Mes excuses
Mes excuses
Chère Chacha,
J’ai bien peur de t’avoir quelque peu fâchée avec cette histoire de surnom.
Même si mes intentions étaient pures et que je suis un homme dont la probité ne peut être remise en cause sous aucun prétexte, je te dois des excuses.
Je n’avais pas fait le rapprochement entre Lolotte et ce morceau de toi que je devine charmant, mais que mon œil chaste n’a effleuré qu’un instant pour fuir les rayons d’un coucher de soleil ardent.
Thierry Roland a déclaré un soir de juillet 1998 : « Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille ». Je ne saurais être plus d’accord.
Cependant, il serait injuste de te réduire à cette double excroissance qu’aucun peintre ne pourrait représenter dans toute sa splendeur.
Il y a chez toi des paires que je valorise davantage.
Les deux brillants hémisphères cachés sous tes cheveux d’or, tes yeux plus bleus qu’une nuit de Van Gogh, et deux cordes vocales qu’on dirait volées à un stradivarius.
Voilà. Je crois que je t’ai suffisamment ciré les pompes !
N’insiste pas.
Je ne voudrais pas que ton égo s’envole trop loin.
Il est temps pour moi de parler d’aujourd’hui.
Au réveil j’ai mangé un donut. Gérard était bougon. Il a dû se lever du mauvais pied. Comme cette situation n’a qu’une chance sur huit d’arriver, je suppose que je n’aurais pas besoin de m’y habituer.
Ensuite, je me suis rendu au travail où nous avons dû faire face à un incident de force majeur.
Le nouveau directeur régional des ventes a dû participer à un shooting photo destiné à enrichir notre trombinoscope. Et patatras, un écran mal étalonné a teinté de rouge poivrot son visage de Nikos Aliagas du pauvre.
Après un long débat qui nous a permis de statuer arbitrairement que les commerciaux sont tous des pochtrons et que la magie du numérique avait simplement fait ressortir sa nature profonde, nous avons choisi de laisser couler.
À midi, je suis rentré dans l’espoir de faire un peu de rangement. Je crains parfois que mon idéalisme me pousse un jour à ma chute.
Dans l’après-midi, nous avons découvert qu’une vilaine coquille s’était glissée dans l’une de mes vidéos. Pour sauver la face, j’ai reporté la faute sur celui qui, au sein de mon service, n’a de responsable que le titre. J’avais aveuglément copié-collé les informations transmises.
Accordant, de ce fait, ma confiance à quelqu’un qui ne la méritait pas.
Je n’exclus pas de le remplacer s’il se rend à nouveau responsable de tels manquements.
Plus tard, j’ai dépensé une part non négligeable de mon salaire dans un lave-linge. J’ai stratégiquement suivi les conseils avisés d’un commercial sobre (je lui ai demandé de souffler dans le ballon).
Enfin, je suis passé voir mes parents et j’ai été adultnappé par ma psychopathe de filleule. Il est très probable qu’elle tienne un jour le rôle principal d’un « Faites entrer l’accusé » pour avoir étouffé le petit Julien en lui faisant avaler Sophie la girafe dans un accès de colère.
J’espère que tu me pardonneras,
Un être innocent
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