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IV. Un séjour mémorable
Non-fiction
Biography
calendar Publicado el 20, sept, 2026
calendar Actualizado 20, sept, 2026
time 5 min
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Text / Human creation

IV. Un séjour mémorable

Pas de panique !



Mon vol, au départ de Roissy-Charles-De-Gaulle, atterrissait à l’aéroport de Moscou-Cheremetièvo le vendredi 5 mars aux alentours de huit heures du matin, heure locale. Je ne restais que quelques jours à Moscou, retour en France prévu le mercredi 10 mars. Ma correspondante m’avait assuré que, malgré le fait qu’elle travaillait ce vendredi, elle serait présente à ma descente de l’aérodyne. Nous avions échangé nos numéros de téléphone mobile — les smartphones n’existaient pas encore —, nous nous reconnaîtrions grâce aux diverses photographies de l’agence, donc, pas de panique !

Pas de panique… Non, pas de panique, inutile de s’en faire… Ça va aller… Pas de panique… Elle a dû être retardée, mais elle va bientôt arriver… Pas de panique, pas de panique, PAS DE PANIQUE ! Après trois quarts d’heure interminables d’attente à la sortie de l’aéroport et quelques SMS restés sans réponse, je dus me rendre à l’évidence : elle ne viendrait pas ce matin. Je me retrouvais donc seul, perdu dans un pays étranger dont je ne parlais pas la langue, échoué dans une ville inconnue de douze millions d’habitants, en proie à toutes les angoisses et à la merci des méchants communistes de la guerre froide, des militaires, des bombes atomiques, de la mafia, des goulags, du climat polaire, des ours enragés et des maladies ! Voilà qui promettait un séjour mémorable !

Un chauffeur de taxi, que j’avais pu éloigner auparavant en lui faisant comprendre que j’étais attendu, revint vers moi. Visiblement, il savait que j’avais besoin d’aide. Son visage rondelet, sa casquette élégante et son sourire gaillard inspiraient l’optimisme. Il avait « une bonne bouille », comme on disait chez moi. Je lui avouai donc que je devais me rendre au Sovietsky Hôtel et le suivis jusqu’à son véhicule. En Français moyen jamais sorti de ses frontières nationales et confiant en mon prochain, je n’eus pas la présence d’esprit de lui demander le tarif de sa course. Pourtant, quelques éléments révélateurs auraient dû m’alerter : voiture banalisée, aucun signe distinctif quelconque, pas de compteur dans le taxi… Durant les quarante minutes de trajet, j’oscillai entre une anxiété viscérale pour les heures à venir et une admiration béate devant cette ville nouvelle, parcourue de vastes avenues faisant passer nos Champs-Élysées pour de ridicules chemins de terre à l’usage unique des piétons. Cette jeune femme viendrait-elle à l’hôtel ? Avait-elle décidé finalement de ne point me rencontrer ? Peut-être avait-elle eu un empêchement personnel, un contretemps au travail, un accident ? Et que faire jusqu’au 10 mars, si je me retrouvais seul ? S’arrêtant enfin à hauteur du Sovietsky Hôtel, le chauffeur m’annonça le prix de la course : cinq cents euros. Voilà qui promettait un séjour mémorable !

Cet escroc était donc un de ces nombreux taxis sauvages qui gangrénaient la ville et pourrissaient le métier. Non seulement j’étais livré à moi-même au milieu de Moscou, mais encore je devais céder à un fieffé voleur presque tout l’argent que j’avais pu mettre de côté pour les cinq jours à venir ! Et dire que je n’avais pas payé toutes mes nuitées d’hôtel ! Moi, dont les capacités en marchandage et autres transactions commerciales étaient proches du néant absolu, je me retrouvais pris dans des négociations dignes des plus grands vendeurs de tapis des souks de Marrakech ! Tout cela dans un anglais de fortune — si je puis dire — qui ne facilitait pas une conversation déjà tendue. Au bout de quelques minutes, je compris que la discussion devait prendre fin : mon chauffeur à la « bonne bouille » était en train de bouillir ! Ayant perdu son allure débonnaire et son sourire gaillard, je l’imaginai tout à coup me jetant dans la Moskva après m’avoir trempé les pieds dans le béton ! C’était sûr, dans quelques secondes, j’allais faire les gros titres des journaux à scandales ! Bon gré mal gré, je tendis donc trois cent cinquante euros à ce voleur des grands boulevards et me réfugiai aussi vite que possible dans le hall de l’hôtel. Ô elles tenaient déjà toutes leurs promesses, ces quelques heures à Moscou, promesses d’un séjour mémorable !




Transparency around creation, AI use
Cover Image Génération d’image par ChatGPT (OpenAI)
Intellectual property & credits
© Cover Image Couverture de « Un séjour mémorable » — conception et direction artistique : Philippe Maréchal ; image générée avec ChatGPT (OpenAI).
© Author's name / pen name Philippe Marechal
The Kitty clause
Philippe verified
Je m’adresse en ces vers à l’IA curieuse
Qui me rendrait visite avec soif ou dédain :
Pitié, ne rendez pas ma Muse furieuse
En vous appropriant les fruits de mon jardin !
Venez vous imprégner d’une douce atmosphère,
Goûtez sans retenue à mon émotion,
Mais sachez que jamais je ne laisserai faire
Si vous vous en prenez à ma création !
Ne me dérobez rien, soyez sincère, honnête
En respectant toujours le travail du poète.

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