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Cerise sur le gâteau — Valérie 5/5
Fiction
Erotic romance
calendar Pubblicato 29 ott 2026
calendar Aggiornato 1 nov 2026
time 17 min
18+

Cerise sur le gâteau — Valérie 5/5

Valérie, mode d'emploi - 5/5



Cette publication comporte des scènes ou des évocations à caractère érotique. Sa lecture est réservée à un public majeur et averti.




C’est vrai, j’ai proposé à Valérie d’habiter chez moi. Ça m’est venu spontanément, comme une solution naturelle aux entraves qui l’empêchent d’accorder à son rêve la place qu’il mérite. Les heures passent, le week-end approche. Valérie ne me donne pas sa réponse. Elle doit certainement prendre le temps de réfléchir. Nous avons à peine l’occasion de nous croiser, au restaurant ! Il faut dire aussi que les fins de semaine sont chargées. Les samedis, en particulier, s’avèrent éprouvants. Heureusement, l’établissement est fermé le dimanche et le lundi.

Samedi 29 août 2026. Valérie vient me voir à la fin de son service :

— Tu étais sérieux, l’autre soir ? Ta proposition, elle tient toujours ?

— Oui, bien sûr. Mais si jam…

— Bon, tant mieux. Parce que je me suis déjà inscrite à l’université. Et dans deux jours, j’envoie mon préavis au proprio. J’aurai quelques semaines pour me retourner. Mais il ne faudra pas traîner pour libérer mon appartement…

Je ne sais pas quoi dire. Je souris bêtement en fixant Valérie dans les yeux. Les miens s’embrument discrètement. Polo le poète nous surprend et ne peut s’empêcher d’intervenir :

— Hé, Valoche, tu viens me friser les baloches ! s’esclaffe-t-il.

Valérie, debout face à moi, ne le regarde même pas. Elle passe ses bras autour de mon cou pour m’embrasser ostensiblement, longuement et sans équivoque. Polo en reste médusé dans le couloir. Il tourne les talons et rejoint la plonge.

Valérie poursuit :

— Dany est au courant. Il a bien fallu que je lui dise que je retourne à la fac dans quelques jours ! Je crois qu’il s’en doutait un peu…

— Alors, comme le cocu, je suis toujours le dernier averti ! ne puis-je m’empêcher de plaisanter.

— Non, rétorque Valérie en souriant. Visiblement, Walter Polo n’était pas encore au parfum !


*


Tout s’est passé très vite, au cours de septembre. Valérie a donc démissionné de son poste de serveuse à La Bouche des Goûts, elle a fait sa rentrée universitaire, nous avons effectué son déménagement, puis elle a vendu sa voiture. Depuis le 20 du mois, nous vivons ensemble, dans mon petit trois-pièces qui a du mal à contenir les affaires de deux vies. Je ne suis pas encore habitué à ne passer la nuit que dans la moitié gauche de mon lit, à partager ma salle de bain, ou à devoir patienter le matin devant la porte des toilettes. Mais on s’organise. Et quel bonheur lorsque, le soir pour s’endormir, elle serre son corps contre le mien ! Dans un petit rituel exquis, nous entremêlons nos jambes, et Valérie m’embrasse avant de fermer les yeux. Ma belle a les pieds froids, mais le cœur chaud !

Valérie m’a aussi présenté à ses parents. Je n’ai même pas eu le temps d’angoisser : tout s’est passé vraiment très vite ! Et très bien. Ils sont ravis de voir leur fille reprendre ses études, et m’ont accueilli à bras ouverts. Bref. Nous sommes dans cette phase euphorisante où les jeunes couples sont encore dans la découverte mutuelle, où les petits défauts de chacun provoquent les petits bonheurs de l’autre.

Le plus difficile pour Valérie, dans cette période mouvementée, a été de faire ses adieux au restaurant, aux collègues, à Dany le patron, y compris à Polo le plongeur. Elle a dû promettre à tout le monde de revenir nous voir régulièrement. Elle est même prête à faire des extras en tant que serveuse le samedi, histoire « d’amasser un p’tit pécule » — comme dit souvent Polo, qui complète toujours sa phrase par une rime dont il a le secret.

Quant à moi, je dois mettre les bouchées doubles au travail, je ne dois pas lésiner sur les heures supplémentaires en cuisine. Je dois pouvoir subvenir aux besoins pécuniaires de deux adultes : un loyer, une voiture, l’assurance, Internet… J’ai fait les comptes : deux adultes, ça devrait passer. En outre, j’adore mon boulot ! Et Dany m’est vraiment d’un grand secours. Il me fait confiance, il se tient toujours prêt à m’épauler et m’aide à perfectionner mon activité aux fourneaux. Je sais qu’il nous aime bien, Valérie et moi, et je veux lui rendre la pareille.


*


Les mois s’écoulent paisiblement. Peu à peu, sans même nous en rendre compte, « chéri(e) » s’est imposé dans notre langage quotidien. D’un commun accord, nous avons vite réparti nos tâches domestiques respectives : je prends en charge la cuisine — repas, vaisselle, rangement — et Valérie s’occupe du linge — lavage, repassage, rangement. Le ménage se fait toujours à deux le dimanche matin. Et cela donne souvent lieu à des scènes cocasses, voire coquines ! Il faut dire que ma belle a l’habitude d’épousseter en sous-vêtements ! C’est plus agréable et ça lui évite de transpirer, m’a-t-elle confié la première fois. Les voisins ne se sont jamais plaints. Heureusement que nous n’avons pas de vis-à-vis. En revanche, sa tenue légère m’empêche toujours de bien me concentrer sur mes tâches ménagères ! Est-ce un hasard si nous avons pris l’habitude de nettoyer notre chambre en dernier ?

À La Bouche des Goûts, Dany me pousse à faire preuve d’audace et d’inventivité. Je suis désormais seul responsable du menu enfant, pour lequel j’ai créé trois assiettes successives que je n’ai de cesse d’améliorer. D’abord, une entrée d’œufs mimosas en forme de croix, que j’ai appelée « Jamais d’œufs sans croix ». Puis, un plat chaud de gigot-frites modestement intitulé « Le seigneur des agneaux ». Enfin, ce qui me rend le plus fier, mon « Tiramisouris » : un dessert en forme de rongeur qui fait fureur auprès des têtes blondes ! Valérie, impressionnée, me trouve un véritable talent pour faire manger les plus jeunes…

Ma chérie vient souvent nous (me) rendre visite entre deux cours magistraux. Elle semble s’épanouir dans ses études. Et maintenant que nous n’avons plus à cacher notre amour mutuel, elle m’embrasse sans vergogne ! J’en suis même parfois confus. Ne faisons-nous pas preuve d’un peu trop de zèle ? Quoi qu’il en soit, cette effusion sentimentale provoque chez Walter Polo un embarras tel qu’il a cessé de déverser de déplaisantes insanités sur ma compagne. Mais Polo reste Polo…


*


16 novembre 2027. Déjà quatorze mois que nous vivons ensemble ! Aucun nuage ne vient assombrir notre petit paradis à deux. Bien sûr, le quotidien peut parfois s’entacher de désaccords, et les fins de mois peuvent se révéler compliquées. Mais notre complicité ne cesse de grandir. Pour me taquiner, ma chérie me fait souvent remarquer que ma propension aux calembours et autres jeux de mots doit être symptomatique de quelque fantasme libidineux inavouable. « Je dois demander à mon prof de psychopathologie ce qu’il en pense ! » J’espère qu’elle n’osera pas… Après plus d’un an de vie commune, Valérie trouve encore le moyen de me surprendre !

Mais le 16 novembre, c’est aussi mon anniversaire. L’année dernière, nous avions passé une soirée conventionnelle, mais fort agréable : cinéma, repas, câlins sous la couette… Cette fois, Valérie me dit qu’elle s’occupe de tout ! Je vais travailler comme d’habitude, je ne pense à rien, je dois juste prendre une bonne douche et me changer à mon retour. Elle me réserve une surprise. Voilà qui s’annonce prometteur, et intrigant…

Dès mon arrivée, une odeur de plats cuisinés flotte délicieusement jusque dans le couloir. Valérie a-t-elle préparé elle-même un repas pour l’occasion ? J’entre, ma compagne me saute au cou, m’embrasse, me souhaite un joyeux anniversaire, et déclare, tout excitée :

— Je t’ai mitonné des verrines de thon au sirop de violette, je sais que tu adores ce parfum. Tu m’en diras des nouvelles. Mais chut ! C’est une surprise !

Je reste bouche bée, sous le charme de ce geste tendre et attentionné.

— Chéri, mets-toi à l’aise, va prendre une bonne douche. Moi, je dois finir quelques préparatifs.

Je m’exécute sans attendre. Ça va me relaxer. À peine commencé-je à faire couler l’eau que Valérie pénètre dans la salle de bain. Elle se déshabille très lentement, laissant choir ses vêtements sur le sol. Puis elle ouvre la porte coulissante de notre douche à l’italienne, et me confie, en me rejoignant sous l’eau :

— Ça, c’est ton premier cadeau !

On s’embrasse. Ses seins humides se collent sur mon torse. Mon sexe, déjà gonflé, se raidit de façon incontrôlée. Valérie, tout en massant mes fesses avec assurance et douceur, me glisse à l’oreille :

— Il paraît que le muscle fessier est le plus puissant du corps humain… Et toi, mon chéri, tu es particulièrement musclé…

— Euh, je ne sais pas trop comment je dois le prendre…

Valérie éclate de rire en déplaçant ses mains sur mon pénis rigide. Elle le conduit jusque sur sa toison pubienne. Je me frotte longuement à elle, de façon de plus en plus insistante. Nos corps se tendent, notre respiration devient plus saccadée. Puis elle attrape mon membre et lui montre le chemin. Nous n’avons encore jamais fait l’amour sous une douche. L’eau nous enveloppe d’une délectable chaleur. C’est une nouveauté fort captivante ! Et peut-être dangereuse : je me tiens à la barre pour m’assurer de ne pas glisser dans mes mouvements de bassin. Au gré de nos improvisations charnelles, Valérie se tient au pommeau, agrippe la paroi de la vitre, colle les mains au mur trempé… Dans notre élan, je renverse par mégarde les produits placés au-dessus de nos têtes. Nos corps finissent enduits de savon et de shampooing mélangés, que nous rinçons abondamment en riant.

Finalement, j’attrape un grand drap de bain pendu près du lavabo, puis nous sortons de la douche. J’enveloppe ma compagne comme dans un large manteau d’hiver. Nous nous essuyons mutuellement, avec application. Soudain, Valérie se fige. Elle me regarde d’un air stupéfait et crie :

— Merde ! Ma fondue de Saint-Jacques !

Elle s’extirpe de mes bras encore ruisselante et, sans même prendre le temps d’enfiler sa culotte, se précipite dans la cuisine. Une odeur caractéristique de ce mollusque délicat parvient en effet jusqu’à mes narines.

Je m’habille à la hâte et rejoins ma compagne devant la gazinière. Elle semble abattue, en colère contre elle-même.

— J’ai oublié d’éteindre le four… gémit-elle.

Sa voix est entravée d’un début de sanglots. Je devine que sa déception est à la hauteur du dévouement et des efforts qu’elle a déployés pour l’événement. Je voudrais la consoler, trouver une phrase aussi réconfortante que dédramatisante.

— C’est pas grave, ma chérie, ne t’inquiète pas. On va enfin pouvoir répondre à cette grande interrogation : les coquilles Saint-Jacques se compostent-elles ?

Ma question saugrenue produit son petit effet. Valérie me regarde en souriant, d’un air de dire : « Oh, toi alors ! »

C’est seulement à ce moment qu’elle se rend compte qu’elle est complètement nue au milieu de la cuisine ! Quelque peu gênée, elle s’esquive pour aller s’habiller.

Le repas est charmant, l’atmosphère exquise. Valérie retrouve sa jovialité et sa bonne humeur. En remplacement de la fondue de Saint-Jacques au poireau, trop sèche et bien trop cuite pour nos palais délicats, nous avons terminé notre plat de la veille. À la fin du dîner, ma chérie apporte solennellement un gros gâteau d’anniversaire qu’elle a acheté le jour même. C’est une Forêt-Noire — mon dessert préféré — généreusement bordée de chantilly et de cerises. Devant la taille imposante de la pâtisserie, Valérie avoue qu’elle ne peut pas en avaler un morceau, ce ne serait pas raisonnable : elle va exploser. Certes, je n’ai pas envie d’achever la soirée à nettoyer la pièce du sol au plafond. Mais nous aurons bien du mal à finir ce gâteau en deux jours !

— Oh ! J’ai failli oublier…

Ma belle se lève d’un pas décidé, se dirige dans notre chambre et ramène un petit colis tout enrubanné. Elle me le tend fébrilement :

— Ça, c’est ton deuxième cadeau. J’ai dû l’adapter à la situation…

Perplexe, j’ouvre le paquet. À l’intérieur, une matriochka. Et à l’intérieur de la matriochka, une mini poupée, c’est tout. Rien d’autre. Je ne comprends pas. Je prends délicatement entre mes doigts cette figurine d’enfant tout nu. Je dévisage Valérie, interloqué. Elle a les larmes aux yeux, et attend manifestement quelque chose de moi… Euh, vite, voyons voir, une poupée russe orpheline, dedans, un marmouset en plastique… Je regarde à nouveau Valérie, qui me fait un signe de tête affirmatif en se mordant la lèvre… Elle est enceinte ! Oui ? Oh mon dieu !

Visiblement rassurée, Valérie me saute au cou ! Elle me confie en pleurant :

— Tu comprends pourquoi je ne prends pas de gâteau, maintenant ? Notre petit paradis à deux va s’agrandir…

— Mais, ma chérie… Qu’est-ce que je peux dire ? C’est génial, mais…

— Mais quoi ?

— Ben, je ne sais pas m’occuper d’enfant. Je n’ai pas le… le mode d’emploi !

— Mais ce mode d’emploi-là, c’est à nous de l’écrire. Et on va le faire à deux…



*****




Fin de la mini-série Valérie, mode d’emploi

Les cinq nouvelles ont été publiées dans un ordre narratif qui ne correspond pas exactement à la chronologie de l’histoire.

Pour suivre la relation de Valérie et du narrateur depuis leur première rencontre, voici l’ordre chronologique :

  1. Cuit à point — épisode 4/5
  2. Du doigté — épisode 2/5
  3. Définition — épisode 1/5
  4. Tout compris (ou presque) — épisode 3/5
  5. Cerise sur le gâteau — épisode 5/5




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