« [L’]émotion nous sauve. »
« [L’]émotion nous sauve. », Yannick Haenel
Synchronicité du we dernier.
Épuisée, je glane pour me redresser l'âme, de quoi voir plus loin que moi-même.
Monter en haut d'une vigie est toujours la bonne solution : c'est penser le monde à la bonne hauteur - en n'oubliant personne.
Souvent, je monte, la main sur la rambarde de podcasts engagés. Je cherche les mots justes au service d'une pensée qui vise à faire le moins de mal possible à l'ensemble du vivant.
Ce we-la, j'attrape une autre rambarde et je redécouvre que l'art est un battement de coeur universel. Grâce à :
« Hamnet », par Chloé Zhao, avec Jessie Buckley, Paul Mescal. Adaptation du roman du même nom de Maggie O'Farrell.
Récit de l'intolérable et de l'inénarrable, à la fois terrien et mystique, sur le deuil qui rode, pour chacun.e de nous, flanqué à nos côtes dès notre naissance, et la transcendance par la voix de l'art et la communion humaine qu'il provoque.
Mon coeur s'est souvenu....
https://youtu.be/_Gd96mSMHfI?si=sD52jSrfV-C8trdL
Et le lendemain, j'entends ce qui est pour moi comme une légende de ce que j'ai vécu la veille.
Comme une sagesse ou mantra du sens à la vie :
« J'ai encore dans l'oreille la voix de Leila lisant ces phrases et le silence d'une classe entière, un silence que l'émotion protège, cette émotion nous sauve.»
Yannick Haenel, « La solitude des professeurs est infinie », Gallimard, coll. « Blanche », replay de La Grande Librairie, spéciale rentrée littéraire
Oui :
« [l’]émotion nous sauve. »
Ce texte écrit ce jour devait s'arrêter-là mais j'ai levé la tête et j'ai vu...
Sur la plage, iels - enfants et adultes - sont un groupe au bord de la mer et un autre avançant jusque sur la barrière de rocher, pourtant interdite. Je comprends seulement quand je vois la flopée de poussière jetée à la mer et que l'autre groupe sur le sable se sert dans les bras. Je pleure en écho.
Tout a l'heure, entre coquillages et écume, j'ai chanté ce qui me passait par la tête : j'ai demandé un signe que ... j'étais sur la bonne voie et protégée.
Je ne savais pas encore que j'allais vraiment prendre le temps d'écrire tout cela, même si cela m'habitait depuis plusieurs jours.
lels sont toustes ensemble maintenant sur la plage. Le plus dur, c'est de repartir. Repartir dans la vie.
Mais quelqu'un.e a dû amorcer le mouvement. Tête basse, le lent cortège disparaît.
Nous sommes : avec les autres.
Parce que les autres.
(Impossible d'ajouter des photos qui soient acceptées dans le texte ou des emojis. Je n'ai pas la force de chercher à résoudre le problème... Désolée.)
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