Vos textes publiés en ligne nourrissent déjà des IA. Et personne ne vous a demandé votre avis
Publier en ligne, c'est aller à la rencontre d'un public connecté. C'est accepter que ses textes circulent, soient partagés, copiés parfois, commentés souvent. Il y a les lecteurs humains, ceux qui prennent le temps de lire, de s'arrêter, d'interagir. Et puis il y a les lecteurs machines, beaucoup plus silencieux, qui parcourent Internet en continu pour alimenter des systèmes capables d'analyser, d'apprendre et de produire à partir de contenus existants.
Pour ces systèmes, vos textes ne sont pas seulement des créations ou des œuvres. Ce sont des données. Une matière première disponible en permanence, intégrée dans des chaînes de traitement numériques sans pause ni frontière. Exactement comme une ressource naturelle dans une économie industrielle, mais sans les règles d'extraction qui existent, elles, dans le monde physique.
Pendant ce temps, les grandes plateformes technologiques utilisent massivement les contenus publiés en ligne pour entraîner leurs modèles d'intelligence artificielle. Et dans cette mécanique, les auteurs et créateurs indépendants se retrouvent souvent dans une position étrange : ils publient, ils rendent visibles leurs créations, mais ils n'ont que très peu de contrôle sur ce qui se passe ensuite. Ni sur les usages, ni sur les détournements possibles, ni sur les systèmes qui viennent apprendre à partir de leurs textes.
Dans les industries traditionnelles, une matière première se négocie, se valorise, s'achète. Il existe des contrats, des cadres, des règles d'échange. Mais dans le monde numérique, ce lien entre création et usage reste encore largement incomplet pour les créateurs.
Et c'est là que la question devient centrale.
Pourquoi les plumes de l'écrit ne pourraient-elles pas, elles aussi, encadrer l'usage de leurs créations dans les environnements numériques ?
La réponse n'est pas uniquement juridique. Elle est aussi technique et structurelle. Il manque encore des outils simples, visibles, intégrés directement au moment de la publication, capables de dire quelque chose de fondamental : ce contenu a été créé et publié dans telles conditions, avec telles contributions, et voici ce que j'autorise ou non au moment de sa première mise à disposition.
Ce que vous avez signé sans le lire
Avant même d'aller plus loin, il faut regarder un point souvent oublié : les plateformes de contenus elles-mêmes définissent le cadre d'usage de vos contenus. Et ce cadre mérite d'être lu attentivement.
Medium précise dans ses conditions générales d'utilisation officielles, source en copie du 27 mai 2026
: https://policy.medium.com/medium-terms-of-service-9db0094a1e0f
You grant Medium a nonexclusive, royalty-free, worldwide, fully paid, and sublicensable license to use, reproduce, modify, adapt, publish, translate, create derivative works from, distribute, publicly perform and display your content […] in all media formats and distribution methods now known or later developed on the Services.
Trois éléments sont déterminants dans cette clause : la licence est sublicensable. Medium peut la transférer à des tiers. Elle couvre la création d'œuvres dérivées à partir de vos textes. Et elle s'applique à tous les formats présents ou à venir, y compris ceux qui n'existaient pas au moment de votre inscription, comme l'entraînement de modèles d'IA génératives.
Substack n'est pas en reste. Ses conditions d'utilisation officielles, source : https://substack.com/tos précisent, en copie du 27 mai 2026 :
Term of License: You agree that the licenses you grant are royalty-free, perpetual, irrevocable, and worldwide. This is a license only – your ownership in Posts is not affected.

Conditions de la licence : vous acceptez que les licences que vous accordez soient libres de droits, perpétuelles, irrévocables et valables dans le monde entier. Il s'agit uniquement d'une licence ; vos droits de propriété sur les publications ne sont pas affectés.
Autrement dit, même si l'auteur reste propriétaire de son contenu, il accorde une licence d'utilisation mondiale, irrévocable et sans limite de durée. Et l'accord Publisher de Substack ajoute que cette licence est également sublicensable et transférable à des tiers.
Si vous publiez sur Substack ou Medium, le saviez-vous ? Et si vous l'apprenez maintenant, qu'allez-vous faire de vos textes hébergés sur leurs serveurs ?
Ce n'est ni une exception ni un cas isolé. C'est un modèle courant dans l'économie des plateformes. Et cela dit quelque chose d'essentiel : publier en ligne, c'est aussi accepter des règles d'usage qui dépassent largement la simple diffusion.
C'est précisément dans ce contexte que la question de la transparence, du contrôle et de la traçabilité des contenus devient centrale.
Ce qu'est vraiment la Notice IA Panodyssey
C'est là que la Notice IA Panodyssey intervient.
La Notice n'est pas un ajout cosmétique, ni un simple label. C'est une manière de remettre du contexte dans la publication elle-même. Dans un monde où les contenus circulent en permanence, parfois sans auteur visible, parfois sans origine claire, elle réintroduit quelque chose de simple mais essentiel : la transparence.
Aujourd'hui, il devient indispensable de savoir si un contenu a été écrit, traduit, corrigé ou enrichi avec une intelligence artificielle. Et si oui, laquelle et quelle version, gratuite ou payante, avec quel niveau d'intervention humaine, dans quel contexte. Ce n'est pas une question secondaire. C'est une question de compréhension du monde dans lequel ces contenus circulent.
La Notice IA permet précisément cela. Elle documente le contenu au moment où il est publié. Elle permet, pour chaque publication, d'indiquer le contexte de création de chaque composant : texte, image, titre, sources, contributions.
Elle crée ainsi un label de transparence créative, lisible immédiatement, qui permet d'identifier si un contenu est strictement humain, assisté, ou hybride. Sans ambiguïté.
Mais la Notice va plus loin.
Elle permet aussi de documenter avec précision les crédits associés à chaque contenu : auteurs, images, sources, tags, contributeurs. Et ces éléments ne sont pas accessoires. Les tags, par exemple, jouent un rôle direct dans le référencement, la visibilité et la circulation des contenus sur Internet. Ils influencent la manière dont un texte voyage, est recommandé ou retrouvé. Et en fonction de l'IA que vous utilisez, les mots clés des tags sont différents. Elles ont toutes leur caractère !
En structurant ces informations dès la publication, on ne fait pas que décrire un contenu. On organise sa trajectoire numérique. On investit pour l'avenir, on construit les fondations de son œuvre numérique sur Panodyssey, en la valorisant.
Panodyssey n'est pas une plateforme de flux. Chez Panodyssey, on archive, on structure, on documente son œuvre. Et avec le temps, l'œuvre se valorise telle une cathédrale numérique.
Les deux premières dimensions de la Notice ont donc un objectif simple mais fondamental : remettre de la transparence dans un environnement devenu opaque. Et, par extension, elles participent à la valorisation de la créativité humaine et au renforcement de la protection de la propriété intellectuelle grâce à des données structurées, lisibles et exploitables : des métadonnées.
Le cœur du sujet : quand votre choix devient lisible par les machines
Entrons maintenant dans le cœur du sujet.
Quand vous publiez aujourd'hui sur Internet, votre texte peut être lu par un humain, mais aussi analysé par des machines capables d'aspirer des millions de contenus pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle. Pendant longtemps, cette situation est restée juridiquement floue. Est-ce qu'une IA a le droit d'apprendre à partir de vos textes ? Est-ce que le fait d'analyser un contenu équivaut à une reproduction ? Les débats restent encore ouverts, notamment aux États-Unis.
Mais en Europe, le cadre est déjà en grande partie posé.
La directive européenne de 2019 sur le droit d'auteur a introduit une exception importante : les techniques de text and data mining (TDM), c'est-à-dire la fouille automatisée de contenus, sont autorisées pour les contenus librement accessibles en ligne.
Autrement dit, par défaut, les machines peuvent analyser ce qui est publié publiquement. Mais cette autorisation n'est pas totale. Elle repose sur un principe essentiel : l'auteur peut s'y opposer. C'est ici que tout se joue.
Car dire "non" à une machine n'a rien d'évident. Une machine ne lit pas une intention, elle lit des instructions. C'est pour cela qu'un standard a été développé : le TDMRep, un protocole qui permet d'exprimer techniquement, directement dans une page web, le fait qu'un contenu ne doit pas être utilisé dans certains processus de fouille ou d'entraînement.
Ce n'est plus une déclaration abstraite. C'est une information intégrée dans le code, lisible par les systèmes capables de l'interpréter.
Autrement dit, le droit de retrait devient enfin une information compréhensible par les machines.
Et c'est exactement là que la Notice prend tout son sens, car elle est déployée et rattachée au niveau de la publication elle-même, et non à l'échelle d'un site Internet entier ou d'un ensemble de pages. C'est ce qui en fait, à ce jour, une infrastructure unique dans le domaine de l'écrit numérique.
Dans la Notice IA Panodyssey, l'auteur peut définir ses choix vis-à-vis des IA au moment de la publication. Ce n'est pas une règle globale appliquée à tous les contenus. C'est un réglage publication par publication, contenu par contenu et IA par IA.
On peut autoriser ou ne pas autoriser les IA à utiliser une publication en encadrant l'usage. Et surtout, ces choix ne restent pas déclaratifs : ils sont traduits dans le code de la page sous forme de métadonnées structurées, compatibles avec des standards comme le TDMRep.
Ce qui change tout : le choix de l'auteur devient lisible par les machines.
La première publication certifiée : pourquoi c'est le moment qui compte ?
À partir de là, quelque chose change dans la manière de publier. Car protéger ses textes ne signifie pas disparaître du web, ni arrêter de publier, ni se limiter à une seule plateforme. Un auteur peut très bien publier sur plusieurs espaces en parallèle.
Mais la vraie question n'est plus seulement "où publier". Elle devient : où est la première publication certifiée du contenu ?
C'est ce moment-là qui est déterminant. Celui où le texte est rendu public pour la première fois, associé à une identité d'auteur vérifiée, à une date horodatée, et à un cadre de publication précis. Parce que c'est cette combinaison qui crée la preuve : qui a publié quoi, à quel moment, et sous quelle identité.
À partir de là, le contenu n'est plus seulement un texte en circulation. Il devient une publication traçable, rattachée à un auteur identifié, et situable dans le temps. Et c'est exactement ce point qui permet de reconstruire une logique de protection, de reconnaissance et d'antériorité dans l'écosystème numérique.
Sur Panodyssey, chaque contenu est rattaché à une Creative Room, elle-même liée à un compte certifié depuis toujours. Cette structure n'est pas un détail technique : elle permet d'organiser les contenus, de les relier entre eux, de les horodater, et de construire une continuité éditoriale vérifiable.
La Notice s'intègre dans cette architecture comme une couche supplémentaire de transparence, de traçabilité et de protection.
Ce que Panodyssey s'engage à ne pas faire
Et il y a enfin un point essentiel dans cette logique de confiance.
Contrairement à d'autres plateformes de publication, Panodyssey est fondé sur un principe non négociable : les contenus publiés par les auteurs, y compris les brouillons stockés dans le Cloud, ne sont pas utilisés pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle. C'est un choix fondateur, inscrit dans l'ADN de la plateforme depuis son origine.
Ce point est central. Car aujourd'hui, certaines plateformes prévoient dans leurs conditions d'utilisation des licences extrêmement larges sur les contenus publiés, licence mondiale, irrévocable, perpétuelle, sublicensable, y compris parfois après la suppression de son compte.
Cette différence n'est pas anodine. Elle touche directement à la relation de confiance entre une plateforme et ses auteurs.
Pour conclure
Au fond, publier aujourd'hui ne consiste plus seulement à écrire et rendre visible un texte. Cela consiste à définir un cadre, des conditions et une position claire vis-à-vis des usages possibles, notamment ceux liés aux intelligences artificielles.
C'est exactement pour cela que la Notice IA Panodyssey a été créée : pour redonner aux auteurs indépendants un espace de contrôle, de lisibilité et de décision au moment même où ils publient.
Vous écrivez. Vos textes méritent mieux qu'un bac à données troué !
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Ce que vous venez de lire n'est pas le discours isolé d'un fondateur qui défend sa plateforme. La Notice IA Panodyssey s'inscrit dans deux projets européens officiels : TEMS (Trusted European Media Data Space) et CREA Trust AI, tous deux financés par les programmes d'innovation Digital Europe et Europe Créative Innovation LAB de la Commission européenne.
Panodyssey y opère le Trial 7 de TEMS, dont l'enjeu est précisément celui-ci : rendre visible l'information sur l'origine, l'auteur et les conditions d'usage des contenus, au-delà de la seule plateforme de publication Panodyssey. Ce n'est pas une promesse marketing. C'est une infrastructure en construction, certifiée, financée et évaluée au niveau européen. Deux fois plutôt qu'une.
Lire l'article publié le 27 mai 2026 sur TEMS.
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Créez votre compte certifié sur Panodyssey, c'est gratuit. Publiez votre premier texte avec la Notice IA. Voyez concrètement la différence.
Écrire, c'est laisser une trace. Encore faut-il que cette trace vous appartienne.
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Alexandre Leforestier Fondateur de Panodyssey (et de la plateforme musicale Qobuz), réseau social éthique dédié à l'écriture créative, soutenu par la Commission européenne dans le cadre des consortiums CREA, CREA Trust AI et TEMS.
Contexte de rédaction / publication : ce texte fait suite à la lecture d’un article de l’écrivain belge Harold Cath, intitulé “L’usine à gaz”, publié le 27 mai 2026 dans la Creative Room “Pensées et réflexions…”, et archivé dans l’espace de publication de l’auteur certifié sur la plateforme de streaming littéraire Panodyssey.
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Comments (6)
Jackie H 19 days ago
Je me disais bien que depuis que j'avais "noticé" pratiquement tous mes textes (les derniers attendant la résolution d'un bug, mais il n'en reste pas beaucoup, et les nouveaux depuis avril sont systématiquement publiés sous la Notice), je ne remarque plus ces fameux "pics" de lecture que j'ai déjà évoqués, et les stats quotidiennes se stabilisent à un niveau qui me paraît beaucoup plus réaliste... c'est bien la preuve à mes yeux que les IA en leur temps ont bien festoyé, et abondamment ! Cela ne fait que confirmer de vieux soupçons (qui hélas ne furent pas immédiats, mais sont arrivés très vite...)
Perso je préfère quand même les statistiques humaines 🙂, car pour citer Daniel Muriot, "j'écris pour les humains, pas pour les grille-pain" !
En plus, savoir que rester propriétaire de ses textes ailleurs n'empêche rien, sauf d'avoir des ennuis s'ils font polémique, ça n'est guère encourageant... Évidemment, les grandes plateformes se couvrent juridiquement comme elles le font toujours !
Daniel Muriot 19 days ago
Encore un truc qui va me suivre toute ma vie ! :D
En effet, rester propriétaire de ses textes n'empêche rien. Et pour moi, c'est clair que je ne proposerai pas de republication décalée des miens sur Substack. Panodyssey pourvoit parfaitement à tous mes besoins, comme nulle autre plateforme ne saura le faire.
Jackie H 19 days ago
Que veux-tu Daniel, c'est ça la vie de grand auteur 🙂 c'est d'avoir des citations qui vous suivent toute votre vie, "vers l'éternité et au-delà" 😆😆😆
Alexandre Leforestier 19 days ago
Merci Jackie pour ce témoignage concret et précieux.
Ce que vous observez dans vos statistiques, cette stabilisation après activation de la Notice, est exactement ce que nous espérions voir émerger. Ce n'est pas une promesse marketing, c'est une réalité que vous mesurez vous-même, publication par publication.
Et la formule de Daniel Muriot résume mieux que tout ce que j'aurais pu écrire : "j'écris pour les humains, pas pour les grille-pain". C'est précisément pour ça que la Notice existe !
Merci à vous deux. Ce genre de retour terrain est ce qui nous donne envie de continuer à construire le vaisseau...
Alexandre Leforestier 19 days ago
Bon, je crois que TEMS a définitivement validé la NOTICE Panodyssey.
Même si celle-ci a des imperfections... Il faut voir que nous sommes au milieu de briques technologiques qui ne communiquent pas ou pas bien entre elles, entre l'éditeur Web WYSWYG Made in America que nous utilisons, les IA, le protocole TDM Rep que nous avons poussé...
Le manque d'empathie des IA et à commencer par MISTRAL... on se retrouve au milieu de la jungle en mode Far Wes mais faut que çàà marche..
Super article TEMS qui tombe à pic - une beauté qui valide PANODYSSEY et sa NOTICE :
https://tems-dataspace.eu/tems-trial-7-how-rights-travel-across-systems/
Et çà, c'est pas évident quand vous voyez le nombre de partenaires médias dans TEMS...
Bref, la NOTICE, c'est l'avenir.
Thierry Curty 20 days ago
Espérons que l'IA lise bien tous mes textes, comme ça elle deviendra intelligente.
Alexandre Leforestier 19 days ago
Si tu l'invites à les lire via la Notice en sélectionnant Toutes les IA, elle ne pourrait être qu'encouragée à les lire avec ton consentement et donc, pour elle sans risques.
Et avec un bonus : Intelligence Curty ! 🤣