Le Ruisseau-sorcier
Le ruisseau-sorcier cueille
Les gerbes-soleils en larmes
Et fauche, ô vertes préfeuilles,
L’herbe étincelante d’armes.
Où, rêvant de Malherbe,
Je lutte contre les écueils
De la blême poésie — atoll
Qui s’écume en rousseroles —
D’un éternel paysage de brume
Se pâmant sur ma plume déserte,
Seule, sans l’amour qui s’écume,
Avec élégie en vers d’anthume…
Le ruisseau-larmoie scintille
Dans l’astre-ivre de mémoire,
Et m’emporte, libre, sans cadastre,
Vers la monstrueuse Tarasque
De mes chimères englouties —
Noirâtre cambouis de prosodie
Qui essuie, hiver, ma lenteur,
Et me fait regretter la passion
Aux bruines qui se perdent
Dans l’élégie des vers d’anthume.
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