Métamorphia ou le Théâtre de l'Infini
Le monde s'appelait Métamorphia. Ce n’était ni un lieu ni une époque, mais un état de l'être. Grâce à la Synapse Quantique, une technologie implantée à la naissance, chacun pouvait modifier son apparence, son sexe, sa génétique et même son savoir fondamental avec la facilité d’un changement de costume. On ne disait plus "Je suis", mais "Je serai".
Élias était un méta-nomade. À vingt ans, il avait déjà vécu plus de mille vies d'emprunt. Il avait été pianiste virtuose à Tokyo, avant de se lasser des gammes. Il s'était transformé en paléontologue barbu dans le désert de Gobi, puis en une entrepreneuse féroce à la tête d’un empire de la mode éphémère. Chaque nouvelle identité était une dégustation, intense, courte, puis jetée.
C'était l'âge d'or de l'accomplissement rapide. On pouvait enfin être tout.
Les bons aspects : L'ébriété de l'Être
Le savoir immédiat : les connaissances n'étaient plus acquises par l'effort, mais téléchargées. Élias pouvait devenir polyglotte en une nuit, chirurgien le matin. La frustration de l'apprentissage était éradiquée.
La forme parfaite : le corps était un brouillon modifiable à l'infini. Finies la maladie, la vieillesse et l’insatisfaction physique. Chaque jour était l’o
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Commento (4)
Axelle Branco 1 mese fa
Tout du long de ma lecture, je m'imaginais un monde semblable... c'était effrayant, d'autant qu'on en est pas si "loin" ! Bravo, encore une fois.
Mathilde Rosati 1 mese fa
L'écriture m'a mise "mal à l'aise" des fois oui, c'était étrange
Harold Cath 1 mese fa
Dans un certain sens, toutes ces personnes qui se mettent en scène sur les réseaux, ne seraient-elles pas la Genèse de ce que vous décrivez ? Elles s'inventent une vie, une image, des capacités, mais au bout du compte, leur plaisir est éphémère et leur coquille tellement vide lorsque la caméra s'éteint. Excellent texte, bravo.
Mathilde Rosati 1 mese fa
Merci, vos mots sont précieux.
Pascaln 1 mese fa
J'avoue avoir lu les premières lignes en me disant: Les récits d'anticipations, futuristes ou de science-fiction, c'est pas ton truc Pascal...
Mais, et c'est là que j'ai accroché, dès le 2ème paragraphe, le plaisr de lire était là. Une nouvelle réussie de mon point de vue, bravo.
Mathilde Rosati 1 mese fa
Oh qu'est-ce que ça fait plaisir et beaucoup de bien de lire ça, merci, vraiment.