facebook Le Combat des Tarouiines 5/6
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Le Combat des Tarouiines 5/6

Le Combat des Tarouiines 5/6

Publié le 17 juin 2021 Mis à jour le 17 juin 2021
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Le Combat des Tarouiines 5/6

- Horgott ?

L’enfant se retourna : au coeur du dédale une silhouette de femme se profilait.

- Par Le Gol Areshb, Horgott c’est bien toi !

La femme dans sa longue tunique hésita encore avant de se précipiter sur lui et de s’agenouiller pour l’enlacer. Ainsi proche d’elle il reconnut sa chevelure dont le parfum glissa sur lui comme un souvenir l’inondant de ses bienfaits.

- Maman …
- Horgott … Il nous faut sortir de là … reprit-elle après s’être remise debout.

Elle tendit sa main :
- Viens avec moi, je crois savoir comment rejoindre Zagoul.
- C’est vrai ? interrogea le petit plein d’espoir.

Elle hocha la tête sur un sourire réconfortant.
Des pierres qui parsemaient son buste, une seule se détachait presque hypnotique.
De là ils poursuivirent des volutes de lumière naissantes, se laissèrent guider par elles pour s’en dégager à nouveau sans qu’ils obtiennent le moindre indice sur le chemin à suivre.
Ils durent tourner à différents angles, sentirent régulièrement sous leurs pieds une montée qui invariablement redescendait pour aboutir à des croisements interminables.

Le temps ne comptait plus,
l’espace n’existait plus.

- Maman j’ai l’impression qu’on tourne en rond.

Ce fut plus fort que lui, peut-être par rancoeur il voulut ôter sa main de celle de sa mère  qui face à cette résistance, resserra sa prise.

- Que peux-tu savoir Horgott d’un monde qui n’a aucune matérialité ? 
Il perçut une menace dans le ton qui se voulait raisonnable.
- Et toi ? - sa réponse, elle, avait sonné plus sèche qu’il ne l’avait voulue.
- Moi ? Je n’ai pas besoin de voir pour croire !
- Maman nous n’obtiendrons rien ainsi …

Le fils allait-il être plus pragmatique que la mère ? Cette dernière l’étudia avec circonspection puis parut se raviser.

- Que proposes-tu ?
- Il faut appeler Zagoul : à deux notre voix portera plus … Qui sait ?
- Soit ! 

Horgott sentit comme de l’agacement puis se laissa distraire par la pierre centrale sur le vêtement de Pétrar : avait-il jamais vu sa mère porter un si large bijou ? Il lui remémorait un autre aussi translucide au point de donner l’impression de garder captive la lumière.
Où l’avait-il vu ? …

- Appelons-le !

La fermeté du ton chassa cette vision en Horgott qui ne pensa plus alors qu’à répéter inlassablement le prénom de son frère mêlant ses inflexions à celles de sa mère.
Comme le silence et le vide répondaient à chacune de leurs tentatives,  il fut à nouveau subjugué par la gemme que les ombres flattaient par intermittence, gommant la voix de Pétrar, lui faisant paraître l’instant plus lointain tandis que la reine se concentrait sur une prière.
Oui …
Une image, trouble d’abord puis limpide, d’une semblable merveille revint à son souvenir
La pierre était encastrée dans un bâton d’acier
Une autre personne le défiait
massive
d’une taille plus élevée
Plus …

Cette femme n’était pas sa mère !

Au moment où il le réalisa l’ombre de sa mère trembla, s’estompa, laissant place à une allure de guerrière ; la chevelure si douce de Pétrar aux reflets de feuilles mourantes, devint macassar.
Jusqu’au regard si aimant qui le fixait maintenant à travers deux fentes d’or.

La femme afficha un rictus qui le fit frémir ; elle se pencha sur lui en caressant une mèche de l’enfant et susurra :
- Maman n’est plus là !

La silhouette se redressa pour se redessiner plus haute encore, arborant peu à peu une musculature impressionnante avec une fermeté dans les traits qui redevinrent masculins.

Zébasral !

LE PREMIER GUERRIER - 

La légende ne disait-elle pas que le guerrier avait double visage ?
L’Homme pour le combat
La Femme pour la magie,
dualité qui le rendait inégalable et la plupart du temps, imbattable !

La légende disait donc vrai.

Dessins à la plume et l'encre par CPerrinVerdier

Horgott resta pétrifié bouche ouverte.

Il vit comme au ralenti la main de Zébasral s’emparer du pommeau du caducée portée en travers de sa poitrine, il l’observa le brandir sans parvenir à réagir sous la brûlure qui doucement s’en échappait ; quand il l’imposa face à lui légèrement au-dessus de sa tête et que grésillèrent les premiers éclairs il sut son heure venue.
Ils irradiaient de la pierre avec un bruit qu’il lui transperça les oreilles ; la lumière s’intensifiait prête à le toucher lorsqu’un cri jaillit derrière lui en même temps qu’une forme passait devant.
On le bouscula si rudement que l’arme de Zébasral en même temps ébranlée, fut propulsée dans les airs.
Horgott enregistra bien l’épée de l’assaillant qui le frôla au moment où il tombait par terre, la feinte de l’inconnu subitement apparu pour dévier le bras de Zébasral puis sa main rapide qui se saisit du sceptre de l’enchanteur. Néanmoins tout alla si vite qu’il n’eut que le temps de s’agripper à son sauveur qui se saisissait de lui pour le ramener contre sa poitrine avec le bâton usurpé. D’un éclat dur et blanc ils se retrouvèrent prisonniers, transpercés par une douleur si vive qu’elle leur arracha un hurlement.

Les couleurs autour d’eux se rétablirent. Visages couchés contre terre les deux rescapés retrouvèrent difficilement leur respiration. Horgott parvint à tenir sur ses genoux en estimant les lieux ; il les reconnut aussitôt :
ils étaient revenus chez eux au-dessus du Palais des Dunes qui devait être enfoui vu la tempête qui paraissait maintenant s’éloigner.

Soudain conscient de ne plus être seul, il se retourna pour identifier son bienfaiteur …

Zagoul !

Ce dernier ne chercha pas à se relever ni à ôter la poussière qui le faisait tousser préférant récupérer en priorité le caducée qui avait été projeté plus loin sur le sol. Il s’en empara puis regarda vers Horgott qui le dévisageait comme si Le Gol Areshb l’avait envoyé sur leurs terres.

- Ça va ? Demanda l’aîné
Pour toute réponse il reçut contre lui le corps dodu de son cadet.
- Comment m’as-tu retrouvé ? Horgott n’en revenait toujours pas.
- D’abord j’ai erré aveuglément sans chercher à réfléchir. Puis je me suis dit qu’au lieu de paniquer ou de faire n’importe quoi je ferais mieux de me concentrer et c’est comme ça que j’ai pu me souvenir de ce qu’avait dit Zébasral : « Ici vous n’avez qu’à penser pour aller où vous voulez » alors j’ai souhaité avec précision et sans doute aucun être à tes côtés et j’ai été projeté là où tu te trouvais.
- Et comment as-tu compris que le sceptre de Zébasral pouvait nous amener ici ?
- « Je sais pas ? » pour ne pas te citer …

Et après tant de temps à s’angoisser ils redécouvrirent le plaisir d’un éclat de rire partagé. C’est là que sous leurs pieds ils sentirent la première secousse.

- Les nôtres sont en-dessous, souffla le plus jeune
- Oui … Il nous faut les rejoindre …

Mais comment ?

Ils jaugèrent la situation puis eux-mêmes et enfin le caducée : il était désormais éteint.

- Il doit sûrement être utile en pareille circonstance, non ? Conclut Horgott au moment où son grand frère se le formulait à lui-même.
- Sans doute ! Par contre la méthode nous manque.
- Il faut peut-être faire une sorte de prière, un truc ânonné avec une voix grave genre Quinze, hun ?
- Ouais … Genre Quinze !

Ils soupesèrent chacun l’engin évoquant plus une arme susceptible d’impressionner l’adversaire.
Zagoul le secoua, le brandit vers le ciel, le lança, le retourna tandis qu’Horgott s’escrimait à psalmodier toutes les prières qu’ils avaient pu réciter au cours de leurs études.
Rien ne se produisit - sauf un deuxième tremblement sous leurs pieds qui leur fit perdre l’équilibre un instant.
Ils se regardèrent.
Y avait-il un problème sous terre ? La ville était-elle menacée ?

- Il faut retrouver nos proches et j’ai comme l’impression qu’on va manquer de temps.
Zagoul soupira largement pour deux.

A force de cogiter ensemble à voix haute, ils eurent l’idée de se concentrer très fort sur l’idée de déplacement spirituel, espérant le provoquer comme ils avaient pu le faire du royaume de l’Alhajan.

- Ça marche pas !

Le petit frère cherchant dans ses souvenirs, finit par trouver une autre solution.
Il demanda à son frère de poser ses mains sur les siennes autour du manche de la lourde baguette et de prononcer à voix haute la formule qui permettait de faire descendre  la ville.

- Comment la connais-tu ? s’étonna Zagoul
- Oublierais-tu que je suis malin ?
- Ou que tu peux mieux espionner parce que tu es petit ?
- C’est la même chose non ?
Là encore ils pouffèrent de concert.
- Répète après moi … 

A nouveau le caducée crépita à travers des éclairs.

Caducée par C Perrin Verdier

Le bruit aigu de la lumière monta plus fort réanimant la douleur en eux.
 Il devint difficile de maîtriser le sceptre animé d’une vitalité contre laquelle ils ne pouvaient lutter.
Ils basculèrent dans une série de tourbillons dont la violence les fit se percuter ; l’obscurité y succéda puis un poids énorme compressa leurs poitrines les faisant chuter comme une masse dans un néant sans fin.

Quand subitement le sol rocailleux du Palais des Dunes les percuta, les plafonds et la roche autour d’eux s’effritaient progressivement pour commencer à s’écraser sur eux.

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