¡Felicidades! Tu apoyo al autor se ha enviado correctamente
avatar
Épisode 132 : Mystère
Fiction
Tale
calendar Publicado el 8, nov, 2026
calendar Actualizado 8, nov, 2026
time min
Creative Transparency Label
All audiences
Image / Image co-created with AI
Text / Human creation

Épisode 132 : Mystère

🎧 Musique : Secession Studios – Music for Hope and Determination – The Power of One

Pour profiter pleinement de l'expérience de lecture en musique, si vous n'avez pas d'abonnement YouTube Premium, je vous conseille de lire ce texte sur ordinateur et d'ouvrir le lien musical dans un nouvel onglet. Ça marche tout aussi bien et ça a l'avantage d'être gratuit 🙂

-----------------------------------------------------

Entendre prononcer le nom du comte a sur l'assemblée l'effet d'un choc électrique. Tout le monde semble brusquement ramené à la vie. Une expression passe de bouche en bouche, de murmure en murmure, de question en question : le comte Siegfried, oui, bien sûr, le comte Siegfried, évidemment, le comte Siegfried – mais où est-il, maintenant, le comte Siegfried ?


Tout le monde sent un frisson glacé lui parcourir l'échine.


Finalement, un des invités, qui fait face à la porte, hasarde une réponse.


— Je crois... qu'il s'est retiré... dans la pièce... qui est là derrière vous.


De nouveau, mais cette fois de manière plus affirmée, un murmure parcourt l'assemblée : oui, certes, il s'est retiré, pour discuter de ses affaires disait-il – enfin, disait "l'autre"... – mais c'était il y a combien de temps déjà ? Avaient-ils tellement d'affaires à discuter ensemble ? Ils auraient dû ressortir de cette pièce il y a longtemps déjà, non ?


Le chef de la garnison voit dans tous ces éléments la confirmation que ce que lui et ses hommes ont vu avait au minimum un fond de vérité. Mais l'indécision et l'incertitude l'énervent. Il est un homme de décision, un homme d'action.


— Quelqu'un l'a-t-il vu en sortir ?


Invités et châtelains se regardent les uns les autres en écarquillant les yeux et en gonflant les lèvres. Tout le monde l'a bien vu entrer dans cette fameuse pièce avec... son interlocuteur, quel qu'il soit – ou croit les avoir vus y entrer, ou bien devine, ou croit deviner, qu'ils y sont entrés – mais depuis lors, personne ne les a vus ni entendus en sortir.


Heinrich se lève.


— En effet, il serait peut-être temps de vérifier s'ils y sont encore.


Le Père Adalbéric s'interpose.


— Non, pas vous, noble Heinrich. Vous courriez de trop grands risques. C'est mon rôle. Laissez-moi aller y voir.


En parlant, il est de nouveau secoué d'une quinte de toux.


Plusieurs invités protestent.


— En êtes-vous sûr, mon Père ?

— Non, pas vous, mon Père, pas dans votre état !

— Êtes-vous bien sûr que ce soit à vous de le faire ?

— Vous en avez fait assez, mon Père, laissez quelqu'un d'autre s'en charger...


Le Père Adalbéric les repousse tous en se tournant vers le chef de garnison.


— Cet homme qui vient de parler a raison. Il y a bien longtemps déjà que nous aurions dû nous inquiéter de ce que devenait le comte Siegfried. Ce n'est pas normal que lui et...


Une quinte de toux l'interrompt encore.


— ... son interlocuteur s'attardent aussi longtemps dans cette pièce. S'il revient à quelqu'un d'aller voir ce qui s'y passe, c'est bien à moi.


De nouveau, une quinte de toux l'oblige à s'interrompre. Il continue quand même.


— Je suis mieux armé que n'importe lequel d'entre vous. N'oubliez pas que je suis prêtre selon l'ordre de Melchisédech. Cela me rend plus qualifié que quiconque pour faire face à tout ce qui pourrait avoir lieu dans cette pièce, quelle qu'en soit la nature.


Ses derniers mots se fraient un chemin à travers une autre quinte de toux.


Le chef de garnison retient de justesse un sourire en coin. Parle un peu moins, prêtre, et agis un peu plus. Heureusement tout de même que j'ai pris l'initiative de venir pour prendre des instructions. Sinon, tu serais encore maintenant le cul par terre à attendre que les choses se passent. D'ailleurs, sans vouloir te vexer, tu n'as pas l'air très en forme pour aller au front. Quant à la fine assemblée qui t'entoure... sans commentaire.


Mais il ne s'en efface pas moins devant le Père Adalbéric.


Dans la salle de banquet, des pleurs se font entendre – ceux d'Elfriede, la cadette des enfants du comte et de la comtesse. Ermentrude, l'aînée des filles, se lève pour aller la consoler. Elle se place à côté de sa sœur et l'attire contre elle, en la caressant doucement mais en la regardant à peine, les yeux vides perdus dans le vague.


Le vieux prieur traverse le couloir – en toussant encore abondamment – et pousse la porte de l'étude où le comte Siegfried et le diable se sont retirés – pour ce que quiconque a pu en juger. Mais en entrant, il ne voit personne. Il ne remarque rien non plus. Rien d'autre qu'une odeur pestilentielle, de corps en décomposition et d'autre chose encore, bien pire que celle qui a incommodé les convives dans la salle de banquet. Cette odeur mise à part, rien d'anormal. Tous les meubles sont en place, sans une griffe, sans un coup. Aucune trace de dispute, aucune trace de bagarre, rien n'a été déplacé ni renversé. Même la fenêtre qui donne sur l'extérieur est fermée. De l'intérieur.


Le Père Adalbéric s'empresse de l'ouvrir pour dissiper l'odeur, et aussi pour regarder au dehors – et en profiter pour se pencher et respirer de l'air frais. Il voit juste le ciel noir, la ville en bas avec ses lampions, les torches qui éclairent le chemin, la forêt au loin. Mais il fait nuit. Il ne distingue rien. On ne distingue rien.


En rentrant dans l'étude, il l'inspecte soigneusement, partout, sous les meubles, derrière eux là où c'est accessible, à l'intérieur, secoué de quintes de toux, en se signant continuellement pour conjurer toute éventualité. Peut-être aussi pour se rassurer... Rien à signaler. Personne ne s'y cache. Il n'y a que de vieux livres et quelques objets. Rien n'a l'air d'avoir bougé. L'étude étant de petite taille, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour en faire le tour, jusque dans les moindres recoins.


Tout cela le laisse perplexe. Que le diable soit passe-muraille, rien d'étonnant. Mais le comte Siegfried ?... Certes, il ne pouvait pas partir pour l'enfer sans mourir. C'est bien ce que suggère entre autres cette odeur pestilentielle qui règne dans la pièce. Mais si le comte Siegfried y est mort, et si le diable a emporté son âme, son corps, lui, doit bien encore être quelque part ? D'ailleurs c'est bien ce que cette odeur suggère ? Vendu au diable ou non, le comte Siegfried était bien un être humain ? La mort n'a tout de même pas fait de lui un pur esprit ? aussi nauséabond soit-il ?...


Laissant la fenêtre ouverte pour aérer la pièce, il retourne dans la salle et pince les lèvres en soulevant les épaules et en ouvrant les bras.


— Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'y ai vu personne. J'ai laissé la fenêtre grande ouverte pour laisser partir cette odeur de mort... mais je n'y ai rencontré personne, ni vivant ni mort. Ni humain ni pur esprit. Étrange.


Le chef de garnison n'en revient pas.


— Qu'est-ce que c'est que ça encore ?... Le comte Siegfried doit bien être quelque part ? Vous m'avez tous bien dit qu'il s'était retiré dans cette pièce ?... Ou bien avez-vous inventé ça de toutes pièces juste pour avoir quelque chose à dire ?... S'ils se sont retirés pour discuter, vous avez bien dû les entendre, non ? Peut-être pas comprendre tout ce qu'ils se disaient, mais au moins entendre leurs voix ?


C'est à ce moment que tous les participants au banquet, y compris le Père Adalbéric, réalisent que s'ils ont bien distingué, si vaguement que ce fût, le comte Siegfried et le diable en train de se retirer dans cette étude, et s'ils ont bien entendu le bruit de la porte qui s'ouvrait et puis se refermait, personne par contre n'a entendu par la suite l'écho de leurs voix. À vrai dire, ils étaient tous – sauf peut-être le vieux prieur – trop sidérés pour y prêter réellement attention. Et le vieux prieur, lui, avait trop à faire avec sa propre toux pour s'intéresser à ce qui se passait de l'autre côté du couloir. Et puis, à vrai dire, cela n'étonnait réellement personne de ne même pas entendre le moindre bourdonnement provenant de cette pièce. Tout ce qui devait se dire n'avait-il pas déjà été dit ? Que restait-il encore à discuter, en vérité ?


Le chef de garnison n'en revient pas d'autant de passivité – qu'il traduit pour sa part par : "autant de stupidité". Il demande à voir l'étude de ses propres yeux. Le Père Adalbéric l'y emmène. L'odeur de mort y est déjà moins prégnante, même si elle est toujours présente. Le chef des gardes inspecte lui aussi chaque recoin tout en se pinçant le nez, vérifie surtout qu'il n'y a pas d'autre porte, ni visible ni masquée, se penche par la fenêtre pour évaluer sa hauteur par rapport au sol. Aucun doute : vouloir s'échapper en sautant par là revient à signer son arrêt de mort. Et aucun autre moyen d'évasion n'est visible : pas de corde, pas de draps noués les uns aux autres, pas de pierres saillantes ou de corniches qui puissent servir d'appui ou d'accroche à un expert en escalade – ou plutôt, en l'occurrence, en descente. À supposer que le comte Siegfried ait même possédé une telle expertise – et qu'il ait été encore capable d'en faire usage à son âge. Ces murs sont bien trop lisses. Il s'assure auprès du vieux prieur que la fenêtre était bien fermée de l'intérieur quand il y est entré la première fois. Mais il a du mal à y croire. Seule l'odeur qui règne encore dans l'étude en témoigne. Mais logiquement, si le corps du comte Siegfried n'est trouvable nulle part dans la pièce, il a bien dû être évacué par une issue quelconque, et en l'absence de porte masquée ou de voie dérobée, la fenêtre est le seul endroit d'où il aurait été possible de le faire sortir hors de la vue de l'assemblée dans la salle de banquet. Au final, il est plongé dans la même perplexité que le Père Adalbéric. Et tout aussi limité par l'obscurité.


Pour y pallier, il désigne trois de ses hommes dans le couloir, vérifie auprès d'eux que le comte Siegfried est bien entré dans cette pièce avec, euh, son interlocuteur, et leur ordonne de se munir de torches et d'inspecter soigneusement tous les abords du château. L'hypothèse la plus vraisemblable est que le cadavre du comte Siegfried y gît, les os brisés par une chute de plusieurs dizaines de mètres.


Les heures passent. Au château, tout le monde attend. Chacun retient à nouveau son souffle. Certains vont même jusqu'à espérer, contre tout espoir – notamment les enfants du comte. Les pleurs d'Elfriede s'apaisent.


Dehors, les gardes désignés, armés de leurs torches, inspectent minutieusement chaque pied carré des abords du château. Ils insistent tout particulièrement, comme ils en ont reçu l'instruction expresse, le côté que surplombe la fenêtre de la fameuse étude – celui où il serait a priori le plus logique de retrouver son cadavre. Ils retournent chaque pierre, chaque brin d'herbe, à la lueur de leurs flambeaux. Mais en vain : de cadavre, point. Eux non plus n'y comprennent rien.


Finalement, après plusieurs heures de recherches, ils retournent dans la salle de banquet et font leur rapport à leur chef. Leur chef qui ne les aurait certainement pas crus s'il ne s'était pas déjà heurté en personne à l'énigme de l'étude. Même maintenant, il a du mal à croire ce qu'il vient d'entendre. Et pourtant, d'habitude, il est le premier à répondre personnellement de la fiabilité de ses hommes.


Les enfants du comte Siegfried ne peuvent s'empêcher de reprendre espoir : pas de cadavre, pas de mort... Peut-être leur père est-il encore vivant quelque part ? Peut-être se cache-t-il encore dans une pièce du château ? Peut-être que contre toute attente, il a réussi à déjouer les pièges du diable ?


Épisode 133 : Émoi au château


Crédit images : toutes les images publiées dans cette Creative Room sont mes créations personnelles assistées par IA sur Fotor.com, retouchées sur Microsoft Photos


© Jackie H, 2024–2026

Tous droits réservés selon toutes législations et conventions nationales et internationales en vigueur, qu'il s'agisse d'individus humains, d'organisations ou d'intelligences artificielles

Texte entièrement rédigé par un être humain


Dans la foulée de la Notice IA, Alexandre Leforestier prépare des actions en justice contre des entreprises d'IA peu respectueuses de nos conditions. C'est le moment d'être tous unis et de faire entendre notre voix !

Voulez-vous participer au projet de lettre ouverte des auteurs Panodyssey contre le pillage de leurs écrits par les IA ?

Si cela vous intéresse, venez nous rejoindre sur le forum privé créé par Harold Cath et qui s'appelle Causons . Un fil y est spécialement dédié à ce projet. Vous êtes toutes et tous les bienvenu(e)s ! Causons-en !

Transparency around creation, AI use
Cover Image création personnelle assistée par IA sur Fotor.com, retouchée sur Microsoft Photos
Intellectual property & credits
© Cover Image toutes les images publiées dans cette Creative Room sont mes créations personnelles assistées par IA sur Fotor.com, retouchées sur Microsoft Photos
© Author's name / pen name Jackie H
Creative Commons license
cc_by_nc_nd
Attribution required, no modifications,
non-commercial use only
CC BY-NC-ND
The Kitty clause
Jackie H verified
Attention les vibrisses numériques : on sniffe, on regarde, mais on ne touche pas et on ne mord pas, sinon Maman Chat donne une tape sur le museau, et la patte de Maman Chat a des griffes acérées qui peuvent faire très mal ! Si on a faim, on miaule et on demande la permission à Maman Chat d'abord 🐱 et si elle dit "non", c'est non ! Par contre, on peut ramener les copains – et les copines. S'ils sont sages et s'ils se contentent de regarder, pas de problème les chatons !

Comentario (0)

Tienes que iniciar sesión para comentar Iniciar sesión
Seguir descubriendo el universo Tale

donate Puedes apoyar a tus escritores favoritos

promo

Download the Panodyssey mobile app