Une intime pulsation, un flux
Existiez-vous au moins avant
que je ne vous imagine ?
Vous surgissez comme
d’une nuit lointaine,
aussi irréelle
qu’imprécise.
D’une nuit de chair,
d’une pulpe soyeuse,
d’une nacre solaire.
C’est ceci qui a retenu
mon attention : nullement
Vous au premier regard,
nullement Vous en une
première intention.
Le VOUS était
barré, occlus,
privé de quelque
signification.
Le VOUS exultait en Soi
mais y demeurait, pareil au
limaçon dans sa
conque d’écaille.
Le VOUS ressemblait
à cette touche d’Infini,
un Bleu indéterminé,
sans contours,
sans origine ni fin.
Le BLEU pour le BLEU
et nulle autre explication
qui l’eût porté à une
possible connaissance.
Le fond sur lequel
vous apparaissez et cependant
ne VOUS donnez nullement
est tout à la fois ce Retrait,
à la fois cet Appel dont les signes
voguent et poudrent l’espace
d’un bien curieux frimas.
Une intime pulsation, un flux,
une oscillation, un rythme
identiques à celui, merveilleux
entre tous, du nycthémère.
Un jour, une nuit ;
une nuit, un jour.
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