Vendredi 9 janvier 2026
Vendredi 9 janvier 2026
Je peine à me défaire de la fatigue, ces jours-ci. Le matin, lorsque je me réveille, je reste longtemps assise dans le noir, encore à moitié accrochée à la nuit. Je me force à patienter, à ne pas me jeter hors du lit pour débuter une nouvelle journée en trombe, à ne pas me faire violence. Là d’où je viens, le repos n’est jamais légitime avant l’épuisement, et encore faut-il que l’on puisse dresser une liste exhaustive de ce qui a été accompli, pour mériter un temps de pause. Enfant déjà, mon besoin de sommeil était traité comme un non-fait, une vue de l’esprit, quelque chose qui n’existerait ni en théorie, ni en pratique. Mon corps a résisté plus que de raison, intégrant si bien les attentes délirantes le concernant que des années durant, j’ai été convaincue d’appartenir au groupe de ceux qui peuvent se contenter sans difficulté de dormir quatre ou cinq heures par nuit. A dire vrai je ne suis plus très sûre qu’ils existent réellement, ces gens. Peut-être que comme moi ils se mentent et finiront par s’en apercevoir, que le sommeil finira par les rattraper et par réclamer son dû pour toutes les nuits écourtées. Moi, je ne mesure pas encore bien l’étendue de ma dette, alors malgré les fantômes qui surgissent le soir venu, je m’attache à chercher le repos. Moi, j’apprends à accueillir la nuit, même si parfois elle me trahit.
Colaborar
Puedes apoyar a tus escritores favoritos

