J’ÉTAIS
J’ÉTAIS
J’étais cette ado
Au lourd sac-à-dos,
Au large manteau,
Malade très tôt.
J’étais la souffrance,
J’avais peu de chance,
Car dans mon enfance
J’ai goûté l’offense.
J’étais scarifiée.
J’étais horrifiée :
Le cerveau pillé,
Aliéné, à lier.
J’étais dégoûtée,
Car j’ai dû goûter
À ces comprimés,
Qui m’ont comprimée.
J’étais léthargique,
Mon destin tragique
M’a rendue trop lente.
Rude était la pente.
J’étais cette adulte,
Côtoyant l’inculte,
Me faisant l’insulte
D’être de leur culte.
J’étais trop lucide,
Pensant au suicide
Sans passer à l’acte
Par ma foi intacte.
J’étais estimée
Par ceux qui m’aimaient,
Sans croire en moi-même
Avec mes problèmes.
J’étais jardinière
Et j’en étais fière.
Aux yeux de ma mère :
De mes sœurs et frère
J’étais la dernière,
Car au lance-pierre
Me rémunéraient
Ceux qui m’employaient.
J’étais courageuse,
Et non pas rageuse :
Les temps orageux
Étaient tels des jeux.
J’étais protégée
Là où il neigeait,
Là où j’avais froid.
Sur le chemin droit,
J’étais sous Son aile,
Gardée des séquelles
De mon passé lourd.
Je le suis toujours.
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