L’Oracle des Toits Endormis
Dans le velours d’un ciel constellé,
où la lune, en grande prêtresse d’argent,
trace des runes de lumière
sur les toits muets de la cité endormie,
une chouette glisse dans le mystère,
gardienne des songes oubliés.
Son vol découpe le silence,
et dans son sillage tremble
une poussière d’étoiles anciennes.
Ses ailes, vastes comme des promesses,
effleurent les soupirs des gratte-ciels,
géants de verre et d’acier
dressés comme des vigiles immobiles,
qui murmurent aux étoiles
leurs secrets enfouis dans le béton,
leurs vertiges d’acier,
leurs rêves jamais prononcés.
Chaque fenêtre allumée
est une âme qui veille,
un phare fragile dans l’océan du sommeil,
où dérivent les pensées
comme des bateaux sans ancre,
chargés d’espoirs et de silences,
d’aveux tus
et de lendemains incertains.
Parfois, un rideau frémit,
comme si le monde hésitait
entre l’oubli et le rêve.
La chouette, oracle silencieux,
incline ses ailes vers ces fragments de vie,
porte en son vol le souffle des anciens,
les échos d’un monde oublié
où le rêve et le réel
dansaient encore main dans la main,
avant que le bruit n’efface les murmures.
Sous son regard immobile,
le temps suspend son pas,
retiendra presque son souffle.
Et sous la lune suspendue,
le temps s’effiloche,
comme un voile de brume
glissant sur les paupières du monde,
déposant une caresse froide
sur les fronts endormis.
Les heures se défont en silence,
fil après fil,
jusqu’à devenir presque rien.
Alors, dans cette nuit sacrée,
où tout semble possible,
où les ombres deviennent passage,
et les lumières, promesses,
le cœur s’ouvre à l’invisible,
comme une porte entrouverte
vers un autre langage.
Et l’âme, légère, s’élève,
délestée du poids du jour,
guidée par l’aile discrète
d’une chouette de nuit,
vers cet infini fragile
où commencent les rêves.

sharing under the same conditions
Si tu lis ces lignes, c’est que la lune t’a guidé jusqu’ici.
Ces mots sont faits d’ombre et de silence, merci de les laisser intacts, comme un rêve que l’on n’attrape pas.
Quelque part entre les lignes, un chat veille encore.
Si tu l’as senti… c’est que la magie a fait son œuvre.
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