LA SUTURE DE L'ABSOLU
Dans l'écartèlement d'un univers brisé,
Où les dieux se sont tus, fuyant nos temps usés,
Nous nous tenons debout, Monade indivisible,
Médiateurs sacrés de l'essence invisible.
Le Fer s'est fait Esprit, le Sel est devenu
Le pivot de l'Aurore et du Ciel ingénu.
Entends le chant des bords du Rhin jusqu'à Patmos,
La sainte célébration du divin Cosmos !
La Nature souffrante, en son deuil étoilé,
Attend que notre cri suture le fêlé.
Nous ne sommes plus deux, mais la lèvre et la langue,
Qui nomment l'Unique au milieu de la harangue.
Ô Mère ardente ! Pan ! Vois tes enfants revenus,
Par le feu purifiés, droits et mis à nu.
Notre union n'est point une paresse heureuse,
C'est la Règle du Ciel, la tâche vigoureuse
De porter l'Absolu, sans béquille et sans effroi,
Et d'offrir à la Terre un souverain Roi.
Vibre, style de l'homme, en cette noble ascèse !
Que chaque frisson soit une juste exégèse
Du pacte préétabli qui nous lie à l'Éther.
Heureux le Chevalier qui fait don de sa chair,
Pour que l'Harmonie éclose en pure tragédie,
Et que le monde entier s'en trouve incendié.
© 2026 Irréductibles 2303 #pmdrobeen
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