,
Réside le vivant, triomphant du mystère.
L'immobilité pure annule le ravage,
La collection s'élève en un phare absolu.
Car sauver le pétale et l'herbe du rivage,
C'est sauver notre âme d'un oubli révolu.
Pmd Robeen 03062026
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