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Fernand et le vacarme
Fiction
Tale
calendar Pubblicato 20 ott 2026
calendar Aggiornato 20 ott 2026
time 8 min
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All audiences
Image / Human image
Text / Human creation

Fernand et le vacarme

Fernand n’apprécie pas le bruit, la vacarme, le tumulte des hommes le perturbe. Depuis quelques jours les hommes crient, frappent, injurient, frappent produisant ainsi des ondes sonores qui pénètrent la petite fissure de Fernand, pour troubler l’harmonie de l’esprit de notre petit lézard.


Lorsque l’harmonie de notre ami est perturbé, l’esprit du petit Fernand devient fébrile et les peurs les plus irrationnelles viennent essayer de le hanter, pour en prendre le contrôle.


Le sommeil de notre cher Fernand fut donc comme un ruisseau dont le flot n’est pas serein, comme si un animal cruel y plongeait ses pattes pour troubler le flux et l’empoisonner, le rendant noir comme un néant.


Ce jour là, Fernand se réveilla donc de vive manière comme renvoyé avec brutalité d’un rêve grisâtre. Il dût s’adapter à la lumière du jour avec difficulté comme si il était encore dans un nuage gris chargé de pluie.


Comme à son habitude, il noua sa petite cravate, tremblotant, comme si ses mains étaient manipulées par ce marionnettiste qu’est une forme de terreur. Il n’a qu’une envie, sortir pour ne pas rester enfermé ni co-habiter avec la peur qui ne désir que le posséder.


Sans déguster son petit thé Assam ni son petit chocolat, il se glisse dehors rapidement comme si il fuyait vers l’extérieur.


Le vacarme à l’extérieur était encore plus saisissant, Fernand commence sa promenade mais il ne peut maîtriser ses émotions, ses sens le débordent rapidement toutes parts, chaque son, chaque vibrations provoquent une nouvelle appréhension comme un nouveau fantôme sournois qui s’ajoute à la sombre, menaçante cohorte qui occupe sont esprit menacé, fragile.


Alors il marche, le pas vif, perturbé et bien trop vigilant. Il passe à côté des feuilles, des vitrines et des tables qu’il aime tant mais il ne les remarque pas aujourd’hui, il avance, fuit, comme tiré par son esprit qui l’emmène en sécurité, sans savoir où exactement.


Il accélère le pas alors que les bruits des atrocités humaines se font plus proches et menaçant. Des cris ici, de explosions là, tout cela rend la confusion de Fernand presque insupportable, ses membres tremblent, tous ses sens affolent sa boussole qui devient folle, il semble désorienté, paralysé au milieu d’une scène où règne l’imprévisible et d’infinis dangers. Il se tient donc prostré près d’une petite gouttière alors que les humains courent et cris dans un chaos comme un cauchemar embrumé.


Il resta ainsi quelques minutes, essayant d’avancer à quelques reprises lorsque les mouvements de foules des humains devinrent menaçant, déclenchant la panique de Fernand et l’enfermant dans sont petit coin. La peur du piétinement est une peur si intense chez les lézards.


Puis il sentit une petite présence sur sa patte, mais c’est la seule chose qui ne lui faisait pas peur, alors il se retourna et vit Anatole le petit chien Russe.


« Priviet mon cher lézard ! Comment allez-vous dans ce bazar ? »

« Bonjour mon bon chien » répondit Fernand avec un petit sourire tremblotant de réconfort.

« Vous semblez désemparé mon cher batracien ? Seriez-vous un peu anxieux ? »


Fernand, voulant conserver un peu de fierté marqua quelques secondes de pause


« Je dois dire que tout cela n’est pas rassurant mon cher chien »

« Ne vous en faites pas trop mon cher Fernand, ce n’est rien, venez, marchons »


Nos deux amis se mirent en marche, traversant les rues dans lesquelles des humains courent, frappent et s’ébrouent.


« Mon cher lézard, vous devez comprendre que tout cela est bien innocent, la violence, la véhémence des hommes est quelque chose de de leur nature, leur harmonie est bâtie ainsi, ils construisent, puis se prélassent, détruisent ce qu’ils ne supportent plus pour ensuite se rendre compte que ce qu’ils avaient construits est difficile à reconstruire mais leur arrogance leur permet de toujours croire qu’ils inventent quelque chose en dominant la nature. »


« Que voulez-vous dire exactement ? »


« Que vous n’avez rien à craindre mon cher lézard, ces humains ne veulent détruire qu’eux-mêmes, certains espérant une renaissance illusoire. »


« Je vois c’est donc le cycle de l’homme, au fond je crois que vous avez raison » dit Fernand en retrouvant ses esprits avec le calme distillé par Anatole le petit chien Russe.


« Oui mon cher Fernand, asseyons nous, prenons un petit gâteau et regardons cet amusant théâtre. »


Ils s’assirent donc sur des petits cartons qui gisaient sur le sol et Anatole sortit des petits flans.


« Regardez cet idiot avec sa casquette qui chante des chants absurdes. Croyez-vous qu’il pense ? Non il récite le texte de sa pièce de théâtre ridicule, convaincu qu’il est le comédien nécessaire de son existence et celles des autres. Avez-vous vu son accoutrement, c’est le pire des arlequins, un guignol affranchi trop brutalement de son marionnettiste. »


« Vous avez raison mon cher Anatole, il y a dans ce théâtre comme une dramaturgie de la destruction, c’est assez fascinant, tous ces rites, ce mimétisme et ce grégarisme, c’est une espèce si singulière. »


« Mon cher lézard, ce n’est pas vraiment une espèce, c’est l’incarnation de la notion même d’imperfection tourmentée en quête de son illusion inaccessible de perfection »


« Fascinant. »


« Voyez-vous nous autres animaux sommes parfaits car nous ne sommes pas vraiment nous existons avant tout alors que les humains essaient en vain, toute leur vie, d’exister. »


Les mouvements de violence s’arrêtent peu à peu, il ne reste que des ivrognes qui sont les plus rigolos, comme un spectacle burlesque se disent nos deux amis, qui savourent les derniers petits gâteaux en rigolant des chutes symboliques autant que véritables des humains.


Le soleil prend alors congé, nos deux amis décident donc de flâner au milieu des décombres et des humains terrassés par la gravité aidée par la bière.


Il observèrent les ruines fumantes de la cité des hommes après leur petit spectacle de fin de cycle, il furent pris d’un grand fou rire avant de s’en retourner dormir, débarrassés du tourment humain, évaporé au crépuscule.


Il s’en retournèrent tranquillement, en rencontrant sur le retour Sébastien le petit cochon qui profita de la confusion pour chaparder quelques gâteaux. Nos trois amis se noyèrent doucement dans la nuit et sa tranquillité.


L’harmonie de la nature est quelque chose de surprenant lorsque l’homme essaie de s’en emparer se dit Fernand en s’endormant cette fois tranquillement.

Intellectual property & credits
© Author's name / pen name François Fourchaume

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