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Chapitre 4 Partie 1

Chapitre 4 Partie 1

Pubblicato 1 mar 2026 Aggiornato 1 mar 2026 Fantasy
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Évidemment, il avait fallu qu’il se fasse arrêter par la garde royale…

Jahan ravala un soupir et lança un regard aux deux gardes qui marchaient de chaque côté de lui, qui le tenaient chacun d’une main ferme enroulée autour du bras. Leur visage était impassible, fixant droit devant eux, les mentons fièrement relevés. Le claquement de leurs hautes bottes de cuir résonnait contre les murs en pierre sombre du long couloir, s’ajoutant au cliquetis des chaînes qui liaient les poignets de Jahan. Des torches murales disposées tous les trois mètres balançaient l’ondulation de leurs flammes sur les contrastes, allongeant les ombres.

Il avait réussi à semer les hommes lancés à sa poursuite, mais pas sans mettre une bonne dose de désordre à travers les rues d’Iliso. Pour quelqu’un qui avait souhaité passer inaperçu pendant son séjour improvisé sur Karukera, il pouvait repasser. Ces types étaient plus tenaces que des bernacles.

Sa brève—bien que très agréable—rencontre avec cette mercenaire au marché lui avait fait perdre des secondes précieuses, qu’il avait dû amortir en renversant à son passage une bonne dizaine de chariots et de paniers remplis de vivres et de denrées diverses. L’un des types avait fini sa course tête la première dans un étal à poissons (pour son plus grand plaisir) et il avait été en bonne voie pour quitter le centre de la ville, avant que la garde ne lui tombe dessus au détour d’une rue.

Ils tournèrent à droite sur un couloir plus large, et Jahan releva la tête vers les doubles portes en bois qui se profilaient à l’autre bout. Deux gardes vêtus de la tunique beige ornée du blason de Karukera (une tortue luth brodée en fils d’or) encadraient les portes, chacun armé d’une lance qu’ils tenaient à la verticale.

Jahan baissa les yeux sur la bague en argent à son index gauche. La devise de sa famille, finement gravée dans le métal, semblait le lorgner avec insistance.

Ne fais confiance à personne.

Les mots de Minoo, sa sœur cadette, se répétaient en boucle dans son esprit. Comme une comptine redondante et entêtante, qui l’avait accompagné depuis le moment où il avait lu son message, jusqu’à son arrivée sur Karukera, et tout le long de la semaine qu’il venait de passer sur l’île, à se cacher et à essayer de trouver un moyen discret de rentrer chez lui.

À présent à quelques secondes de rencontrer la gouverneure Oluwaseyi, il savait qu’il allait devoir user de toute la finesse dont il était capable pour rester sous le radar. Parce que si son arrestation par la garde royale lui offrait le privilège de se cacher un temps de ses poursuivants, ça n’enlevait en rien à la précarité de sa situation.

Plus les jours passaient, coincé sur cette île, plus il mettait sa famille en danger, et plus le nouveau pouvoir en place sur Anshar prenait de l’ampleur. Il jouait contre le temps et contre une montagne de questions sans réponses.

Ne fais confiance à personne.

Il avait encore du mal à imaginer que Sutekh ait pu sciemment renverser le pouvoir de son royaume. Un homme qu’il avait connu toute sa vie, réputé pour sa bonté, sa patience et ses conseils réfléchis. Un homme apprécié pour ses traits d’esprit et sa gentillesse, qui avait dévoué sa vie entière au pharaon. Qu’est-ce qui avait pu se passer pour qu’il change aussi drastiquement de comportement ?

Jahan avait douté pendant un temps. Il avait espéré que Minoo se trompait. Qu’elle avait peut-être même tout inventé pour l’obliger à rentrer chez lui.

Mais le silence qui avait suivi la dernière missive de sa sœur, et l’absence prolongée de Sati, avaient suffi à corroborer les dires de sa cadette. Jamais son dragon ne serait resté aussi loin de lui aussi longtemps, s’il avait su qu'il était en danger.

Non, il allait devoir se débrouiller seul cette fois.

Jahan lança un regard en coin prudent aux deux gardes qui l’entouraient, son attention toujours sur ses mains enchaînées. Avec des gestes lents, il utilisa son pouce gauche pour faire glisser l’anneau vers le bout de son index, avant de dissimuler le bijou au creux de son poing.

Quand il releva la tête, ils étaient devant les doubles portes. Il cligna des yeux pour s’extirper de ses réflexions, les gardes de chaque côté de l’entrée agrippant chacun une poignée avant de repousser les battants.

La salle d’audience était large et austère. Des torches murales installées le long des murs éclairaient les brefs éléments de décoration qui habillaient l’espace rectangulaire, et de minces fenêtres à droite et à gauche offraient une vue imprenable sur les toits de la ville et le ciel poudré d’étoiles. L’effervescence nocturne remontait dans les airs et dansait dans le vent chaud et iodé qui s’engouffrait par les ouvertures. Les lumières d’Iliso scintillaient un peu partout à travers les rues—un millier de points orangés qui vacillaient dans la nuit. Une délicate odeur de fleurs flottait dans la chaleur moite.

Au bout de la salle, un long bureau rectangulaire, aux lignes fines et épurées, était installé sur une grande estrade de pierres rehaussée d’environ vingt centimètres. Jahan posa son regard sur la gouverneure, installée dans une chaise à haut dossier derrière le bureau, occupée à signer des documents à l’aide d’une plume de faucon.

C’était une grande femme d’une cinquantaine d’années, à la beauté froide et élégante. Une longue robe mauve habillait son corps élancé et ferme, dévoilant ses épaules et son port de cou. Une bande de tissu couleur cuivre décorait le bas de la jupe, et ses bras nus et tatoués arboraient de larges bracelets en argent. Un foulard, couleur cuivre lui aussi, allongeait ses traits et rehaussait sa peau d’ébène. Son regard était ferme, l’éclat dans ses iris noirs scintillant d’une intelligence pointilleuse.

La gouverneure Oluwaseyi était réputée pour son intransigeance concernant les lois qui régissaient Karukera. Elle menait Haute-Terre d’une main de fer, surveillant le bouillonnement constant qui se propageait dans les rues d’Iliso d'un regard impartial. Et si certaines affaires échappaient à son jugement, c’était tout sauf une erreur de sa part. Pas étonnant que la reine Adhiambo lui fasse confiance depuis maintenant presque trente ans.

Jahan se laissa docilement conduire à travers la salle silencieuse, englobant les lieux d’un regard calculé—un peu d’intimidation et une touche de surprise, juste assez pour passer pour le quidam innocent. Quand on l’arrêta devant le bureau, il se plia respectueusement au niveau de la taille, la tête bien basse.

— Gouverneure Oluwaseyi, il salua, avant de se redresser.

La gouverneure releva la tête de son travail administratif, le considérant un moment sans rien dire alors que le garde à sa droite (un jeune homme blond qui devait avoir l’âge de Jahan) changeait discrètement de jambe d’appui. Elle nota ses vêtements éliminés qu’il portait depuis une semaine, les chaînes à ses poignets, son visage bruni par le soleil puissant de Karukera, ses cheveux noirs emmêlés par le sel, la sueur et la poussière.

Pendant tout le temps où elle l’observa, il garda un visage impassible et modeste, sa bague toujours cachée dans le creux de son poing lui brûlant la paume.

— J’ai cru comprendre que vous aviez commis quelques désordres dans ma ville, jeune homme, finit par déclarer la gouverneure.

Sa voix était à son image, posée et intimidante. Élégante et sévère. Mais non sans un fragment de douceur enrobé dans le fond de sa gorge. Elle parlait parfaitement la langue commune.

— Désolé pour ce léger incident, répondit Jahan, sans réussir à retenir un sourire en coin.

Il entendit le garde à sa droite étouffer un petit rire amer. Un léger incident qui avait quasiment saccagé une rue entière d’Iliso.

La gouverneure pencha la tête de côté, l’observant d’une attention plus accrue.

— Quel est votre nom, jeune homme ?

— Jahan, Madame. Jahan Baashir.

— Un homme d’Anshar, elle constata en notant son léger accent.

Elle se redressa sur sa chaise, croisant ses longs doigts sur son bureau.

— Qu’est-ce qui vous amène aussi loin de votre royaume ?

— Un événement malheureux, je le crains, expliqua Jahan, accentuant ses paroles d’une brève révérence du menton.

— Je vous écoute.

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