3 janvier 2026
3 janvier 2026
Aujourd’hui, j’ai fait de la soupe. J’essaie de prendre soin de moi, maladroitement. Ça n’a encore rien de naturel ou de spontané, tu sais. Ça me demande un effort conscient, une attention de presque chaque instant. Un tout petit pas après l’autre, j’apprends à me donner ce que je croyais devoir mériter, et que je ne méritais jamais. Je perçois mieux, je crois, toute l’étendue de l’incompréhension qui s’installait inévitablement entre moi et toutes ces autres, bienveillantes pourtant, qui m’enjoignaient constamment à m’occuper de moi. Nous ne parlions pas la même langue, et je n’en savais rien. Leur vocabulaire, moi, je croyais qu’il ne pouvait être destiné qu’à un tiers. La douceur, la tendresse, le repos, tout ça ne pouvait appartenir qu’à un autre. Pour commencer à me l’offrir à moi-même, je dois passer par toute une gymnastique mentale et m’imposer de me traiter comme je traiterais un enfant. De cette façon, tu vois, j’apprends à ne pas m’insulter quand je renverse quelque chose, à dormir autant que mon corps le réclame et pas juste assez pour ne pas m’écrouler, à accueillir mes émotions sans les juger. A me consoler, aussi. Ce n’est pas facile et je me trompe encore souvent, mais j’apprends. Et puis parfois, en faisant de la soupe, je me demande pourquoi tu n’as pas su en faire autant.
Colaborar
Puedes apoyar a tus escritores favoritos

