L'âme mécanique - Chapitre 2 - Piste noire, piste rouge… sang.
Avant-propos.
Nouveauté en ce qui me concerne !
Le sujet de cette histoire, les interrogations qui se posent, les découvertes qui m'apparaissent au fil de mes recherches m'ont fait comprendre que je ne pourrais pas garder le format d'une nouvelle classique.
L'âme mécanique vous sera donc présentée sous forme d'un feuilleton, des épisodes qui vont lentement dérouler l'intrigue.
Je ne suis pas familier de cette manière de développer un récit, j'aime présenter un texte terminé, une intrigue, un twist final que je sais clôturer mon aventure.
Or, cette fois, je me lance, ne sachant pas, à l'heure actuelle, vers où va me conduire l'histoire ni surtout ce que mes personnages vont m'inciter à rédiger et comment ils vont affecter le récit.
Je vais les laisser vivre ces moments à leur rythme et ils guideront mes doigts jusqu'au dénouement.
Le prologue et les deux premiers chapitres seront gratuits, la suite sera liée à un abonnement Prime.
Bonne lecture.
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Piste noire, piste rouge… sang.
La piste était complexe ce jour-là. Le gel avait été intense et le coussin immaculé s’apparentait plus à un bloc de béton qu’à de la neige. J’avais dû m’arrêter plusieurs fois et je n’étais pas le seul. Après avoir aidé un jeune homme à se relever et à récupérer ses skis, je repris prudemment ma descente. Ensuite, l'enfer s’ouvrit devant moi.
Dans l’épingle suivante, Julia avait tiré tout droit et s’était écrasée de plein fouet contre un sapin centenaire. Un pisteur était déjà sur place et appelait des renforts par radio.
L’os du tibia avait déchiré sa combinaison, ses bras lui conféraient l'apparence d'un pantin désarticulé, mais surtout, l’angle de sa nuque me fit immédiatement comprendre qu’elle était mal en point, très mal en point.
Julia fut tout d’abord transportée à l’hôpital de la Tour à Genève. Les médecins stabilisèrent son état, euphémisme pour définir le coma artificiel accordé à son corps en morceaux.
Elle fut ensuite transférée à l’hôpital « Charité Universitätsmedizin » de Berlin, dont l’antenne de traumatologie aiguë est reconnue mondialement.
L’unité est dirigée par Yakoub Kreutz, un ami de longue date et, j’ignore pourquoi j’ai pensé à cela à ce moment-là, un des nombreux prétendants que Julia avait éconduits pour ne garder que moi.
Je sais que Yakoub est, et de loin, le meilleur spécialiste des traumas crâniens en Europe, le seul vers qui je pouvais me tourner.
Le diagnostic fut sans appel ! Sans l’assistance immédiate prodiguée dès le bas des pistes, son cerveau n’aurait pas pu être préservé plus d’une heure. Cependant, cette situation ne pourrait pas perdurer ; j’allais me retrouver devant un corps vacant, alimenté par des machines. J’avais perdu ma Julia. Il ne subsisterait bientôt qu’une coquille vide dans ce lit d’hôpital.
Pourtant, Yakoub se démena comme un beau diable. Il mobilisa toute son équipe, brancha des appareils plus révolutionnaires les uns que les autres. Il développa une énergie débordante pour tenter le tout pour le tout. Durant une semaine, il accorda la majorité de son temps à Julia. Il l’isola dans une pièce remplie d’une technologie que je ne reconnaissais pas. J’étais le seul à pouvoir pénétrer dans ce qui ressemblait plus à un laboratoire informatique qu’à une chambre de réanimation.
Je ne comprenais rien à ce qu’il se passait. Tout son staff l’accompagnait, y compris Alpha, son assistante personnelle, d’une froideur sans égale. Elle ne paraissait exprimer aucun sentiment. Elle travaillait, c’était évident, mais semblait ignorer tout ce qui l’entourait. Seules, les directives très spécifiques et techniques de Yakoub parvenaient à la faire réagir.
Deux semaines plus tard, en accord avec la famille, nous avions débranché le respirateur et le stimulateur cardiaque. Julia nous avait quittés dans un dernier souffle qu’elle n’avait pu exécuter sans assistance.
Les obsèques se déroulèrent très sobrement, comme elle l’aurait certainement désiré. Sa maman et sa sœur, les derniers membres de sa famille, étaient présentes. Je déversai les cendres dans la Méditerranée, au bout du ponton de notre villa de Porticcio.
Ma vie ne serait plus jamais la même. Avec le départ de Julia, ma flamme intérieure s’était éteinte.

Illustration : grief-loss-missing-reclining@pickpic.com

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