Licorne, Oryx, Chimère
Tout autour du banc,
les arbres font
comme une porte,
un Temple à la Déesse
que tu ne manqueras
d’être pour moi,
simple Guetteur
de tes Songes.
Car il me plaît
de t’envisager sous
les traits indistincts
de quelque animal fabuleux,
Licorne, Oryx, Chimère,
en tout cas image nichée
au plus secret de
mon imaginaire,
un Double en
quelque sorte,
un Jumeau,
une Ombre Siamoise.
Ainsi figurerais-tu mon envers,
le contrepoint que mon esprit
réclame afin de se connaître
en totalité.
Sais-tu combien
il est éprouvant
de sentir en Soi
la ligne d’une division,
la trace d’une césure,
de s’approcher,
à tout instant,
d’une faille
qui pourrait
s’ouvrir où connaître
le plus cruel désespoir,
s’immoler en Soi
et perdre
toute prétention
à être.
Mais vois-tu,
malgré ma
plainte lancinante,
un genre de mélancolie
s’abreuvant à sa propre source,
je ne suis nullement triste,
seulement en
attente de Toi :
Flocon qui virevoltes
et hésites à rejoindre le sol,
Encre du Ciel qui
imprimes en moi
ses précieux caractères,
Arbre levé dans la
toile du silence,
Place lovée
en sa blancheur,
Banc de bois
qui dessine
le souvenir de Toi.
Le possible de Toi
Oui, de Toi.
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