Chapitre 5 - Contre-coup
Chapitre 5 - Contre-coup
Daliah put sortir le lendemain en fin de matinée de l’infirmerie. Elle avait toujours un arrière-goût de plantes en décomposition sur la langue. Rien de mieux pour un réveil agréable que la sensation d’avoir avalé du compost. Abyss fut prié d’y rester quelques heures supplémentaires en observation. La première idée de la jeune fille fut de retrouver son amie pour lui relater en détail tout ce qu’il s’était passé, y compris la curieuse appellation que lui avait donnée le garçon dans la grotte. Mais elle dut bien vite changer ses plans en voyant que Maître Vallys l’attendait dans le couloir, pareil à un aigle qui guettait un rongeur mal éveillé.
— Enfin, Rosenwald ! soupira-t-il en se redressant du mur auquel il était adossé. Ce n’est pas trop tôt.
— Bonjour Maître, articula péniblement l’adolescente en ravalant le « un bonjour t’aurait arraché la langue, vieux schnock ? » qu’elle lui aurait servi avec plaisir. Vous m’attendiez ?
— C’est peu de le dire, répliqua l’Arcaniste avec impatience. Mais je devais vous parler tout de même.
— Je vous écoute, marmonna Daliah, s’attendant à tout moment à entendre s’égrener une succession de punitions à accomplir.
— Puisque vous sembliez si enthousiaste à cette idée hier, je vous laisse le soin de vous occuper du jeune homme. Vous avez intérêt à le mettre au parfum, car il est hors de question qu’il soit totalement perdu pendant mes cours.
— Je dois m’en charger toute seule ? s’étonna l’adolescente.
Vallys haussa un sourcil menaçant qui laissait peu d’illusions quant à son opinion sur le sujet. Sans aucun doute, son emploi du temps de grand Arcaniste expérimenté ne permettait pas de s’investir plus dans la vie de ses élèves. Daliah retint péniblement un soupir exaspéré, que l’adulte interpréta comme résigné.
— Je viens aussi au nom de Maître Lumenor; il veut que vous le rejoigniez dans son bureau maintenant.
— D’accord.
Cette fois, Daliah ne prenait pas la nouvelle à la légère. Il était extrêmement rare que le professeur y convoque l’un de ses élèves, rendant cette perspective peu réjouissante pour elle. Elle eut à peine le temps de voir le sourire sadique esquissé par Vallys avant que celui-ci ne prenne congé.
La jeune fille se hâta à rejoindre Maître Lumenor, il valait mieux ne pas le faire attendre plus que nécessaire. Elle partit dans le couloir, tout en réfléchissant déjà aux justifications sur lesquelles s’appuyer pour défendre sa conduite. Mais au final, elle n’avait pas vraiment d’excuse valable quant à cet esclandre dans le Bois de la Lamentation.
Elle n’eut pas plus de temps pour se creuser les méninges, ses pas l’ayant déjà guidée jusqu’au bureau de l’Arcaniste. Avec un soupir résigné, elle leva le poing pour frapper à la porte… qui s’ouvrit sous son nez. Maître Lumenor apparut devant elle, et Daliah le fixa quelques secondes, bouche bée.
— Comment faites-vous pour toujours m’ouvrir avant que je toque ?
— C’est simple, j’ai entendu ta démarche dans un couloir peu fréquenté à cette heure, répondit l’adulte avec un petit sourire malicieux. Entre, nous avons quelques petites choses à nous dire.
Immédiatement, il perdit son air taquin, et l’apprentie comprit instantanément que la conversation qui s’annonçait n’était pas des plus agréables. Son professeur referma la porte derrière elle, et d’un simple geste de la main, lui fit signe de s’asseoir sur l’une des chaises matelassées. La pièce était petite et sobrement décorée, ses murs largement occupés par des étagères recouvertes de livres. Une pile de documents était étalée sur le bureau, et la lumière du jour inondait l’espace de travail. Mais cette fois-ci, Daliah ne s’intéressait pas aux livres, étant davantage concentrée sur le stress qui montait en elle. Lumenor s’assit en face d’elle en poussant un soupir las.
— Tu sais déjà pourquoi tu es ici, n’est-ce pas ? souffla-t-il en posant une main sur son front, comme pris de migraine. Mon collègue brûlait de t’affecter aux pires corvées pendant une période prolongée suite aux événements d’hier. J’ai mis un moment à le faire plier pour que ce soit à moi de m’occuper de vos sanctions.
— Je suis désolée, Maître…
— Daliah, mon enfant, ce n’est pas la première fois que tu enfreins le règlement. Jusque là, c’était sans grande conséquence, mais cette fois, tu t’es mise volontairement en danger et pire encore, tu as entraîné ton amie avec toi !
En sentant les yeux gris de l’adulte se lever vers elle, l’adolescente baissa immédiatement le regard et fixa le bout de ses chaussures. Lumenor était l’un des rares professeurs à se montrer très complaisant, mais entendre la déception dans sa voix la faisait vraiment culpabiliser.
— Je vais m’excuser auprès de Kessy, murmura-t-elle d’une voix timide.
— Je dois bien reconnaître une chose, cependant… reprit le blond d’un ton plus calme. Sans toi, nul ne sait ce qui serait advenu de ce garçon. Mais en ce qui concerne ta sanction, je pense avoir pris ma décision. La bibliothèque est dans un état déplorable, les livres mal rangés s’ammoncellent et il devient ardu d’y retrouver un quelconque ouvrage désiré. Tu vas donc accomplir le travail négligé par tant d’apprentis, et chaque livre devra regagner sa place exacte. Tu sais où trouver les volumes de l’inventaire qui te serviront de repères.
La jeune fille fit des yeux ronds en réalisant l’ampleur de la tâche, mais n’ajouta rien, consciente qu’elle n’était guère en position de se plaindre.
— Et pendant trois semaines, tu prêteras main-forte aux cuisiniers. Si je devais apprendre sur cette durée que tu as encore désobéi, j’allongerai ta punition.
Daliah déglutit face à sa sévérité, mais hocha docilement la tête. Elle pouvait s’estimer heureuse de s’en tirer à si bon compte. Vallys l’aurait noyée sous les corvées s’il avait eu la joie d’exercer sa créativité en la matière.
— Tu peux y aller si tu veux, j’imagine que tu as hâte de retrouver ton amie, acheva Lumenor avec un sourire.
— Euh oui, répondit l’apprentie en amorçant un mouvement pour se lever avant de se raviser. En fait, Maître… je me demandais si je pouvais vous poser quelques questions…
— Bien sûr, je t’écoute.
— Ce Nivalith… c’est quelqu’un de dangereux, n’est-ce pas ? Pourquoi je n’en ai jamais entendu parler ?
Le blond poussa un soupir, comme s’il s’était attendu à ce que son élève lui pose la question.
— Il est en effet un danger pour tout le monde. Et s’il voulait ce garçon, ce n’est pas bon signe. Si personne ne t’en a parlé, c’est pour deux raisons. Premièrement, il n’a pas réalisé de grand coup d’éclat qui aurait pu lui procurer une notoriété de premier plan. Il agit discrètement, mais bon nombre de pays ont eu quelques démêlés avec lui. La seconde est qu’il s’est fait tout petit pendant une décennie et n’était donc plus considéré comme actif.
— Est-ce qu’on a une idée de pourquoi il en voulait à Abyss ?
— Non, mais d’après ce que tu as pu nous dire, et étant donné la puissance qu’il a déployée contre Nivalith dans la caverne, il tient sans doute à mettre la main sur ses talents. Mais je ne peux pas t’en dire plus à ce sujet. Je t’en ai informée parce que j’estime que tu as besoin d’un peu d’explications par rapport à ce que tu as vécu hier après-midi.
— Je comprends… j’ai juste une dernière question…
— Si c’est à propos de Ni…
— Non non, pas du tout, l’arrêta immédiatement Daliah avec un sourire gêné. C’est juste que Maître Vallys m’a dit qu’il n’avait pas le temps d’enseigner l’histoire à Abyss… et je ne suis pas très douée là-dedans, je ne sais pas trop quoi faire… Vous pourriez m’aider ?
Le blond la dévisagea quelques instants, surpris par sa demande, avant de pouffer de rire, amusé par son air mal à l’aise.
— Je suis un peu débordé par les tâches administratives ces derniers temps, ricana-t-il d’un air taquin. Mais tu peux demander de l’aide à l’un de tes camarades, Priam Salirno. J’ai entendu le plus grand bien quant à ses connaissances dans le domaine. Il sera sans doute ravi de t’aider.
En sortant du bureau, Daliah tomba directement sur Kessy. Celle-ci l’avait attendue dans le couloir. Elle commença par lui expliquer ce qui était arrivé après son départ de l’infirmerie, son devoir de prodiguer quelques leçons à Abyss et la punition qu’elle avait reçue. Son amie était quant à elle seulement cantonnée à une corvée de cuisine pendant trois semaines. Immédiatement, Kessy entreprit d’asséner une succession de questions sur le garçon à son amie. Celle-ci tenta tant bien que mal de lui faire comprendre qu’elle ne savait presque rien de lui.
Il fallut attendre l’heure du repas de midi pour revoir Abyss. Les apprentis étaient tous réunis et mangeaient déjà avec appétit quand il entra dans la salle. Il s’était probablement égaré en chemin, car il était accompagné par Maître Vallys. Les têtes se tournèrent dans leur direction, observant rapidement le nouveau visage avec curiosité. Daliah se leva de sa chaise et s’approcha de lui, se doutant qu’elle était la seule personne familière. L’adolescent remercia aimablement le professeur qui s’en alla en marmonnant un vague « de rien ». Il portait une chemise grise et un pantalon noir, fournis par la Forteresse.
— Salut Abyss, salua Daliah en arrivant face à lui, comment vas-tu ?
— Salut, répondit l’intéressé en regardant tout autour de lui avant de finalement poser les yeux sur elle. Ça va, juste encore quelques bleus et quelques pansements.
Il montra ses poignets entourés de bandages, sans doute à cause des traces laissées par les racines qui le retenaient dans la caverne.
— Tu veux t’asseoir avec moi et mon amie ? proposa la jeune fille. On pourrait t’expliquer un peu le fonctionnement de la Forteresse si tu veux.
— Merci, c’est gentil de ta part, sourit Abyss avec politesse.
Daliah l’emmena jusqu’à la table où l’attendait Kessy. Il s’assit entre les deux, tandis que la blonde lui servait un peu de purée, de viande et de légumes.
— Je te présente mon amie Kessy, reprit-elle. Kessy, voici Abyss, le garçon dont je t’ai parlé.
— Enchantée de te rencontrer! lança jovialement Kessy.
— Moi de même, répondit courtoisement son interlocuteur avant de tourner la tête vers la seconde jeune fille. Daliah, puis-je te poser une question ?
Celle-ci tourna la tête vers lui, l’air interrogateur.
— Bien sûr, je t’écoute.
— L’homme qui m’a accompagné ici, Maître… Vallys, je crois. Il m’a indiqué que je dormais dans l’aile droite de la Forteresse, dans une chambre du troisième étage. Mais… je ne sais pas où cela se trouve, pourrais-tu me guider ?
— Pas de problème, je suis là pour t’aider. Pour tout te dire, Maître Lumenor m’a confié la responsabilité de t’accompagner. Je serai tes repères en quelque sorte. Et si tu en as l’envie et le temps, on verra aussi pour un petit cours d’histoire et de géographie de la région.
— Avec plaisir ! Si tu veux le faire après le repas, ça me convient.
— Par contre, je t’avoue que je ne suis pas très douée en histoire, admit Daliah avec un sourire amusé. Je vais demander un coup de main à l’un de mes camarades.
La jeune fille regarda autour d’elle afin de repérer le garçon dont lui avait parlé Maître Lumenor. Mais avec près de cent-cinquante élèves, en retrouver un seul dans la masse était plutôt complexe. Finalement, elle le localisa à une table, feuilletant tranquillement un livre. En se levant pour l’approcher, elle réfléchit à un moyen de lui demander son aide. En dehors de Kessy, elle n’était pas particulièrement proche de ses camarades apprentis.
— Salut, tu es bien Priam, c’est ça ?
Le garçon releva la tête vers elle, ses cheveux auburn tombant doucement devant ses yeux marron. Même assise, la jeune fille devinait qu’il était plus grand qu’elle. Il avait l’air plutôt sympathique, et il gratifia la nouvelle venue d’un sourire chaleureux.
— Oui, c’est bien moi. Et toi tu es Daliah ! Ta réputation te précède. Je peux faire quelque chose pour toi ?
— Oui, justement… Est-ce que tu vois le garçon avec les cheveux bleus assis à côté de mon amie Kessy ? demanda-t-elle en désignant la table quelques mètres plus loin.
— C’est un nouveau ? Je ne pense pas l’avoir déjà vu avant, remarqua Priam en l’examinant de loin.
— On peut dire ça. On l’a trouvé en forêt, il est totalement amnésique, il ne connaît même pas la région et il reste ici pour le moment. Les Maîtres veulent que je l’aide à s’acclimater ici, et que je l’aide à se remettre à la page. Tu pourrais m’aider à lui donner un cours en histoire de la région ?
— Eh bien, pas de problème ! Si je peux filer un coup de main, alors ce sera avec plaisir. On se retrouve dans quinze minutes à la bibliothèque, ça te va ?
— C’est parfait, merci beaucoup ! accepta Daliah avec un hochement de tête énergique.
— À tout à l’heure !
Priam se leva de sa chaise, son livre sous le bras, et s’éloigna avec un signe de la main et un sourire amical. L’adolescente retourna auprès de son amie et d’Abyss, et les prévint qu’ils avaient encore un quart d’heure avant de retrouver le garçon au lieu convenu. Ils discutèrent quelques instants avant de finalement quitter la salle à manger pour prendre la direction de la bibliothèque.
Abyss examinait avec curiosité la décoration dans les couloirs de la Forteresse. Daliah montrait le chemin, et Kessy suivait derrière en silence. Elle regardait beaucoup le garçon, mais ne savait visiblement pas quoi dire.
La bibliothèque de la Forteresse était un endroit assez apprécié. C’était un recueil d’étude et de savoir. Les étagères très hautes étaient remplies de livres. Certains des ouvrages étaient simplement posés en pile au bas des meubles, puisque personne n’avait envie de les ranger. Des tables étaient installées un peu partout dans la pièce. À l’une d’elles était installé Priam, qui avait ramené une pile de livres posée à côté de lui. En les voyant, il leur fit un signe de la main pour les inviter à approcher.
— Bonjour tout le monde ! salua-t-il avec bonne humeur avant de poser son regard sur l’autre garçon. Tu es le nouveau, n’est-ce pas ? Je m’appelle Priam.
— Abyss, ravi de te rencontrer, répondit aimablement l’adolescent.
— Daliah, Kessy, est-ce que vous voulez rester ici avec nous ou alors vous avez d’autres plans?
— Nan, je vais rester, soupira son interlocutrice, je suis naze en histoire, un cours de rattrapage me fera pas de mal.
— Faut que je révise de toute façon, marmonna la blonde d’un air maussade. Autant le faire en groupe que toute seule…
Les deux demoiselles s’installèrent face à Abyss et Priam, assis l’un à côté de l’autre. Le second attrapa un premier livre et l’ouvrit pour le feuilleter rapidement.
— Bon, on va commencer par le commencement. Ici, Abyss, tu es sur la planète Tharion de notre système stellaire.
Il tourna les pages de son ouvrage quelques secondes avant de s’arrêter, et montra une illustration à l’encre noire du doigt. Elle représentait un homme et une femme. Le premier semblait avoir des cheveux clairs et un air glacial, tandis que la dame à ses côtés arborait une chevelure sombre et un regard qui semblait plus malicieux. Tous deux portaient sur leur tête une couronne.
— Vu que cela remonte à quelques millénaires, il est difficile de faire la part de légende et de vérité, mais voici les premiers souverains de la région de Ravière. Ils ont protégé cet endroit contre une invasion extérieure et le peuple les a choisis comme dirigeants. Différentes dynasties se sont succédées sur le trône au fil du temps.
— Euh… mais Ravière est sous l’autorité de l’Ordre, donc de plusieurs personnes maintenant, marmonna Kessy. Elle a disparu quand, la royauté ?
— Ah d’accord… tu écoutes vraiment pas en cours, ricana Priam d’un air moqueur en tournant quelques pages de plus. Après la mort de sa femme, ce roi — il tapota l’image — a totalement perdu les pédales. Il a provoqué des guerres avec plusieurs états voisins et a mené la région au bord de la famine, des révoltes majeures ayant naturellement suivi. Son frère est intervenu, l’a provoqué en duel pour le trône et a gagné en l’achevant. Ce n’était pas par jalousie, du moins les récits de l’affrontement s’accordent à le dire, ni par soif de pouvoir. Il voulait empêcher son frère de détruire ce qui avait été construit avant. Ce prince a remis beaucoup de choses en ordre. Ses enfants ont voulu éviter que les pleins pouvoirs ne se retrouvent entre les mains d’une seule personne. Ils ont donc fondé l’Ordre de Ravière, qui administre de fait le territoire depuis environ cinq cent ans. La monarchie existe toujours, mais a essentiellement un rôle représentatif.
— Et les autres pays, ils ont aussi un système semblable ou pas ?
Priam referma avec soin le volume avant de s’emparer d’un atlas, y montrant du doigt une carte du continent.
— Ça dépend, les principautés vassales de Ravière en sont un exemple. Sallencourt est une monarchie élective avec un parlement, Nerval est une branche cadette de notre Ordre. Parmi nos alliés, Vielsart est une importante cité-état maritime dirigée par un conseil de notables de la ville.
Il tapota ensuite de l’index un chapelet d’îles au sud-est du continent.
— L’archipel de Dalvir est co-dirigé par quelques grandes familles.
Son doigt se déplaça vers le nord-est de la carte, et entoura une bande de terre.
— Kadoro est une république avec un système électoral compliqué, fraîchement indépendante après une guerre contre Velona. Mais s’il y a bien une chose qu’ils ont tous copiée d’ici, c’est l’idée d’instruire les futurs Arcanistes ; en tout, on compte une quinzaine de grandes académies dans le monde.
— La vôtre, comment est-ce qu’elle fonctionne ? interrogea Abyss.
— C’est la tienne aussi, à ce que je sache, s’amusa Priam en lui donnant un léger coup de coude amical.
— Ce sont les Arcanistes comme Maître Vallys — celui que tu as vu — ou Maître Lumenor qui sont nos professeurs, expliqua Daliah. Pour le moment, Kessy, Priam, moi et tous les autres, nous ne sommes pas encore des Arcanistes, nous ne sommes que des apprentis. On a différents cours théoriques, comme l’histoire, un peu de sciences, du droit, et évidemment des entraînements. Nous travaillons en général par niveau de maîtrise des Arcanes, et non par âge.
— Au fait, demain matin, nous avons entraînement non ? marmonna Kessy d’un air maussade. Géniaaaal, j’aime la souffrance dès neuf heures du matin.
— J’ai juste une autre question, intervint Abyss avec un sourire discret. On est quel jour ?
Daliah resta silencieuse quelques secondes, et échangea un long regard avec Priam. Dans leur hâte, ils avaient totalement oubliés qu’il était totalement amnésique. Il ne connaissait même pas la date.
— On est le 1er Niterien 4383, répondit le garçon
— D’ailleurs, je ne t’ai pas encore montré ta chambre, Abyss, se rappela la jeune fille à côté d’elle. Tu as dit que c’était dans l’aile droite au troisième, c’est ça ?
— C’est vrai ? s’enthousiasma Priam en se tournant vers le garçon. Je suis au même endroit. Tu es dans quelle chambre ?!
— La numéro 23.
— Beuh ? lâcha Daliah, hébétée.
— YES ! s’exclama l’adolescent aux cheveux auburn.
— Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna Abyss en les regardant en alternance.
— Je suis dans la 22, répondit la jeune fille.
— Et moi la 24, ricana Priam.
— Eh bien, avec vous deux, je ne risque pas de me perdre, sourit son voisin de table.
— Gnagnagna, soupira Kessy, ruminant son amertume de loger au quatrième étage.

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