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Exercice d'écriture 5 mots imposés (en caractère gras)

Exercice d'écriture 5 mots imposés (en caractère gras)

Pubblicato 23 feb 2026 Aggiornato 23 feb 2026 Humor
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Exercice d'écriture 5 mots imposés (en caractère gras)

Rabelais, ne reviens pas !



Article écrit par Anne Blot, pour le journal Arts et culture


Le monde du cinéma déprime : le grand acteur François Rabelais déserte Paris et son quartier germanopratin pour s’installer à Bouzemont, un microscopique village vosgien.

C’est avec un grand étonnement que nous avons appris le déménagement définitif de Monsieur Rabelais dans le département des Vosges. Afin de connaître les raisons qui ont poussé ce grand talent à quitter le quartier littéraire et artistique de Saint Germain des Prés, notre journaliste tout terrain Anne Blot est allée à sa rencontre ce week-end.


Début de l’interview – je suis installée au bord d’une fontaine en pierre – Monsieur Rabelais a rapporté deux verres à liqueur et une bouteille de Mirabelle, certainement pour nous réchauffer car il fait sacrément froid dans les Vosges !

— Il faudra rajouter quelques didascalies à votre article Anne : cette scène est réjouissante !


C’est par cette phrase que l’interview débuta. Ça m’a paru bien étrange : François Rabelais était connu pour être un vrai agelaste. Il était toujours le premier choix des metteurs en scène pour incarner des personnages ayant une aversion pour le rire, les plaisanteries, les blagues.

— Monsieur Rabelais, quel endroit bucolique pour démarrer cette interview ! Comment allez-vous depuis votre emménagement dans la plaine vosgienne ?

— Je me porte comme un charme, chère demoiselle ! répondit-il du tac au tac.

— Excusez-moi pour cette future question, mais elle me brûle les lèvres : qu’est- ce qui vous met de si bonne humeur aujourd’hui ?

— Ça ne date pas d’aujourd’hui, très chère, je suis dans cet état depuis ma rencontre avec les Vosges.

— Dites m’en plus, nos lecteurs sont avides d’informations vous concernant.


Rabelais servit la Mirabelle et répondit avec un regard rieur à ma demande.

— Bien, bien. Je me lance ! Le Vosgien ne manque pas de style. Il mange du munster, il clenche les portes (entre parenthèses je vous conseille de vérifier la définition dans le Petit Robert), et il est bien loin de l’image d’Épinal qu’on voudrait lui faire porter. Il lit tout autant du Nicolas Mathieu qu’il écoute du Claude Vanony, et admire aussi bien un Georges de la Tour au Mudaac qu’un Vincent Munier au cinéma Palace. J’apprends à apprécier ses silences qui n’ont rien de pesant, au contraire. Il ne parle pas pour ne rien dire. Il ajoute parfois un petit déterminant devant les prénoms. C’est ainsi qu’il me surnomme « le François ». Ça le rend assez touchant.


Il commençait par me courir sur le haricot avec sa tirade remplie de métonymies, d’antonomases et d’engouement pour l’autochtone. Et ce sourire… Ce sourire pendu à ses lèvres … Un nigaud, voilà à quoi il ressemblait, à un nigaud ! Un bêta alcoolique qui plus est. Il venait de se resservir une goutte !

— Votre tirade est très élogieuse. Les lecteurs voudraient savoir pourquoi vous avez cette inclination pour la campagne vosgienne.

— Les Vosges m’offrent tout ce dont je rêvais depuis quelques années : le calme, la beauté des paysages, la simplicité et la justesse des discussions. C’est le paradis ici !

Un tracteur passa au même instant, Rabelais reconnut son voisin au volant. On était en pleine période d’épandage.

— Môn ! Voilà le François qui rejoue à l’acteur ! Comment ça va ? Puis, se tournant vers moi Bonjour ma p’tite dame ! Pas trop froid assise à même la pierre ?

— Bonjour monsieur, ça va bien merci ! Je suis journaliste et j’interv…


Rabelais, me coupant la parole :


— Salut Christian ! Cet épandage, ça avance ?

— J’en verrai bientôt la fin, oui ! À tantôt !


Puis le tracteur passa, et une odeur nauséabonde vint s’installer durablement dans mes narines. Quelle horreur ! Je dus faire une grimace car Rabelais me dit, amusé :


— C’est grâce à Christian que vous pouvez manger de bons légumes bio. L’épandage est naturel ici : on récupère le fumier et on le répand sur les parcelles. C’est magnifique !

— C’est magnifique, mais quelle odeur insupportable !

— Insupportable, c’est vous qui l’êtes ! Vous croyez peut-être que l’odeur des bouches de métro n’est pas insupportable ? Allez, je ne vous retiens pas, vous aurez tôt fait de me dézinguer dans votre article !


J’avais au moins réussi à lui enlever ce sourire niais du visage. Je ne demandai pas mon reste, rejoignis ma voiture de location afin de prendre le TGV à Nancy. Vite, vite, le bruit de la ville, les odeurs de la ville, et l’alcool de la ville ! Tu peux rester ici Rabelais, on ne te retient pas !


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