Chapitre 15 : De l’eau !!!
Chapitre 15 : De l’eau !!!

Je n’avais jamais compris ce qui disait que la vie était un long fleuve tranquille. Chez moi, le fleuve était tumultueux, des remous tous les décimètres. Je ne savais s’il fallait faire quelque chose en particulier pour mériter le calme, une vie plus douce. La paix. Si c’était une question de karma, mes vies antérieures ont dû pourrir celle-ci. J’ai dû être un tyran, une ordure de la pire espèce. Est-ce que j’étais le plus cruel des hommes ? J’ai tué, gazé des gens ? Provoquer des guerres qui ont engendré des milliers de morts ? Car si le karma est véritablement en jeu, ce n’est pas dans cette vie que j’ai pu faire quoique ce soit qui mérite ce que j’ai pu subir, qui mérite ce que je pus faire aux autres sans le vouloir. La vie ne tient qu’à un fil ? J’en ai eu la preuve régulièrement. J’ai plusieurs fois été la lame qui le découpa. Étrange qu’un adolescent si faible que j’étais puisse un jour être aussi redoutable et dangereux.
Je me réveillai lentement, telle une princesse qui ouvrit les yeux dans son sublime bois dormant. Il me fallut de longues minutes pour que je percute : où étais-je ? Que s’était il passait ? Ma tête me faisait horriblement mal. En essayant de prendre une grande bouffée d’air pour reprendre mes esprits, et peut-être faire passer ce mal de crâne, une grosse quinte de toux me prit. Et oui, le gaz. Il avait bien attaqué mes poumons. Il fallait que je trouve de l’eau, vite. La toux ne se calmera pas sans. Je fouillai en panique dans mon sac, mais pas une seule bouteille. C’est vrai que c’était tout moi ça, je ne prenais jamais de quoi boire ou manger. Ce n’était pas la faute de ma grand-mère qui me le rabâche sans cesse : « Prends une boisson avec toi, ça peut toujours t’être utile ». Mais bon, bon adolescent qui n’écoute jamais ses aînés que j’étais, je n’en faisais rien.
Pas d’eau dans mon sac, pas de fontaine à proximité. Ma toux était de plus en plus sévère. Je craignais de finir par cracher du sang. Regardant tout autour de moi dans une frénésie incontrôlable, je crus apercevoir un distributeur de boissons à une centaine de mètres. Malgré la distance, j’avais l’impression de le voir de plus en plus nettement, comme si j’avais rapproché mes yeux du distributeur. De l’eau. Il y avait bien de l’eau. Mais est-ce que j’arriverais à temps devant la machine pour enfin boire ?
Marcher me paraissait pénible. Le mal de tête ne m’aidait pas. Mon esprit se brouilla. Après tout ce que je venais de vivre, il était hors de question que je meurs comme ça, à quelque mètre d’une bouteille qui pourrait me sauver. Je ne sais pas si mes pensées furent trop fortes ou si j’avais tellement perdu la raison que je ne savais plus ce qu’il se passait autour de moi, mais à tellement vouloir cette bouteille, la voilà qu’elle se retrouva dans mes mains. Sans me poser plus de que question, j’en vidai aussitôt le contenu avant de la jeter violemment au sol, pour finir par m’écrouler à ses côtés.
Deuxième fois que je perdais connaissance. À côté de moi, les princesses de contes de fées n’avaient qu’à bien se tenir. Jamais elles tomberaient autant que moi. La toux s’était enfin calmée. Mes poumons ne semblaient plus brûler à chaque inspiration. Mon mal de tête partait progressivement. Mais dans quel merdier je m’étais fourré ! Combien de fois vais-je frôler la mort ? Combien de fois vais-je souffrir de la sorte ?
Je finis enfin par me lever. Mais, où étaient mes affaires ? Mon sac ? Mon téléphone ? Scrutant autour de moi, je vis mon sac beaucoup plus loin, entièrement ouvert, tout son contenu au sol. J’avais déjà oublié qu’en voulant trouver de l’eau, j’avais tout sorti comme un abruti. Courant pour vite tout ranger, j’entendis comme un bruit de verre cassé ? La bouteille ? Non, elle était en plastique. Quoi d’autre alors ? J’avais peur de réaliser ce qu’il venait de se produire. Mais, en regardant sous mes pieds, j’eus un haut-le-cœur.
Je venais de retrouver mon téléphone. Enfin, ce qu’il en restait.
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