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premier poème
Non-fiction
Benessere
calendar Pubblicato 28 ott 2026
calendar Aggiornato 28 ott 2026
time 2 min
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premier poème

Rien n'est plus cruel que l'impuissance :

Voir sa propre existence se jouer derrière une vitre,

Comme un passant figé devant un magasin de luxe,

Le front collé au verre, à regarder ce qu'il ne peut pas atteindre.

La ville grouille autour de moi, indifférente et pressée.

Le bitume avale les pas des autres, les feux passent au rouge,

Les klaxons hurlent, les néons clignotent sur les façades,

Et moi, je suis plantée là, sur ce trottoir qui me ronge.

Je regarde les immeubles dresser leurs murs de béton,

Les gratte-ciel de verre me narguer de leur hauteur.

La ville tourne comme une immense machine,

Mais mon propre cœur est coincé dans un ascenseur.

Je vois les vitrines des grands boulevards se refléter,

Les passants qui courent, les vies qui défilent sans moi.

Je suis un fantôme au milieu de la circulation,

Une ombre de plus dans les rues, mais qui ne franchit pas le pas.

Les réverbères s'allument, la nuit tombe sur les toits,

La ville s'illumine, mais je reste dans le noir.

Je regarde ma vie comme on regarde un métro partir,

Sans pouvoir courir, sans pouvoir l'attraper ce soir.

Mais un jour, je descendrai de ce trottoir de verre.

Je traverserai la chaussée, je brûlerai les feux rouges.

Je quitterai ce carrefour où mon destin s'est figé.

Et les lumières de Séoul remplaceront ces néons qui bougent.

Ce jour-là, je ne serai plus derrière la vitre d'un musée.

Je serai la ville elle-même, je serai enfin libérée.


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