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Chapitre 4.3 - Lourdes
Fiction
Historical
calendar Pubblicato 15 lug 2026
calendar Aggiornato 15 lug 2026
time 3 min
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Chapitre 4.3 - Lourdes

À Lourdes, Julienne voulait se rendre à la Grotte, bien sûr, dans l’espoir d’un miracle pour son fils aîné. Elle ne se faisait pas trop d’illusions mais on parlait, dans la famille, d’un lien de parenté, assez lointain, avec les Soubirous. Cela jouerait-il en sa faveur ?


Au terminus, il fallait encore emprunter un tramway urbain pour aller au plus près de la grotte de Massabielle, là où Bernadette Soubirous aurait aperçu ses fameuses « apparitions », en 1858.


Julienne n’était pas encore née mais on le lui avait raconté. L’affaire avait fait grand bruit, à l’époque, et les visiteurs s’étaient multipliés, très rapidement, comme des petits pains. Les lignes de chemin de fer de la région avaient été prolongées jusqu’à Lourdes et des trains spéciaux formés pour transporter les pèlerins qui se comptent bientôt par dizaines et centaines de milliers.


Trois ans après les « apparitions », l’évêque de Tarbes avait acheté la grotte à la commune. Puis une double basilique – énorme – avait été bâtie au-dessus de la grotte, sur deux niveaux, dans un style néogothique.


Entre temps, on avait construit des « piscines » afin que les pèlerins puissent profiter au mieux des bienfaits supposés des «eaux miraculeuses ». Ça, Julienne s’en souvenait. Elle était alors adolescente et le journal des Pyrénées s’était largement épanché sur le sujet. Il s’agissait en fait de bassins individuels, sortes de baignoires, en pierre, remplies d’eau de la source provenant de la grotte. Une eau à douze degrés, environ, sans propriété particulière sinon celle que les croyants lui prêtaient.


Bagnères avait ses thermes, pour les curistes, et même une avenue de la Fontaine ferrugineuse. Mais, ici, ça n’était pas la même chose, « ça ne guérissait pas pareil », disait-on.


«Faites qu’il soit vivant ! implorait Julienne, en touchant la paroi de la grotte, même estropié, mais qu’il revienne ! »


Elle n’avait pas réalisé le circuit complet du parfait pèlerin : « passer à la grotte, boire aux fontaines, être baigné aux piscines, déposer un cierge ». Pourquoi se serait elle baignée ? Elle n’était pas malade. Mais elle avait déposé un cierge à l’endroit même où « la petite bergère des Pyrénées » avait, dit-on, tenu sa main tout près de la flamme d’un cierge bénit sans ressentir la moindre brûlure. Peut être même Julienne avait-elle proposé sa vie en échange de celle de son fils ? De quoi est capable une mère ?


Si cela avait fonctionné, l’information ne lui était pas parvenue. Pas plus de nouvelles de Pierre, en ce mois d’août finissant, qu’auparavant. Mais cela ne faisait que deux semaines, après tout. Ces choses-là prennent du temps, sans doute. Allez savoir.



[ Photo dodo71 sur Pixabay recadrée ]




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